REPORTAGE: Le plagiat, un copier-coller au goût salé

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Le plagiat est souvent très reconnaissable dans les travaux universitaires. Crédit : Libre de droits
Le plagiat est souvent très reconnaissable dans les travaux universitaires.
Crédit : Libre de droits

Chaque étudiant.e a une façon bien à lui ou elle de rapporter les idées d’autres dans ses travaux universitaires. Il y a le type «direct», qui préconise les guillemets à toutes les sauces. Puis le type «romancier», qui intègre tout naturellement à ses phrases des paroles d’autrui. Et il y a le type «distrait», qui a tendance à oublier de citer ses sources tout court. Pas de chance pour ces dernier.ère.s, car les règlements qui encadrent le plagiat sont stricts et les conséquences parfois salées.

Tâchons de voir comment est défini le plagiat dans le cadre des études à l’Université du Québec à Trois-Rivières, s’il s’agit d’un délit qui est souvent rapporté; et lorsqu’une telle situation a lieu, quelles sont les sanctions?

De façon volontaire ou pas, lorsqu’on mentionne les idées d’une autre personne sans lui en donner le crédit; c’est du plagiat.

Le plagiat, on «niaise» pas avec ça

Selon la documentation disponible sur le site de l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGEUQTR), sous l’onglet «Résolution de problème», on définit ainsi le plagiat: «S’approprier le travail créatif de quelqu’un d’autre et le présenter comme sien.»  Ainsi, de façon volontaire ou pas, lorsqu’on mentionne les idées d’une autre personne sans lui en donner le crédit, c’est du plagiat.

Dans le document officiel du Règlement sur les délits relatifs aux études, disponible en ligne sur le site web de l’université, on présente les délits passibles de sanctions. On inclut dans le délit de plagiat les instances où un.e étudiant.e pourrait, dans les domaines scientifiques, «présenter ou utiliser des méthodes ou résultats expérimentaux établis par d’autres personnes sans avoir au préalable obtenu l’autorisation écrite de ces personnes et sans en indiquer la référence» (p.2), par exemple.

Et à l’UQTR, le plagiat, ça ressemble à quoi?

Le vice-président aux affaires académiques des cycles supérieurs de l’AGE UQTR, Alexandre Côté, a comme rôle, entre autres, d’accompagner les étudiant.e.s dans les dénonciations de plagiat. Il nous assure que «les cas rapportés sont plutôt rares. Lorsqu’ils le sont, ce sont soit d’autres étudiants, soit des professeurs qui les rapportent, le plus souvent directement à l’université (à travers les directions de départements et/ou les comités de programmes).»

Le stéréotype lié au plagiat vous vient peut-être en tête: celui de l’étudiant.e paresseux.se qui «copie-colle» la biographie d’une personne sur Wikipédia sans inclure de source ou de guillemets. Certes, ce genre de cas est possible, mais ce n’est pas la majorité des cas dénoncés, qui sont aussi ambitieux que le fameux copier-coller. Parfois, il s’agit tout bêtement d’un oubli de note de bas de page.

M. Côté avance qu’il croit «que la grande majorité du plagiat commis est involontaire (par exemple, oublier de citer une source lorsqu’on en utilise plusieurs). Malgré cela, le phénomène demeure un problème qui mérite de la vigilance de la part de tous.»

Est-ce que les cas de plagiat (volontaires ou non) sont faciles à détecter chez les enseignant.e.s, à l’ère des technologies où l’information peut être puisée n’importe où? M. Côté, lui-même enseignant au collégial et à l’université, rapporte que «le plagiat est plutôt facile à détecter durant la correction. Les sections plagiées ressortent généralement du lot et ne [concordent] pas avec le ton du reste.

M. Côté rapporte également que «durant les surveillances d’examens, c’est pratiquement rendu impossible de plagier; les trucs sont connus et rien n’est laissé au hasard». Alors, fini le mythe des formules gribouillées dans la paume de la main ou collées à la semelle des souliers? Il semble bien que oui. Du moins, dans un cadre universitaire…

À l'ère des technologies où l'information est partout, le plagiat est-il fréquent à l'UQTR? Photo: Libre de droits
À l’ère des technologies où l’information est partout, le plagiat est-il fréquent à l’UQTR? Photo: Libre de droits

Des sanctions sucrées ou salées

Les nombreuses sanctions envisageables sont énumérées dans le document Règlement sur les délits relatifs aux études (p.3). Une fois le plagiat dénoncé, selon le site web de l’AGE UQTR, «le problème est soumis au directeur de département ou au doyen des études. L’un d’eux convoque l’auteur de la dénonciation et l’étudiant concerné afin de discuter du délit. Les deux parties doivent être d’accord avec la décision prise. Celle-ci peut prendre trois formes: l’abandon de la procédure, l’application d’une sanction où l’étudiant n’est pas exclu définitivement de son programme ou la remise de la dénonciation au comité de discipline.»

Alors, fini le mythe des formules gribouillées dans la paume de la main ou collées à la semelle des souliers? Il semble bien que oui.

Puis, une fois la décision prise, une sanction suivra, allant de la réprimande (joli mot pour signifier qu’on «chicane» l’étudiant.e) à l’expulsion de l’UQTR et même l’annulation d’un diplôme (si l’étudiant.e est vraiment allé trop loin, ce qui est rarissime).

Comment éviter le plagiat, pour les nul.le.s

La ligne entre plagiat et référence est mince. Parfois, il ne faut qu’une phrase pour entrer dans une zone grise. Il est toutefois tout à fait possible de s’assurer d’avoir fait toutes les références nécessaires. Il y a d’ailleurs en ligne un chouette petit test d’autodiagnostic en trois parties, qui permet de voir si les connaissances de l’étudiant.e au sujet du plagiat sont à jour. L’initiative est de la part de Promotion du développement des compétences informationnelles (PCDI) du Réseau de l’Université du Québec. Pour y accéder, il faut simplement aller sur Google et taper «PCDI éviter le plagiat: des solutions pour tous».

Des ressources sont également à la disposition des étudiant.e.s de l’UQTR, par le biais du site web de la bibliothèque. En cas de doute, les enseignant.e.s peuvent aussi être de belles ressources afin de vous guider sur le droit chemin de la rigueur intellectuelle.

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