Prévention contre les violences à caractère sexuel: «J’ai besoin d’un Angelot avec glace»

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La Chasse Galerie, bistro-bar étudiant de l’UQTR. Photo: Caroline Bodin
La Chasse Galerie, bistro-bar étudiant de l’UQTR. Photo: Caroline Bodin

À la suite de l’annonce de la campagne nationale faite le 19 mars, l’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR) est en concertation pour mettre en place l’initiative «Commande un Angelot» au bistro-bar la Chasse Galerie. Le dispositif permettrait de lutter contre les violences à caractère sexuel.  

Commander un Angelot

Avec sa campagne baptisée l’Angelot, le gouvernement souhaite lutter contre les violences à caractère sexuel perpétrées au sein des bars fréquentés par la communauté étudiante. Si une personne se sent en danger, elle pourra commander un «Angelot sans glace» auprès du personnel du bar, qui l’emmènera en lieu sûr. Si elle souhaite quitter l’établissement en taxi parce qu’elle craint pour sa sécurité, elle pourra demander un «Angelot avec glace». Si elle a été victime d’agression sexuelle ou pense avoir été intoxiquée à son insu, un «Angelot avec lime» indiquera au personnel qu’elle souhaite que la police soit appelée.

Un dispositif similaire

Mais, naturellement, le gérant du bar Jonathan Cossette affirme que la sécurité des clients est déjà prise en considération: «Si un client est en danger on s’en occupe, peu importe la raison du problème». L’avantage de l’Angelot? «Ça pourrait être une plus-value pour ceux qui sont peut-être gênés de le dire officiellement», explique-t-il. Pour Roxanne Lagacé, employée de la Chasse Galerie: «Tout le monde va adhérer à l’idée, c’est simple à retenir». Pour le Groupe d’Actions Femmes (GAF): «Utiliser un code plutôt qu’expliquer la situation dans un lieu public où on ne se sent pas bien, c’est déjà un avantage», explique Carol-Ann Rouillard, responsable des communications. Elle considère que «pour une personne qui se sent en danger immédiat, d’accord, mais la problématique est plus large que ça».

«C’est une plus-value pour ceux qui sont peut-être gênés de le dire officiellement.» ― Jonathan Cossette, gérant du bistro-bar la Chasse Galerie.

Et les clients?

L’initiative rencontre une approbation plutôt mitigée: «C’est une bonne chose, du moment qu’on ne fasse pas de distinction entre hommes et femmes qui demandent de l’aide», affirme Alexandre. «L’initiative est intéressante, mais c’est beaucoup moins pratique si la personne est soûle de se rappeler des différents noms», explique son amie Tara. Leur collègue s’inquiète: «j’aurais peur que les filles en abusent dans certains cas».

À ce jour, l’AGE UQTR attend les lignes directrices de la campagne «Sans oui, c’est non!» pour se prononcer définitivement sur le sujet.

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