Exposition à la Galerie R3: La mise en scène de la vie quotidienne

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Le mobilier qui stagne dans les sombres couloirs des pavillons du campus occupe la Galerie R3. Ces objets usuels, mais désuets, forment des sculptures qui se veulent un échantillonnage du lieu qui les accueille. L’exposition en milieu universitaire a permis à José Luis Torres de remettre en question la stabilité miroitée par l’institution. Point de basculement met en scène des objets anonymes standardisés dans des amoncellements instables.

Pour l’artiste José Luis Torres, l’objet est un prétexte à l’observation, à l’analyse et à la critique. En s’imprégnant d’un lieu, de sa signification et des personnes qui y jouent un rôle, le sculpteur cherche à le décrypter. Dans l’actuelle exposition, Torres dynamise des objets d’une immobilité saisissante. Ces bureaux ternes et ennuyeux suggèrent un milieu de travail morne. En proposant des objets de la sorte à une communauté qui passe le clair de son temps cloué à des planches de ripes pressées, l’artiste théâtralise le quotidien intellectuel.

Cette approche in situ est récurrente dans le travail de l’artiste qui œuvre autant en galerie que dans l’espace public. En utilisant des objets présents sur le lieu investi, Torres parvient davantage à remettre en question la relation entre les occupants et le lieu. À cheval entre sculpture et installation, l’essentiel réside plutôt dans l’exploitation de l’espace et l’échelle bonifiée à laquelle le spectateur est confronté.

La mise en espace de la banalité donne un aspect spectaculaire au quotidien en gonflant son occupation spatiale habituelle.

En contexte quotidien, les objets occupent un espace normalisé, lequel devient jusqu’à trois fois plus grand une fois ceux-ci détournés. L’accumulation d’objets rend quasi aliénant le geste quotidien qui les nécessite. La mise en espace de la banalité donne un aspect spectaculaire au quotidien en gonflant son occupation spatiale habituelle.

Originaire d’Argentine, José Luis Torres se laisse charmer par le Québec alors qu’il est en résidence d’artiste à Québec. Quatorze ans plus tard, il travaille et vit encore dans cette ville. Ses études en sculpture et en architecture s’identifient clairement dans ses œuvres.

Jack Saloon A2018

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