REPORTAGE: La place des étudiant.e.s musulman.e.s à l’UQTR

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Dans ce reportage, le Zone Campus s’est entretenu avec trois étudiants et étudiantes musulman.e.s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). L’une d’entre eux s’appelle Awa Koïta, et les deux autres préfèrent garder l’anonymat. Nous les appellerons donc, pour les besoins de l’article, Adil et Hani. Des questions portant sur leur foi et leur intégration à l’UQTR ont été posées.

La place de la religion

Voulant en apprendre plus, le Zone Campus a voulu savoir qu’elle était la place de la religion pour ces trois étudiant.e.s. Tous ont expliqué que celle-ci était d’une grande importance, et ce, dans toutes les sphères de leur vie: «L’islam a des chartes auxquelles nous devons nous repérer, mais après tout, l’islam est une religion de paix et de tolérance, et qui accepte toutes les religions révélées sans distinction de races. Après tout, nous venons d’un seul et unique créateur» explique Adil.

La page Facebook du COMPLICE souhaite créer un espace de collaboration et d’intégration pour les étudiant.e.s internationaux de l’UQTR. Photo : Gracieuseté Complice
La page Facebook du COMPLICE souhaite créer un espace de collaboration et d’intégration pour les étudiant.e.s internationaux de l’UQTR. Photo : Gracieuseté COMPLICE

Vivre sa foi

Ces étudiant.e.s doivent concilier leurs études et leur foi, et ce, tous les jours. Adil en explique un peu plus sur cette réalité: «Nous avons cinq prières obligatoires à effectuer chaque jour, mais si les heures de prières coïncident avec les cours ou le travail, il nous est recommandé de continuer notre cours ou notre travail. Plus tard, nous serons appelés à des responsabilités, et le travail fait partie des valeurs de la religion pour pouvoir subvenir à nos besoins.» Si toutefois les prières n’étaient pas possibles à l’endroit et le moment où il se trouve, Adil explique qu’il les fera à son retour à la maison.

Ces trois étudiant.e.s nous indiquent qu’ils ne ressentent pas de difficultés à vivre leur religion à l’UQTR. «Pour être franc, à l’UQTR, c’est rare que les gens parlent de religion. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore eu de difficultés à cause de ma foi», nous dit Hani. Malgré une ouverture de la part des membres du personnel et des étudiant.e.s, l’UQTR pourrait-elle changer certaines choses?

«Dans notre religion, nous devons être ouverts d’esprit en acceptant de communiquer avec tout le monde chaque fois que besoin sera pour éclaircir certaines zones d’ombres concernant notre religion et sa pratique.» — Adil

Changements

Le Zone Campus a cherché à savoir si la communauté musulmane de l’UQTR possède toutes les commodités et aides possibles à leur intégration en milieu universitaire. Sans vouloir créer une revendication, mais seulement à titre d’information et de potentiels projets, Adil explique l’idée suivante: «avoir une grande salle de prière comme les salles de cours, bien équipée avec des toilettes, pour faire nos ablutions. Nous passons la majeure partie de notre temps à l’université et nous avons cinq prières quotidiennes, de l’aube jusqu’au soir, et nous passons la journée à l’université jusqu’à 22h (dépendamment de notre emploi du temps des cours).»

Il affirme notamment que les plusieurs autres universités québécoises offrent cette salle, et qu’il serait bien d’avoir la même commodité ici même. Malgré tout, il précise être conscient que l’université est une institution publique ayant pour but les études, et qu’il a toujours ressenti une ouverture d’esprit dans ce lieu.

«Nous avons choisi le Canada à cause de la tolérance et l’esprit d’ouverture de leur culture envers les minorités, et de la liberté de culte par rapport aux autres pays.» — Adil

Awa partage d’ailleurs le même sentiment: «Je n’ai jamais rencontré de difficultés par rapport à ma foi à l’UQTR, malgré le fait que je côtoie beaucoup de personnes qui ne la partagent pas. Les gens savent respecter mes choix et sont assez curieux et ouverts à en apprendre plus.»

Des membres du COMPLICE et étudiants de l’UQTR présents au rassemblement. Photo: David Ferron
Des membres du COMPLICE et étudiants de l’UQTR présents au rassemblement. Photo: David Ferron

Elle nous explique d’ailleurs qu’elle a su ressentir compassion et entraide lors de l’évènement de mobilisation de janvier 2017, à l’UQTR, à la suite de la fusillade de la mosquée de Québec: «Il y a eu une très belle mobilisation à l’UQTR pendant un après-midi à -15°C. Je n’ai même pas senti de différences entre musulmans et non-musulmans dans cette foule, juste des êtres humains qui partagent et qui se réconfortent pendant une épreuve. Cette mobilisation a confirmé selon moi la volonté de favoriser le sentiment d’appartenance de la communauté musulmane au Québec.»

Awa ajoute qu’elle souhaite que cet esprit d’ouverture continue au fil des ans: «Si cette considération se perpétue toujours à l’UQTR, il y a de fortes chances que nous embrassions le «Savoir. Surprendre.» dans le vivre ensemble et l’harmonie.»

Un futur prometteur

Il est vrai que l’UQTR cherche à faire preuve de sensibilité et de soutien, autant chez les employé.e.s que chez les étudiant.e.s, envers les diversités culturelles qui nous entourent. Depuis la dernière décennie, la société montre une certaine ouverture et sensibilisation face aux différences religieuses et sexuelles, notamment, et le tout se ressent dans les milieux universitaires. Si l’UQTR sait faire preuve de bon sens, il est tout de même à noter que l’amélioration doit être constante.

D’ici là, si vous êtes intéressé à participer à divers évènements qui encouragent la diversité culturelle, ou si vous souhaitez partager avec d’autres tout simplement, rendez-vous sur la page Facebook du COmité Multiculturel Pour l’Intégration et la Coopération entre Étudiant(e)s
(COMPLICE), communauté qui souhaite une collaboration et une intégration harmonieuse pour les étudiant.e.s internationaux.les à l’UQTR.


Le Zone Campus souhaite remercier les trois étudiant.e.s qui ont accepté de répondre à nos questions, ainsi que l’aide du groupe du COMPLICE, d’Alhassania Khouiyi et de Bachir Brah Moustapha pour leur aide lors de l’écriture de cet article.


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