En échappée: Les «E-Sports», du vrai sport?

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Vincent Boisvert. Photo: David Ferron
Vincent Boisvert. Photo: David Ferron

Depuis quelques années, la (grosse) montée en popularité des E-Sports, soit les sports/jeux vidéo électroniques professionnels, fait en sorte que de plus en plus de gens s’intéressent au monde virtuel.

De plus en plus d’amateurs suivent des joueurs professionnels à travers de applications de streaming comme Twitch. Plus encore, l’une des dernières finales du jeu League Of Legends, qui aura lieu fin novembre, accueillera plus de 91 000 spectateurs au Beijing National Stadium, à Pékin, en Chine. Il faut compter également les centaines de milliers de gens qui regarderont la finale à travers leur ordinateur à la maison.

Plusieurs équipes sportives professionnelles de soccer en Europe, comme le Paris Saint-Germain (PSG) ou Manchester City, se sont associées à des joueurs professionnels du jeu FIFA, afin que ceux-ci se disputent la victoire sous les couleurs officielles de ces équipes.

L’une des dernières finales du jeu League of Legends, qui prendra part fin novembre, accueillera plus de 91 000 spectateurs au Beijing National Stadium.

La question que l’on doit se poser désormais, c’est: «Est-ce que les E-Sports doivent être considérés comme des « vrais » sports comme le hockey, le football ou le basketball?» Selon la définition de la plupart des gens, le sport consiste en une activité physique basée sur des aptitudes physiques et mentales. La question mérite d’être posée: sans rien enlever aux joueurs de salon ou aux joueurs professionnels, et même si jouer à des jeux vidéo de haut niveau requiert un très haut taux de concentration, la portion «activité physique» laisse quelque peu à désirer.

Par ailleurs, le président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, a assuré que les E-Sports ne seront pas présents aux prochains Jeux Olympiques en Corée du Sud.

Les E-Sports sont une industrie qui rapporte des milliards de dollars par année. Pendant combien de temps le CIO pourra empêcher la tenue d’une compétition d’E-Sports dans le cadre de Jeux Olympiques?

Pour en revenir à la question, je crois quand même que les E-Sports sont de vrais sports. Bien que ce ne soit pas aussi demandant physiquement qu’un match de football américain, un joueur professionnel moyen exécute pas moins de 400 mouvements sur un clavier et une souris, et ce, en moins d’une minute. Qui plus est, plusieurs parties du cerveau sont sollicitées en même temps. De plus, il faut un établir un grand nombre de stratégies différentes afin de vaincre un adversaire.

Prenons le jeu Overwatch, un jeu de tir à la première personne crée par l’entreprise Blizzard. Dans le mode compétitif de celui-ci, il faut un maximum de connaissances des différentes cartes pour bien surprendre l’adversaire. À l’instar des sports d’équipes conventionnels, les E-Sports requièrent un maximum de communication afin d’établir des stratégies gagnantes.

Est-ce que les E-Sports doivent être considérés comme des «vrais» sports comme le hockey, le football ou le basketball?

Il existe plusieurs parallèles que l’on peut dresser entre les sportifs professionnels et les joueurs de jeux vidéo de haut niveau.

Selon le gouvernement américain, les professionnels des E-Sports sont considérés comme des athlètes professionnels, au même titre que les sportifs professionnels. Cela veut donc dire que ces joueurs doivent avoir un visa afin de participer à des tournois ou des compétitions.

La préparation d’un joueur professionnel de jeux vidéo est tout aussi importante. À l’instar d’un sportif, les joueurs d’E-Sports doivent faire de la visualisation, de la méditation, du yoga, et même de la physiothérapie dans certains cas.

Tout comme les équipes de sport, les joueurs d’E-Sports ont souvent recours à des entraîneurs afin de bien maîtriser certaines stratégies. L’équipe Ninja in Pyjamas du jeu Dota-2 a engagé un entraîneur qui possède une maîtrise en science sportive, afin de préparer adéquatement leur état mental. Ce n’est pas rien.

Tout comme les équipes de sport, les joueurs d’«E-Sports» ont souvent recours à des entraîneurs afin de bien maîtriser certaines stratégies.

Il y a énormément d’argent à faire avec les E-Sports. En 2015, le chiffre total d’argent qui a été distribué aux joueurs a atteint plus de 18 millions de dollars. Comme je le mentionnais précédemment, de plus en plus d’arénas sont loués et remplis juste pour regarder jouer les meilleurs.

Il est de moins en moins difficile de classer les joueurs des E-Sports dans la même catégorie que les sportifs traditionnels: ils prennent de plus en plus de place et ce, avec raison.

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