Françoise David et l’éducation: Une conférence engagée et engageante

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Françoise David était à Trois-Rivières lundi soir pour donner une conférence intitulée L’éducation au service du bien commun. Cet événement s’inscrivait dans le cadre des 22es Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI), et était organisé conjointement par le Comité de solidarité/Trois-Rivières (CS3R) et la Gazette de la Mauricie.

Le hall principal du Musée POP était entièrement occupé par plus de 150 personnes venues écouter l’ancienne députée solidaire et militante féministe de longue date. Elle a dressé un portrait de la situation actuelle au Québec, soulignant entre autres que «53% des adultes au Québec ont des problèmes de littératie».

«L’école, c’est un outil de réflexion, c’est un outil critique.» — Françoise David

Éducation et justice sociale

Mme David a présenté l’éducation comme essentielle à la réalisation d’une justice sociale véritable et durable. Le manque d’éducation est souvent synonyme de précarité d’emploi et de faibles revenus. L’éducation permet, selon elle, de se doter d’outils contre le repli sur soi et d’aller au-delà de ça. Elle a également souligné l’importance d’apprendre à échanger et débattre de manière structurée et respectueuse, des conditions essentielles à notre vie en société.

L’école privée, source d’iniquités

Exposant que 40% des étudiant.e.s au secondaire vont au privé ou au public avec projets, par exemple les programmes sport-études, Mme David a soutenu que cela a des effets négatifs sur les 60% des jeunes au public régulier. Alors que l’ensemble des contribuables finance des écoles privées inaccessibles à l’ensemble des jeunes, cette iniquité est encore plus grande par le manque de mixité dans les classes. À cet effet, elle a avancé que les élèves en difficultés bénéficient de la présence d’élèves performant.e.s dans leurs classes, et ces dernier.ère.s performent davantage.

«Les écoles publiques manquent d’amour.» — Françoise David

Enjeux d’éducation au Québec

Mme David a principalement parlé du secondaire, puisque l’école primaire et le postsecondaire ont déjà attiré beaucoup d’attention et d’engagement dans les dernières années. Déplorant un «manque d’amour» envers les écoles publiques, elle a souligné le désinvestissement financier et communautaire dans les écoles secondaires, la pression de la performance tant sur les élèves que sur les établissements, et le manque de diversité dans le corps enseignant. Après avoir brièvement parlé de ses expériences à l’international, elle a ajouté que la solidarité de proximité est souvent plus difficile que la solidarité éloignée.

L’avenir de l’éducation au Québec

En guise de conclusion, avant de participer à une période de questions, Mme David a exprimé ses souhaits pour l’avenir de l’éducation au Québec. Elle souhaite ainsi une plus grande ouverture aux autres modèles de savoir et aux autres cultures, par exemple celles des Premières Nations, lier davantage les matières aux enjeux d’actualité, et une plus grande mixité tant entre élèves qu’au niveau des enseignants. Elle a invité le public à s’engager et revendiquer ces changements, tout en rappelant la nécessité de persévérer.

«Appelez votre député, c’est très efficace!» — Françoise David

Les 22es JQSI, organisées par l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), se déroulent sous le thème de l’éducation et la solidarité. Le CS3R a organisé une dizaine d’activités à Trois-Rivières. Les prochaines à avoir lieu seront une conférence à l’UQTR le 16 novembre sur le commerce équitable, ainsi qu’une deuxième projection du documentaire Pédagogues de l’espoir au cinéma Tapis rouge le 6 décembre.

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