Un œil sur l’actualité internationale: Y a-t-il un pilote dans l’avion?

0
75

gwendoline-le-bomin-1

Septembre, l’heure de la rentrée ayant sonné pour la plupart, nous reprenons le chemin de l’université, après des vacances chaudes et ensoleillées. Pour autant, l’actualité ne s’est pas reposée cet été, et elle s’est même parfois montrée violente. Notamment ces derniers jours, où l’on a parlé d’eau, beaucoup d’eau. Qu’il s’agisse de Houston ou du sud-est de l’Asie, l’actualité, elle, ne nous a pas attendus pour reprendre le rythme.

Aux États-Unis, les premières estimations des dommages à la suite du passage de l’ouragan Irma sont colossales. Outre les victimes, ce sont aussi des milliards de dollars qu’il va falloir dépenser pour reconstruire les espaces ravagés: entre 30 et 100 milliards de dollars, selon les économistes. Si on rajoute l’ouragan Harvey, les chiffres s’élèvent à 290 milliards de dollars.

L’ouragan Irma, bien qu’il ait baissé d’intensité depuis son arrivée aux États-Unis, continue sa route après avoir balayé les Caraïbes. Il s’agirait de l’ouragan le plus intense qu’ont jamais connu les Antilles.

Dans l’autre partie du globe, en Asie du Sud-Est, la mousson a été particulièrement meurtrière cette année: les inondations ont causé la mort de plus de 1200 personnes. Bien qu’il s’agisse d’un phénomène récurrent, la capitale économique de l’Inde, Bombay, s’est retrouvée paralysée par les pluies. Des moussons considérées comme les plus violentes en ces douze dernières années.

À l’avenir, les scientifiques pensent que les cyclones ne seront pas plus nombreux, mais qu’ils gagneront en intensité.

Certes, le lien direct entre réchauffement climatique et catastrophes naturelles, comme les ouragans, ne peut pas être clairement établi. Cependant, ces récentes catastrophes nous permettent de nous questionner sur la préoccupation écologique dans le monde, ou plutôt sur son déni.

Face à la montée des eaux et aux phénomènes de déplacements croissants, les mesures, pourtant nécessaires, restent bien timorées.

Climat et inégalités

Comme dans beaucoup de domaines, nous ne sommes pas tous égaux, ici, devant le climat.

Les chiffres concernant les réfugiés climatiques sont démesurés. L’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) a recensé, sur les six premiers mois de l’année, 4,5 millions de déplacés internes en raison d’évènements climatiques extrêmes qui ont frappé 76 pays.

Quant à l’avenir, là encore, les scientifiques se montrent pessimistes. L’Organisation des Nations Unies (ONU) annonce 250 millions de personnes forcées à l’exil d’ici 2050. Une autre étude, parue cet été et réalisée par une équipe de l’Université de Cornell aux États-Unis, estime qu’un cinquième de la population mondiale, soit 2 milliards d’habitants, sera formé de réfugiés climatiques à la fin du siècle.

C’est lors de ces catastrophes que les droits des réfugiés climatiques sont encore bafoués. En effet, ces derniers ne bénéficient d’aucun statut juridique. Ces déplacés sont obligés de fuir leur foyer, mais elles demeurent dans leur propre pays. Ils ne peuvent donc pas jouir de protection internationale.

De plus, les catastrophes naturelles ont souvent lieu dans des pays à faibles revenus, ce qui complique la mise en œuvre de moyens humains et matériels à destination des civils.

Face à la montée des eaux et aux phénomènes de déplacements croissants, les mesures, pourtant nécessaires, restent bien timorées.

Une indifférence effrayante

Y a-t-il, un, des, pilote(s) qui souhaite(nt) encore porter soin à l’environnement, ou s’agit-il d’une tâche réservée aux seuls spécialistes qui viennent nous alarmer dans les médias sur l’état maladif de la planète?

Peu de dirigeants politiques semblent se rendre compte des futures catastrophes, qui ne cesseront pas et qui continueront à prendre de l’ampleur si des mesures drastiques ne sont pas prises. Il en va également de leur responsabilité face à leurs populations.

Même devant les catastrophes, nous préférons regarder ailleurs, quitte à foncer droit dans le mur.

Les jours précédents, certains Haïtiens ignoraient encore l’arrivée prochaine de l’ouragan Irma, faute d’électricité. On se demande alors ce que fait le gouvernement pour informer et protéger les zones les plus vulnérables de son pays.

Même devant les catastrophes, nous préférons regarder ailleurs, quitte à foncer droit dans le mur. Nous devrions peut-être réécouter les paroles de la célèbre chanson Beds are Burning de Midnight Oil, particulièrement cette assertion: «How do we sleep while our beds are burning» (comment peut-on dormir, alors que nos lits sont en train de brûler).

Pour rappel, il ne faut pas prendre la nature comme un acquis de droit. Il est bien dommage que l’on détruise notre planète, notre flore et aussi notre faune: on nous dit même qu’une sixième extinction de masse est en marche.

L’homme est d’ailleurs un loup pour son plus proche cousin, le singe: 60% des espèces de singes sont en danger d’extinction en raison des activités humaines.

Cependant, cette pléthore de chiffres plus ou moins alarmants ne semble toujours pas convaincre les climato-sceptiques, pour lesquels la vie humaine n’aurait aucun effet néfaste sur l’écosystème. Purs abrutis ou obstination aveugle? Quoi qu’il en soit, notre activité destructrice sur la planète semble se retourner contre nous-mêmes, et nous risquons de le payer très cher si notre indifférence perdure ainsi.

AUCUN COMMENTAIRE

REPONDRE