Conférence-midi pédagogique: L’anxiété pathologique, un mal qui touche les étudiant(e)s

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L’anxiété de performance masquerait une certaine honte de soi, selon Frédéric Langlois, conférencier. Photo: Marie Labrousse.

Une conférence intitulée «Anxiété de performance: de l’anxiété normale à pathologique» s’est déroulée à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) le jeudi 26 janvier dernier. Présenté par le professeur Frédéric Langlois, l’événement a rassemblé près d’une cinquantaine de personnes. Ensuite, des employées du service aux étudiants (SAE) sont venues présenter les ressources d’aide aux étudiant(e)s disponibles sur le campus.

Quand un mécanisme utile devient incontrôlable

Frédéric Langlois a débuté sa conférence en expliquant ce qu’est l’anxiété et quel est son rôle. Il s’agit d’un mécanisme normal qui apparaît lorsqu’un individu est confronté à un danger immédiat. L’anxiété lui permet alors d’augmenter sa vigilance et ses réflexes, et donc de mieux affronter (ou fuir si besoin) la situation. L’anxiété est donc non seulement utile, mais aussi salutaire, du moins lorsqu’elle est modérée.

Au fil du temps, les humains se sont mis à craindre des choses de plus en plus complexes (peur de déplaire, peur de ne pas s’intégrer, peur de ne pas réussir…). L’anxiété n’est donc plus uniquement un mécanisme de défense instinctif, mais a fini par devenir une émotion subjective. Deux problèmes se posent alors: l’anxiété peut apparaître dans des situations qui n’en demandent pas, et elle peut également apparaître de manière excessive. Par conséquent, au lieu de se présenter comme un moteur, ainsi qu’elle l’était de prime abord, l’anxiété devient un frein à la performance.

L’anxiété de performance n’est pas un trouble psychologique à proprement parler, car elle n’est pas reconnue dans la classification des troubles mentaux (DSM). En conséquence, il n’existe pas vraiment de diagnostic, mais certains symptômes peuvent alerter, qu’ils soient physiques (tensions musculaires, insomnies, migraines, nausées, crises de panique) ou mentaux («catastrophisation» récurrente des conséquences d’une mauvaise performance, négligence des autres aspects de la vie, procrastination, anxiété continuelle en «toile de fond»).

L’anxiété, la honte et le perfectionnisme

S’attaquer uniquement aux manifestations visibles d’une anxiété excessive ne suffit pas: il faut aussi combattre ses causes. Selon le conférencier, l’anxiété de performance serait souvent la partie visible d’une situation plus complexe. Elle masquerait une certaine honte, une culpabilité et un manque d’estime de soi.

Monsieur Langlois fait une distinction entre «honte saine» et équilibrée (qui permet de réajuster un comportement vis-à-vis du groupe) et «honte malsaine» et excessive (lorsqu’une personne considère qu’elle doit absolument réussir pour maintenir des liens avec le groupe). Il précise toutefois qu’il n’existe pas de ligne stricte entre les deux, mais un continuum de situations variées. Cela vaut également pour la notion de perfectionnisme, souvent liée à l’anxiété. Un «perfectionnisme sain» vise des buts réalistes, tandis qu’un «perfectionnisme malsain» fait augmenter continuellement les standards et la recherche d’admiration d’autrui.

Est-ce que je veux réussir pour moi-même ou parce que c’est ce qu’on attend de moi?

Quelques pistes de réflexion

Le conférencier invite tout d’abord à réenvisager la notion même de performance. Souvent, les étudiant(e)s anxieux(ses) auront tendance à surévaluer l’importance et les conséquences d’une mauvaise performance. Cette propension est accentuée par un climat continuel de course à la performance, tout particulièrement en milieu universitaire. Il faudrait accorder aux étudiant(e)s le droit de ne pas «embarquer là-dedans», mais cela demande de repenser les choses collectivement.

Ensuite, les étudiant(e)s devraient réfléchir sur leurs buts et leurs motivations: «Cette activité que je veux absolument réussir est-elle une fin en soi ou un moyen de parvenir à un autre but?», «Est-ce que je veux réussir pour moi-même ou parce que c’est ce qu’on attend de moi?»

À la fin de la conférence, le SAE a présenté les différentes ressources mises à disposition des étudiant(e)s. Plusieurs activités sont proposées par le service de psychologie, le service de soutien individuel à l’apprentissage et le service d’orientation.

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