Conférence: La publication scientifique à l’ère des «fake news»

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Le professeur Vincent Larivière en compagnie de Robert W. Mantha, vice-recteur à la recherche et au développement. Photo: Sébastien Houle
Le professeur Vincent Larivière en compagnie de Robert W. Mantha, vice-recteur à la recherche et au développement. Photo: Sébastien Houle

Alors que les bouleversements qu’engendre la révolution numérique brouillent notre rapport à la vérité, le savoir scientifique n’est pas en reste. La publication scientifique est, elle aussi, soumise à des tensions. C’est ce dont rendait compte «La diffusion des connaissances à l’ère numérique: du libre accès aux revues prédatrices », conférence donnée par le professeur Vincent Larivière à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le 20 mars dernier.

Le professeur Larivière, de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante, rendait compte de ses plus récents travaux devant un parterre largement composé de professeur.e.s et de membres de la direction de la bibliothèque de l’UQTR. Si ceux-ci et celles-ci sont les plus directement touché.e.s, en raison de l’impératif de publication que sous-entend leur rôle, les questions soulevées par monsieur Larivière touchent le monde universitaire dans son ensemble.

Bien que la diffusion du savoir en ligne soit un élément avec lequel l’étudiant moyen s’accommode bien — on se demande parfois comment on s’en sortait avant l’ère Internet et que la recherche se faisait le nez dans les livres —, les enjeux dépassent cette seule réalité physique. L’avènement du numérique a en effet profondément bouleversé le modèle économique qui régit la publication scientifique. Les grandes maisons d’édition scientifiques accaparent notamment aujourd’hui une part beaucoup plus large du marché — avec les questions que cela suppose en termes de diversité.

Selon le professeur Larivière, les revues prédatrices publient des articles sans discernement et sans la barrière de la validité scientifique que cautionnent les revues scientifiques légitimes.

Ce bouleversement a aussi vu émerger de plus petits joueurs dont la légitimité scientifique est discutable. Ces revues prédatrices, telles que les conceptualise le chercheur, publient des articles sans discernement et sans la barrière de la validité scientifique que cautionnent les revues scientifiques légitimes. C’est que l’affaire est potentiellement lucrative — les chercheurs et chercheuses doivent en général payer entre 1 000 $ et 3 000 $ pour une publication, selon le professeur Larivière. Des chercheurs et chercheuses, volontairement ou non, tombent dans le piège de ces nouveaux joueurs dont le profit est la seule fin. Larivière propose quelques indicateurs pour démasquer les fautifs et souligne que la situation n’a pas fini d’évoluer.

Site de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante: http://crc.ebsi.umontreal.ca/

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