Groupe d’Actions Femmes de l’UQTR: Lutte pour la disparition définitive de la culture du viol

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Le GAF a organisé une conférence avec le rappeur Koriass le 17 mars dernier, afin de parler de féminisme, de consentement et d’agressions sexuelles. Photo: Frédérik Borel
Le GAF a organisé une conférence avec le rappeur Koriass le 17 mars dernier, afin de parler de féminisme, de consentement et d’agressions sexuelles. Photo: Frédérik Borel

En activité depuis janvier 2016, le Groupe d’Actions Femmes de l’UQTR (GAF) s’efforce de lutter contre la banalisation du viol et des agressions sexuelles en milieu universitaire. Alors que la campagne de prévention «Sans oui, c’est non!» est en pleine expansion, le Zone Campus s’est entretenu avec Ann-Julie DuRocher, cofondatrice et membre active du GAF, afin d’en savoir plus sur les activités du groupe.

Zone Campus: Comment le GAF a-t-il été créé?

Ann-Julie DuRocher: En janvier dernier, nous étions plusieurs étudiant(e)s à avoir un malaise à propos du nom du party «Sauf une fois au chalet», qui fait référence à un père ayant abusé de ses enfants. Nous avons donc fait paraître dans le Zone Campus une lettre d’opinion, qui a eu un impact significatif. Tout est parti de là. Puis nous nous sommes rendu compte que nous avions notre place dans le milieu universitaire, qu’il y a des problématiques qui méritent d’être soulevées, et que nous avions également des solutions à proposer. En dix mois, nous sommes devenus des partenaires privilégiés de l’AGE UQTR.

Zone Campus: Quels sont les objectifs du GAF?

Ann-Julie DuRocher: La mission principale est de dénoncer la banalisation du viol et des agressions sexuelles en milieu universitaire. Nous essayons de sensibiliser les étudiants aux notions de consentement, de culture du viol et de harcèlement sexuel. Concernant les agressions sexuelles et les viols, il est très difficile d’avoir des statistiques, car les victimes hésitent souvent à dénoncer ce qu’elles ont subi, par peur des répercussions. Notre mission consiste également à repérer et à soutenir ces victimes par tous les moyens.

Zone Campus: Est-ce que le GAF se concentre uniquement sur le harcèlement et les agressions sexuelles?

Ann-Julie DuRocher: Avec le contexte de création du GAF, et le fait que cela coïncide avec le lancement de la campagne «Sans oui, c’est non!», c’est notre principal enjeu en ce moment. Toutefois, ce n’est pas le seul. Nous militons également pour une meilleure représentation des femmes dans les instances universitaires, que ce soit dans l’AGE UQTR, dans les départements, dans les comités de programme, etc. L’université comptait 60% d’étudiantes en 2012, mais elles étaient bien moins nombreuses au sein des différentes instances, et la situation n’a pas vraiment évolué depuis. C’est malheureusement un reflet de la société dans laquelle nous vivons.

«Il est très difficile d’avoir des statistiques concernant les agressions sexuelles et les viols, car les victimes hésitent souvent à dénoncer ce qu’elles ont subi, par peur des répercussions.» – Ann-Julie DuRocher

Zone Campus: Comment le GAF s’est-il impliqué dans la communauté universitaire récemment?

Ann-Julie DuRocher: En mars dernier, nous avons reçu en conférence Marcelle Hamelin, qui a pris contact avec nous à la suite de la parution de notre lettre d’opinion. Elle a accepté de témoigner en compagnie d’une intervenante du Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) et d’une sexologue. La même semaine, nous avons organisé une conférence avec le rappeur Koriass, pour parler de féminisme, de consentement et de harcèlement sexuel. Et en septembre, nous avons participé au camp des associations de l’AGE UQTR, pour sensibiliser les étudiants, et pour les informer à propos des actions du GAF et de la campagne «Sans oui, c’est non!»

Zone Campus: Et quels sont les événements prévus dans le futur?

Ann-Julie DuRocher: Nous travaillons en collaboration avec l’UQTR, avec l’AGE UQTR et avec l’Association des étudiants en sexologie (AES) pour organiser plusieurs événements l’hiver prochain. Mais nous n’avons encore rien de confirmé pour le moment. Nous allons également participer au programme «Témoin actif», basé sur le principe des Sentinelles, mais pour la prévention des agressions sexuelles. Le programme considère que très souvent, une agression sexuelle n’apparaît pas de nulle part, sans signe avant-coureur: il faut donc apprendre aux gens à reconnaître ces signes et à pouvoir intervenir en conséquence.

Lettre d’opinion parue dans le Zone Campus en janvier dernier : http://zonecampus.ca/blogue/?p=8527

Page Facebook du GAF : https://www.facebook.com/gafuqtr/

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