Portrait d’une étudiante : Saray Moreira Urra — De La Havane à Trois-Rivières

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Saray Moreira Urra, étudiante de Cuba, se démarque par sa persévérance et ses accomplissements. Photo: Samuel Lizotte
Saray Moreira Urra, étudiante de Cuba, se démarque par sa persévérance et ses accomplissements. Photo: Samuel Lizotte

Dans le cadre de ce portrait d’étudiant.e aux cycles supérieurs, le Zone Campus s’est entretenu avec Saray Moreira Urra, étudiante à la maitrise en communication sociale depuis 2015. Diplômée d’un certificat en administration des affaires et d’un baccalauréat en communication sociale, Saray a quitté La Havane, à Cuba, pour venir s’installer à Trois-Rivières et y poursuivre ses études.

Arrivée au Québec

Grâce à la bourse du gouvernement canadien Programme des futurs leaders dans les Amériques (PFLA), Saray est venue faire un stage au Québec en 2014. Mais c’est en janvier 2015 qu’elle a véritablement déménagé ici, en commençant la maitrise: «Je trouvais qu’il faisait froid, je n’avais jamais connu ça. C’est le premier choc qu’ont les étudiants étrangers qui viennent au Québec. J’étais chanceuse, parce que j’ai eu un magnifique accueil de la part de mon premier professeur à l’UQTR, M. Corriveau. Grâce à lui, je ne suis pas morte de froid ce 3 janvier!»

C’est au nom des étudiants.es étrangers.ères que Saray explique les difficultés rencontrées lors d’une arrivée au Québec: «Nous devons faire face à un million des choses que nous n’imaginons pas avant de venir: le froid, la langue et la culture nord-américaine qui marquent, autant pour la manière d’écrire les travaux que la manière de se faire des amis ou d’être en couple. C’est pour ça que, même si on ne le reconnait pas parfois, on vit un choc culturel. Dans beaucoup de cas, comme le mien, on n’avait jamais vu une carte de crédit, on n’avait jamais fait les impôts ou des choses encore plus simples, on n’avait jamais appelé les professeurs par leurs noms: on ne les avait jamais tutoyés chez nous.»

De l’aide et des rencontres significatives

Il n’est pas évident de se retrouver aussi loin de chez soi: «Je pense que pour la majorité des étudiants étrangers, la difficulté est la même: être loin de tout ce qu’on avait connu avant de venir ici. Sinon, j’ai eu la difficulté à me faire de vrais amis ici au début, mais maintenant, je suis chanceuse d’avoir trouvé les meilleurs.» Saray a rencontré des amis, dont ceux qu’elle nomme ses «parents adoptifs québécois», ainsi que l’amour, au cours de toute cette aventure. Ce sont toutes ces personnes qui l’aident à moins s’ennuyer de sa famille à Cuba.

«Beaucoup d’étrangers, comme moi, ont dû apprendre à vivre d’une autre manière, sans abandonner l’essence qui nous fait être Latino-Américains, Africains, Asiatiques ou Européens. Cela, je ne vais pas le cacher, c’est vraiment dur.» — Saray Moreira Urra

L’UQTR a aussi été d’une grande aide, qu’elle recommande: «Le SAE a plein de services qu’on peut utiliser, la consultation psychologique, l’aide à l’emploi, l’aide en orientation professionnelle, l’aide en immigration, des services pour les étudiants en situation de handicap… Contrairement à ce que beaucoup d’étrangers pensent, ce sont aussi des services pour nous et ils nous aident à nous intégrer. Je me trouve vraiment accueillie à l’UQTR.»

Saray a apprécié notamment l’aide de Anabel Demers au recrutement international, de la secrétaire Nathalie Duchesne, de son directeur de recherche Jason Luckerhoff, et de tous les autres professeurs.res de son département. Elle ajoute que le service de technologie de l’information de l’UQTR et que l’École Internationale de français sont aussi d’une grande aide.

Accomplissements

Saray a accompli énormément depuis son arrivée. Elle maitrise maintenant la langue et réussit son parcours avec de bonnes notes. «Je suis fière d’avoir fini mon mémoire dans un sujet qui touche la culture locale», affirme-t-elle. En effet, ce dernier, qu’elle vient de déposer, porte sur  la problématique de la pyrrhotite en Mauricie. Ses résultats de recherche ont d’ailleurs été relayés par les médias locaux en fin novembre et pourraient constituer une avancée significative sur le sujet.

Côté professionnel, Saray se démarque aussi: elle était notamment en charge de l’organisation de la Journée Carrière en éducation, le 6 décembre, ainsi que du StagEmploi. À chaque session, elle participe à l’accueil des étudiants.es étrangers.ères, qu’elle est toujours heureuse d’aider à s’intégrer. «Certains m’écrivent encore aujourd’hui», précise-t-elle.

«Si on tombe, il faut chercher de l’aide et se redresser, parce qu’après, quand on voit le chemin parcouru, on va être fiers.» — Saray Moreira Urra

Elle s’implique dans un certain nombre d’autres événements, comme la Journée portes ouvertes ou la Journée des retrouvailles du Bureau des diplômés. Gagnante de plusieurs bourses, elle a également présidé l’Association des étudiants ibéro-américains (ASEI) de l’UQTR.

Saray souhaite rester au Québec après ses études: «Je veux rester en Mauricie, parce que j’adore Trois-Rivières. Je travaille comme agente de communication dans la Fondation le Parrainage du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), qui aide les personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme, et j’adore! Je pense au doctorat dans le futur, mais aussi à l’entrepreneuriat.» Saray est un exemple de détermination et de courage. Le Zone Campus lui souhaite une suite des choses merveilleuse!

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