ÉDITORIAL: L’humain approximatif ― Madame Bombardier, reposez en «plèbe»

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Je ne veux pas trop élaborer sur le lynchage public, auquel se sont adonnés plusieurs journalistes, dont Denise Bombardier dans son article «Les chanteurs savent-ils parler?», paru au Journal de Montréal, à propos du linge de Safia Nolin. D’ailleurs, celle-ci s’est très bien défendue. Je veux plutôt parler de l’écart qui se creuse entre les médias traditionnels et la culture contemporaine. Je vais donc aborder la génération Internet en pleine ébullition culturelle, notamment dans le domaine musical.

Rien de neuf sous le soleil

Tout le monde connaît la fameuse phrase d’Henri Estienne : «Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait…» Les différends entre l’ancienne et la nouvelle génération ne datent pas d’hier. Mais de nos jours, nous pouvons avoir du recul face à nos actions. Vomir sa bile sur la jeunesse n’est en aucun cas constructif.

C’est triste de voir des intellectuels tels que madame Bombardier tomber dans l’incompréhension et la haine. Le cynisme de la vieille garde est palpable. Le message est clair : «On est allé jusqu’au bout, c’est impossible d’aller plus loin!» Nous avons affaire à une mentalité «d’après nous, le déluge».

Rêver c’est bon

Non seulement cela est bon, mais c’est aussi sain. C’est le devoir de ceux qui ont de l’énergie et de l’ambition de secouer les gens endormis. Combien de fois, l’humain a cru être arrivé au bout de ce qu’il pouvait accomplir! Pourtant, il y a toujours eu quelqu’un pour démontrer que l’on peut faire mieux, du moins autre chose. C’est une grave erreur de croire que notre univers est fini.

Le retard des médias traditionnels

Ces derniers ont tardé à utiliser l’Internet, à un point tel que souvent, ils se contentent de présenter ce qui a déjà été fait en ligne. Ils sont donc généralement en retard sur ce qui se passe sur le Web. Un autre fait est que, de plus en plus, les gens écoutent tout en ligne. Il n’y a pas que le piratage. Les chaînes de télé tentent de rattraper leur clientèle en offrant, parfois gratuitement, leur contenu en streaming. De moins en moins de personnes ont le gros forfait: téléphone, Internet et câble. Même mes parents se contentent dorénavant de l’Internet et d’un téléphone cellulaire.

Nous avons affaire à une mentalité «d’après nous, le déluge».

La révolution musicale

Il y a quelques semaines (Vol. 12, no 3, http://bit.ly/2fMZWQx), je parlais du déclin de l’intérêt envers le cinéma québécois. D’un autre côté, il existe un engouement incroyable pour la musique locale. Par le passé, il fallait se trouver dans un centre urbain pour pouvoir assister régulièrement à de bons spectacles en dehors de la saison estivale. Depuis quelques années, les salles de spectacles en région ne cessent d’attirer de bons bands et un auditoire. Les festivals comme les Francouvertes ont permis de nous faire connaître les artistes émergents du Québec. Depuis, plusieurs ont eu des carrières internationales, comme Karkwa ou bien Patrick Watson.

De tout, pour tous

La musique québécoise est même devenue mainstream. Souvent, quand une mode devient aussi populaire, elle perd de son sens. Par contre, les mauvais côtés de la culture populaire ne semblent pas trop affecter le mouvement. Il n’y a pas que les petites salles qui roulent, les groupes offrent pour la plupart des spectacles de salon. Intimiste, cela permet à l’auditoire d’échanger réellement avec les artistes. Si la musique québécoise touche autant, c’est aussi parce qu’elle n’a pas de style en particulier. Du hip-hop au country en passant par le rock et le métal, il y en a pour tous les goûts.

La Taverne

C’est dans cette lignée qu’il y a environ 6 ans, La Taverne a vu le jour à St-Casimir. Le dernier bar du village allait fermer boutique, quand la famille Tessier a décidé de racheter la place. L’endroit a commencé à offrir de petits spectacles intimistes et de la bière de microbrasseries. Par la suite, les fils ont démarré un autre projet conjointement à La Taverne, en achetant le bâtiment voisin. Depuis, les petits shows locaux se poursuivent, côtoyant des artistes/groupes d’envergure, tels que Tiken Jah Fakoly, We Are Wolves et The Cat Empire. De plus, ils possèdent leur propre microbrasserie, Les Grands Bois. Cela est un bel exemple du renouveau culturel dans les régions.

Les soirées cachées CFOU

Je suis très heureux que les soirées aient repris du service. Le 3 novembre dernier, la Chasse Galerie recevait le groupe Lakes of Canada. Ainsi, l’UQTR participe à ce mouvement culturel. Elle ne peut pas passer à côté de la chance qu’elle a d’encourager la culture locale. Ce sont les étudiants qui en profitent, en ayant la chance d’assister à des concerts de qualité.

Le choc Nolin et la prise de conscience

Pour en revenir à l’idée initiale, je crois que de voir Safia gagner le prix Félix Leclerc a été un choc pour cette vieille garde. Elle a dû avoir le sentiment de se réveiller d’un sommeil cryogénique. Quel choc! On peut avoir une carrière musicale sans remplir le centre Bell, sans être commandité par Québecor, sans porter une robe dans un gala. On peut même être politisé sans regarder la télévision ou même sans lire le journal papier. Je soupçonne Denise de recevoir encore La Minerve (http://bit.ly/2f13LE7) à sa maison, par le facteur…

ndlr. «Repose en plèbe» est une expression, sous forme de mot-clé, utilisée par le bloggeur Murphy Cooper. L’image reliée à l’expression est celle d’un bonhomme de neige qui prend la forme d’une personne assise sur un banc de parc. Pour les besoins du propos, le titre évoqué se veut une critique d’un certain caractère réactionnaire envers la jeunesse, selon notre éditorialiste. Voici la photo en question: http://www.imgrum.net/media/1155197146424283409_5942691 

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