Psychologie: Les internats rémunérés!

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Marilyn Tremblay-Pouliot, présidente de l’AÉCSP.
Marilyn Tremblay-Pouliot, présidente de l’AÉCSP.

Le 21 décembre dernier, le gouvernement du Québec et la Fédération interuniversitaire des étudiants en psychologie (FIDEP) sont parvenus à un accord pour une rémunération des doctorants en psychologie effectuant leur internat dans le secteur public, parapublic ou communautaire. Les nouveaux internes en psychologie recevront une bourse de 25 000$ dès septembre 2017.

Une situation précaire

«Depuis que le doctorat est devenu obligatoire pour exercer, en 2006, les étudiants en psychologie et la FIDEP revendiquent que nos internats soient rémunérés», indique Marilyn Tremblay-Pouliot, présidente de l’Association des étudiants des cycles supérieurs en psychologie (AECSP) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

«En Amérique du Nord, il n’y a qu’au Québec que les internes en psychologie ne sont pas rémunérés, alors qu’au total, ils représentent la moitié des internes en psychologie au Canada. Dans les autres provinces canadiennes, les internes reçoivent entre 30 000 et 35 000$. Et au Québec, les résidents en médecine reçoivent 40 000$ par année. C’était difficilement justifiable qu’on soit les seuls à ne pas être rémunérés» ajoute-t-elle.

On estime d’ailleurs que les internes en psychologie travaillent 80% d’un poste à temps plein. Par conséquent, chaque année, l’équivalent de 200 postes à temps plein était assumés par les internes, sans aucune compensation financière, ce qui pouvait rendre leur situation très précaire.

Moyens de revendication

En décembre 2015, la majorité des départements des cycles supérieurs en psychologie au Québec ont voté pour un boycottage des internats, mais également des stages que les étudiants doivent effectuer au cours de leurs études. Le boycottage a été effectif en septembre 2016: «Au moment du vote, beaucoup étaient déjà en stage ou avec des clients, et on ne voulait pas mettre fin abruptement à des suivis. On a donc planifié qu’au début de l’année suivante, on ne commencerait pas de nouveaux stages ou internats», explique Marilyn.

Pendant toute la session d’automne 2016, il n’y a donc eu presque aucun stagiaire ou interne en psychologie au Québec, ce qui a permis de constater le poids de leur contribution. «Nous avions un soutien de la part des professionnels du secteur», précise Marilyn. «Par exemple, certains indiquaient qu’ils ne prenaient pas d’internes pendant cette période».

«Dans les autres provinces canadiennes, les internes en psychologie reçoivent entre 30 000 et 35 000$. Et au Québec, les résidents en médecine reçoivent 40 000$ par année. C’était difficilement justifiable qu’on soit les seuls à ne pas être rémunérés.» ―Marilyn Tremblay-Pouliot

Rapport gouvernemental et négociations

En juin 2016, après le vote du boycottage et avant son application effective, le gouvernement a demandé au docteur Luc Granger, un ancien psychologue, d’effectuer un rapport sur le sujet. «On se doutait qu’il ne se passerait pas grand-chose tant que le rapport ne serait pas déposé, mais c’était déjà une réussite pour nous que le gouvernement mandate quelqu’un», déclare Marilyn.

«Ce rapport a été décisif, il indique qu’il n’y a aucun argument qui va à l’encontre d’une rémunération des internes», ajoute Marilyn. Remis fin octobre 2016, deux mois après le début effectif du boycottage, le rapport Granger a enclenché des négociations entre la FIDEP et la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David. L’accord a été voté et signé par la FIDEP le 21 décembre dernier.

Accord et conditions d’obtention

Les internes en psychologie recevront donc une bourse de 25 000$ dès septembre 2017. Pour ceux qui auront commencé leur internat entretemps, la moitié de la bourse sera attribuée. En contrepartie, les internes s’engageront soit à travailler deux ans dans le secteur public, soit à effectuer 150 heures d’internat de plus que les 1600 heures déjà prévues.

«C’est sûr qu’on aurait aimé avoir plus, en comparaison avec ce qui est offert aux résidents en médecine ou aux internes en psychologie ailleurs au Canada, mais ça reste mieux que rien. La majorité des étudiants étaient contents, c’est une bataille qu’on mène depuis la mise en place du doctorat», conclut Marilyn.

Jack Saloon A2018

4 COMMENTAIRES

  1. La persévérance des doctorants a été récompensée. Un merci aux professionnels, aux organismes, aux associations et à la population qui ont soutenu la cause jusqu’au bout. Merci pour l’article!

    À en comprendre le dernier paragraphe, « Les internes en médecine recevront donc une bourse de 25 000$ dès septembre 2017 », l’accord affecte aussi les étudiants en médecine en diminuant leur bourse ou il s’agit en fait des doctorants en psychologie qu’on parle?

    • Bonjour monsieur Vallières,

      Dans l’édition du mois de novembre du «Zone Campus», un article traitera du suivi quant à la rémunération des stagiaires en psychologie, mais en éducation aussi.

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