REPORTAGE: Quelles perspectives d’avenir pour les futures cohortes diplômées?

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Quelles perspectives d’avenir pour les nouveaux.lles diplômé.e.s? Photo: Gracieuseté Communications UQTR
Quelles perspectives d’avenir pour les nouveaux.lles diplômé.e.s? Photo: Gracieuseté Communications UQTR

Dans les creux de vague que rencontrent tout.e étudiant.e à un moment ou un autre dans son parcours académique, la perspective d’un débouché professionnel devient parfois l’ultime source de motivation à laquelle se raccrocher. Or, si le diplôme universitaire est une clé importante à détenir à son trousseau, il n’y a de garantie pour personne.

Pour ceux et celles qui sont attaché.e.s. à la région, pour en être originaire ou pour y avoir pris goût durant leur séjour «uqterrestre», le marché de l’emploi mauricien est un nouveau territoire à apprivoiser. À quoi s’attendre une fois son diplôme en poche? Le tapis rouge? Le parcours du combattant? L’exil? Quelques éléments de réponse à des questions soulevant leur lot d’angoisse.

Fouiller les sites d’offres d’emploi que sont les Joboom, Monster et autres Workopolis de ce monde donne parfois le tournis. Le constat initial peut aussi laisser croire que la Mauricie doit se contenter de miettes en regard des pôles économiques que sont les régions de Montréal et de Québec. Or, avec un taux de chômage de 5,1 % en janvier 2018, la région mauricienne faisait encore mieux que la moyenne nationale, à 5,3%. Ces chiffres, colligés par l’Institut de la statistique du Québec, constituent des niveaux historiques. En fait, certains économistes parlent d’une situation de «plein emploi». De quoi déjà calmer les premières inquiétudes.

Un marché du travail foisonnant

Selon Philippe Compagnon, conseiller en information professionnelle et responsable de l’aide à l’emploi aux Services aux étudiants (SAE) de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il y a effectivement lieu d’être optimiste: «On vit en ce moment un âge d’or en ce qui a trait au placement professionnel.» Même son de cloche du côté de chez Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR), où on avance que s’il y avait un moment idéal pour terminer ses études, ce serait bien en 2018. «Tous les indicateurs sont au vert en ce qui à trait l’emploi», fait valoir son directeur général, Mario de Tilly. Avec une population vieillissante et une activité économique foisonnante, Trois-Rivières en est à se tourner vers l’immigration pour combler ses besoins de main-d’œuvre.

«On vit en ce moment un âge d’or en ce qui a trait au placement professionnel.» — Philippe Compagnon, SAE de l’UQTR

Félix Dupont, chef d’équipe et responsable des communications au Carrefour jeunesse emploi de Trois-Rivières/MRC Des Chenaux (CJE), nuance toutefois que l’on peut difficilement généraliser lorsque l’on parle de perspectives d’emploi. Pour ce diplômé en communication sociale de l’UQTR, la situation varie beaucoup selon les secteurs d’activité et les attentes des individus. «Au niveau des nouvelles technologies, la région est en situation de manque de main-d’œuvre, le placement n’est pas vraiment un enjeu. Par contre si quelqu’un vient vers nous et tient absolument à travailler en télévision, il va probablement devoir envisager un déplacement vers les grands centres», analyse le communicateur.

Une culture du travail

Malgré son optimisme, Monsieur de Tilly, du IDETR, sert cette mise en garde: «Nous sommes en période de mutation économique, et 25 à 33% du marché du travail dans les 20-25 prochaines années sera constitué d’emplois qui n’existent pas aujourd’hui». Dans ce contexte, celui qui est aussi père de six enfants ayant tous fréquenté l’université, dit croire que l’éducation permanente doit s’imposer comme manière de concevoir sa carrière. À ce titre, l’UQTR deviendra selon lui un acteur économique encore plus important dans la région. «Nous avons un avantage énorme d’être une ville universitaire» soutient de Tilly, lui-même détenteur de plusieurs diplômes universitaires.

Si le diplôme est un atout important sur le sentier de la vie professionnelle, il ne constitue pas la seule considération des futurs employeurs. Félix Dupont, du CJE, mentionne: «Ce que les employeurs valorisent de plus en plus, au-delà du diplôme, c’est le savoir-vivre ou le savoir-être. Se trouver un emploi, c’est d’abord et avant tout une question d’attitude.» Mario de Tilly souligne quant à lui qu’au-delà des compétences dont témoigne le diplôme, il est d’abord et avant tout le gage «d’aptitudes à apprendre, une qualité incontournable sur un marché du travail en mutation».

Le secteur des nouvelles technologies est en situation de manque de main-d’œuvre dans la région. Photo: Pexel, Libre de droits
Le secteur des nouvelles technologies est en situation de manque de main-d’œuvre dans la région. Photo: Pexel, Libre de droits

La Mauricie que l’on affectionne

«On constate que nos étudiants sont très territoriaux. L’attachement à la région est très fort. Même chez nos étudiants étrangers, mis à part ceux et celles qui décident de rentrer chez eux après leurs études, beaucoup ont envie de travailler dans la région», constate Philippe Compagnon, du SAE.

Il fait cependant remarquer que pour ces derniers, l’apprivoisement de la culture du marché du travail québécois est un nouveau défi. Si après quelques années passées sur le campus, on a réussi à trouver ses aises, il s’agit à présent de sortir de ce microcosme. Pas toujours facile, semble-t-il, et les ressources sont plutôt manquantes. «C’est un véritable défi, et on devra le relever si la région veut résoudre les pénuries d’emploi auxquelles on fera inévitablement face, compte tenu du vieillissement de la population» estime celui qui consacre son temps à préparer les jeunes diplômé.e.s à affronter le monde du travail.

La Mauricie qui attire

Les diplômé.e.s de chez nous doivent par ailleurs composer avec une nouvelle donne, puisque de jeunes Québécois.es venu.e.s d’autres régions choisissent de plus en plus de s’installer en Mauricie. En effet, le site Internet Point2Homes, spécialisé dans le marché immobilier, faisait récemment état d’un classement qui place Trois-Rivières au second rang des villes québécoises les plus attrayantes pour les millénaux.

Félix Dupont fait le même constat: «On a participé à un salon de l’emploi dernièrement à Montréal, et on n’avait jamais connu un tel achalandage à notre kiosque. Les emplois sont peut-être moins payants en Mauricie, mais cela va avec le coût de la vie.» Il ajoute que cette réalité a ses bons côtés, les jeunes qui choisissent la Mauricie le font aussi pour se lancer en affaires, ce qui contribue au dynamisme régional et génère de nouveaux emplois.

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