Conférence SANA Trois-Rivières: La Syrie expliquée en une heure

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Ibrahim Renno, conférencier. Photo: David Ferron
Ibrahim Renno, conférencier. Photo: David Ferron

Le mardi 5 décembre dernier s’est déroulée, dans le hall d’entrée du Musée québécois de culture populaire, une conférence organisée par le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières. Intitulée «Comprendre la guerre en Syrie», celle-ci a été offerte par le médecin retraité Ibrahim Renno.

Monsieur Renno remonte en 1916 afin d’expliquer la situation syrienne. Cette année-là, l’accord Sykes-Picot délimite les frontières territoriales du Proche-Orient. Le territoire syrien ainsi découpé rassemble des groupes n’ayant aucun lien entre eux: Sunnites, Druzes, Chrétiens orthodoxes, Kurdes, Alaouites. Ainsi, selon le conférencier, il est difficile pour ces gens de se reconnaître dans ce pays redessiné; leurs communautés respectives se replient donc en temps de crise.

Les réfugiés syriens «se sauvent d’un holocauste, d’un enfer». — Ibrahim Renno

La Syrie vit donc depuis ce temps dans un climat incertain, dont le point d’orgue est en 1970, lorsque Hafez El-Assad prend le pouvoir à la suite d’un coup militaire. Trente ans plus tard, son fils Bachar lui succède. Depuis plus de 45 ans, le gouvernement syrien a instauré un système réprimant toute manifestation et mettant sur pied dix-sept services de renseignement. Il faut rajouter qu’en 2006, une grave sécheresse accable le pays. Monsieur Renno rapporte qu’El-Assad aurait, au lieu d’aider la population, fait profiter des profits du pétrole à ses proches en plus de favoriser la communauté alaouite dans les hautes sphères du pouvoir.

En 2011, la Révolution arabe touche la Syrie. Toutefois, la répression menée par le gouvernement, combinée à un jeu géopolitique complexe, intégrant intérêts pétroliers, groupes terroristes (comme l’État islamique) et tensions entre pays limitrophes, transforme les manifestations pacifiques en guerre civile.

Carte géopolitique explicative de la guerre en Syrie. Photo: Le Monde.fr
Carte géopolitique explicative de la guerre en Syrie. Photo: Le Monde.fr

Selon monsieur Renno, la Syrie ne se sortira pas gagnante du conflit, car il faudrait des décennies et des milliards de dollars pour reconstruire le pays. Il s’attend même à des jours encore plus sombres. Les réfugiés qui arrivent au Canada s’échappent donc «d’un holocauste, d’un enfer», selon ses propos.

Le conférencier conclut son discours en se montrant fortement favorable à l’accueil des réfugiés syriens, qui sont venus «pour [aimer les gens]». Il souhaite donc que la population se montre accueillante en retour.

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