Expositions à la Galerie d’art du Parc: Une nature lumineuse

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Camille Bernard-Gravel parasite des sites naturels avec des interventions virtuelles. Photo: Marie-Christine Perras.
Camille Bernard-Gravel parasite des sites naturels avec des interventions virtuelles. Photo: Marie-Christine Perras.

La Galerie d’art du Parc reçoit deux artistes qui se rejoignent par leur rapport à la nature et à la lumière. Camille Bernard-Gravel a une pratique multidisciplinaire qui opte pour une grande simplicité. Dans l’exposition Se révéler par la surface, elle présente des vidéos et une installation. L’ancienne étudiante en arts Émilie Guilbault propose quant à elle une trentaine de photographies numériques pour son exposition Flouer le temps.

Camille Bernard-Gravel s’inspire des paysages naturels et urbains pour créer des œuvres hybrides. Dans la vidéo Zénith (San Rafael), son intervention installative en pleine nature vient parasiter le lieu investi. Les objets qui flottent au vent émettent des sons qui s’entremêlent à l’ambiance sonore du lieu. La musicalité qui se dégage des insectes et des objets donne l’impression d’une communication entre de vrais criquets et des criquets virtuels.

Cette intégration du virtuel dans le naturel se répète dans la vidéo Zénith (Perote). Dans une vaste prairie, des moutons se déplacent accompagnés d’un berger. La particularité intrigante des images est l’ajout d’un rectangle gris. Cette forme rappelle une absence de fréquence dans une télévision. La bande crée un vide inusité dans une vidéo, puisque ce médium porte habituellement une importance capitale à la construction de l’image.

La musicalité qui se dégage des insectes et des objets donne l’impression d’une communication entre de vrais criquets et des criquets virtuels.

Son installation Samares représente une multiplication de samares de métal virevoltant sous un vent artificiel. L’œuvre fait écho à une autre vidéo dans laquelle il est possible d’observer la lumière danser sur un plan d’eau. Les rangées de ces akènes qui scintillent dans la lumière de la galerie répondent aux éclats lumineux de la vidéo Neige sur mer.

Émilie Guilbault utilise la lumière comme principal matériau, ce qui donne des propositions parfois abstraites. Photo: Marie-Christine Perras.
Émilie Guilbault utilise la lumière comme principal matériau, ce qui donne des propositions parfois abstraites. Photo: Marie-Christine Perras.

Le premier étage de la galerie est dédié aux photographies d’Émilie Guilbault. Malgré les apparences, les images numériques ne sont pas travaillées sur un logiciel. Il est possible de percevoir certains éléments figuratifs, comme des parcelles de paysages, ou encore une femme vêtue d’une robe de soirée. Mais la plupart des images sont abstraites, car la lumière est traitée comme principal sujet.

Les contrastes se retrouvant dans les œuvres sont remarquables: ils créent des masses blanches légèrement teintées de bleu ou de vert sur un fond densément noir. La ligne directrice est identifiable pour certaines séries de photographies, mais demeure nébuleuse pour d’autres. Cela manque d’uniformité, car certains grands formats proposent des masses sur fond noir, alors que des bribes de paysage s’emmêlent sur d’autres.

Les images semblent parfois peintes, tant le travail de l’artiste est imposant sur les sites de prises de vue.

La force de cette exposition réside dans le traitement de la lumière. Les images semblent parfois peintes, tant le travail de l’artiste est imposant sur les sites de prises de vue. Émilie Guilbault joue avec les vitesses d’obturation pour mettre en avant le mouvement et exploiter la lumière tant naturelle qu’artificielle. La série la plus réussie est celle où les tonalités de verts servent à représenter des décors de bord de mer. Les photographies ont une esthétique précise, les images paraissent très anciennes.

Camille Bernard-Gravel vit et travaille à Québec et Émilie Guilbault à Trois-Rivières. En plus de ses études en arts visuels à l’UQTR, cette dernière a une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval.

Les deux expositions sont présentées jusqu’au 26 mars prochain.

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