EDITORIAL — L’humain approximatif: Du changement? Oui, mais pas trop!

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Samuel «Pedro» Beauchemin. Photo: Mathieu Plante
Samuel «Pedro» Beauchemin. Photo: Mathieu Plante

Le 5 novembre dernier, Trois-Rivières a dit non au changement. Ce n’est pourtant pas un refus global. D’ailleurs, il y a plusieurs nouveaux visages au conseil municipal.

Je vais tenter d’interpréter la volonté de 47,49% de la population trifluvienne. J’en profiterai pour regarder aussi ce qui s’est passé ailleurs au Québec. Deux monarques ne sont plus, Denis Coderre et Jean «làlà» Tremblay.

Comme je disais plus haut, à peine 50% des citoyens de Trois-Rivières se sont rendus aux urnes. Doit-on retirer la moitié du mot «demo» de «cratie»? De cette presque demi-portion, 51% ont voté pour Yves Lévesque. André Bertrand a pris Pierre de Coubertin au mot: «L’important, c’est de participer», lui qui a obtenu 1837 voix…

«L’important c’est de participer…»

Yves Lévesque demeure au pouvoir pour quatre années de plus. On ne doit pas croire, par contre, que ceux qui ont voté refusent catégoriquement du changement. Seulement 3251 voix séparent Jean-François Aubin du maire sortant. De plus, sur quatorze conseillers municipaux, seulement six demeurent en place. Plusieurs jeunes visages vont siéger au prochain conseil municipal, dont Valérie Renaud-Martin, Dany Carpentier et Mariannick Mercure.

Le maire Lévesque serait peut-être dû pour un petit examen de conscience. Il demeure en place, certes, mais le message est fort. 49% des électeurs ont demandé du changement et une majorité a choisi de nouveaux conseillers.

Le paysage va changer énormément du côté de Saguenay et de Montréal. Sa Sainteté Jean «làlà» Tremblay avait déjà annoncé qu’il ne se présenterait pas pour un autre mandat. Il va pouvoir enfin lire la Bible en paix dans le confort de son salon. C’est Josée Néron de l’Équipe du renouveau démocratique qui l’a emporté. Elle devient la première femme à la mairie de Saguenay. C’est la larme à l’œil que nous disons au revoir au blogueur et polémiste qui implorait la population à se mobiliser «contre Greenpeace et les intellectuels de ce monde.»

jean tremblay va pouvoir enfin lire la Bible en paix dans le confort de son salon.

Montréal n’est pas en reste, elle aussi a élu une femme pour la première fois de son histoire. L’arrogance de monsieur Coderre, sa folie des grandeurs concernant le 375e anniversaire de Montréal, le mystère concernant un chèque de 25 000$ et certaines visites dans son bureau auront eu raison de lui. La promesse de ramener les Expos à Montréal n’a pas été suffisante. Les Montréalais ont préféré des idées d’avenir, concernant entre autres le transport en commun, poussé par la cheffe de Projet Montréal Valérie Plante, qui est reconnue pour se déplacer en bicyclette et en métro.

Québec, fidèle à elle, a réélu «Ti-Ré» Labeaume avec 113 760 voix. Il a obtenu 56 885 voix de plus que son adversaire politique Jean-François Gosselin, de Québec 21. Labeaume est coloré, mais Gosselin joue dans une ligue à part. Il voulait notamment construire un tunnel reliant Québec et Lévis. Structure qu’il considère comme un projet «culturel». On lui doit aussi: «Les jeunes, la première chose qu’ils veulent, c’est de s’acheter une voiture» en parlant de l’intérêt des jeunes envers la question du transport en commun. Selon la logique du candidat, il ne doit pas avoir beaucoup de jeunes qui ont voté à Montréal, si on se fie aux résultats des élections…

Quand un tunnel est considéré comme un projet «culturel»…

La place des femmes, des autochtones et des citoyens.nes issus.es de l’immigration nécessite encore des efforts. Peu de femmes se sont présentées au poste de maire, encore moins ont été élues. Il y a toutefois, quelques petites exceptions, qui nous donnent heureusement espoir. Par exemple Marie-Josée Parent qui devient la première conseillère municipale de Montréal issue des peuples autochtones. De la nation micmaque, elle est directrice de l’organisme à but non lucratif (OBNL) DestiNATIONS. Cet organisme supporte la production de culture pour toutes les communautés autochtones à travers le Canada.

Le troisième jeudi de novembre est sacrée Journée mondiale de la philosophie par l’UNESCO. Une raison de plus de préférer vivre au Canada plutôt qu’aux États-Unis, lesquels ont décidé de se retirer de l’organisme.  Cela dit, pour l’occasion, l’Université du Québec à Trois-Rivières reçoit le 16 novembre prochain la philosophe Naïma Hamrouni, professeure associée au département de science politique à l’Université Laval. Située au 3259 pavillon Albert-Tessier, la conférence abordera la question de la vulnérabilité. La question posée est la suivante : «Et si nous étions tous vulnérables? Pour une éthique de la vulnérabilité ordinaire». La philosophie n’est pas seulement une bande weirdo qui pratique la masturbation mentale. C’est (surtout) réfléchir sur des questions actuelles et trouver des solutions pour un mieux-être personnel et collectif. Tout le monde est le bienvenu, même les moins initiés aux sciences sociales et à la philosophie.


La page Facebook Dérapages poétiques met en lumière certaines citations savoureuses, dont celles de Jean Tremblay et de Jean-François Gosselin.


 

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