Théâtre des Nouveaux Compagnons: La réalité dépasse le théâtre

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Le 9 novembre dernier, à la salle Anaïs-Allard-Rouseau avait lieu la première de Silence en coulisses! par le Théâtre des Nouveaux Compagnons (TNC). Il s’agit d’une adaptation de «Noises off», écrite par le Britannique Michael Frayn en 1982. Une «métathéâtralité» en trois actes où jalousie, trahison, violence et frustration se manifestent graduellement dans une comédie amusante et dirigée avec beaucoup de talent.  

Adaptée par Josée La Bossière et mise en scène par Annie Trudel, avec l’assistance de Patrice Martin, Silence en coulisses! présente trois fois une pièce de vaudeville assumant tous les stéréotypes du genre: une femme de ménage trop candide (incarnée avec aplomb par Roxanne Pellerin); un criminel fiscal simplet (interprété délicieusement par Yves Deguire), une amante d’un visiteur prise dans de sales draps (jouée avec générosité par Isabelle Bourguignon), etc.

Trois visions différentes (les préparatifs pour la générale, les coulisses et la présentation en tant que telle), mais une évolution chronologique entre ces trois parties permettant d’être témoin de la dégradation des relations entre les membres de la troupe au fur et à mesure que Silence en coulisses! évolue. Les tensions explosent complètement dans le troisième acte où les personnages doivent présenter leur pièce trois mois après la veille de la générale (premier acte).

Une même scène présentée trois fois, mais évoluant dans l’espace et le temps.

Le deuxième et le troisième actes sont les plus impressionnants, tant dans la mise en scène que dans le jeu des comédiens.nes. Le va-et-vient constant de leur part entre le devant et le derrière de la scène est frénétique et manifeste concrètement tous les efforts que l’équipe du TNC a investis pour obtenir un résultat dynamique et fluide.

Seuls bémols à noter, mais qui ne gâchent en rien la qualité du spectacle: l’aspect autoritaire et impatient du metteur en scène, incarné par Claude Rioux, aurait pu être davantage accentué et un décrochage épisodique de l’accent français était perceptible lorsque celui-ci devait être utilisé durant la présentation.

Somme toute, le but de la troupe de présenter au «spectateur [les] dessous de la création et de la présentation, tel un voyeur», est atteint haut la main.


La pièce est encore en présentation du 16 au 18 novembre 2017. Pour les billets, il faut cliquer ici.

 

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