Jeux de la communication 2018: Retour sur les Jeux — Entrevue avec Michel Lamy, co-chef

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Michel Lamy, qui manifeste sa joie de voir la délégation recevoir un prix lors du Gala des Jeux de la communication. Photo: Louis-Xavier Picard — PICARD.PHOTO
Michel Lamy, qui manifeste sa joie de voir la délégation recevoir un prix lors du Gala des Jeux de la communication. Photo: Louis-Xavier Picard — PICARD.PHOTO

Du 7 au 11 mars derniers s’est déroulée l’édition 2018 des Jeux de la communication. Une délégation de 35 étudiant.e.s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) y a pris part. Parmi les faits accomplis: deux médailles ainsi que deux quatrième places. Le Zone Campus a discuté avec Michel Lamy, co-chef de la délégation de l’UQTR, afin de mieux connaître cet événement et de nous en faire un bilan.  

ZC: D’abord, pourquoi avoir voulu occuper ce poste?

ML: C’est à partir de mon expérience que j’ai vécue l’an dernier, où j’ai appris sur le plan personnel. Je me suis dit que j’aimerais redonner à mon tour la chance à d’autres de vivre une expérience et de s’améliorer sur des trucs pour lesquels on a vu la théorie, mais qu’on n’a pas nécessairement eu la chance d’appliquer de façon pratique.

ZC: Comment les trois personnes à la direction du comité se complètent-elles?

ML: On est trois personnalités très différentes. Ça tombe bien, car à la chefferie, il y a des tâches différentes pour chacun. Léa (Méthot) s’occupe des communications, Charlène (Pagé), des partenariats. Aussi, il survient des situations imprévisibles, et c’est bien d’avoir des personnalités différentes pour y faire face.

Par exemple, en début de parcours, on a eu trois départs. Il a donc fallu retrouver des gens rapidement et de les préparer adéquatement. Avec nos trois types de personnalités différentes, on a été capable de le faire. Les remplaçants qu’on a trouvés ont par ailleurs donné d’excellentes performances.

Selon Michel, c’est l’occasion «de s’améliorer sur des trucs pour lesquels on a vu la théorie, mais qu’on n’a pas nécessairement eu la chance d’appliquer.»

ZC: Pendant combien de temps vous êtes-vous préparé.e.s?

 ML: Au mois d’avril, tu es choisi chef. Il y a une préparation initiale à faire au cours de l’été, des choses à mettre en place, comme les mentors ou les partenaires pour préparer une base. Ensuite, la job de constituer la délégation commence en septembre et la distribution doit être complétée en octobre, pour se pratiquer jusqu’à la compétition.

ZC: Il semble que sur le plan vestimentaire, il y avait un concept de collège américain. Est-ce que tu peux nous en donner davantage de détails?

ML: Dans les Jeux de la communication, il y avait cette année un thème de départ (Royal 22e Régiment). On a pris le concept des fraternités américaines. On trouvait ça le fun de virer le tout sous ce concept. Il faut dire que ça teinte non seulement ton style vestimentaire, mais aussi ta promo, comme la vidéo ou la chanson-thème, qui ressortait la fierté régionale avec notamment un extrait de Sir Pathétik.

ZC: Vous avez eu l’aide de plusieurs professionnel.le.s des médias, issu.e.s de plusieurs domaines (journalisme, radio, marketing, politique, etc.) Est-ce donc dire que ces Jeux jouissent d’une certaine considération suffisamment élevée pour attirer de telles personnalités?

ML: La première façon de trouver des mentors, c’est de se faire des contacts. En écriture journalistique, on est au moins cinq à avoir été au Nouvelliste, ce qui aide à aller chercher des mentors. C’est le cas pour d’autres épreuves. Par exemple, on a eu beaucoup d’aide de la part de l’employeur de Charlène, qui est en radio. On peut également aller chercher des mentors parmi d’anciens participants, par exemple Sarah Farley Gélinas et Carl Milette, qui travaillent pour LG2 à Montréal. Ensuite, il faut aller chercher ceux qui nous ont déjà aidés, comme pour l’épreuve du bulletin de nouvelles [Radio-Canada]; c’est très important d’entretenir des liens avec ces gens.

Notre job de chef, c’est de trouver des nouveaux mentors lorsqu’il reste des trous à combler. Il s’agit de contacter des gens qu’on ne connaît pas nécessairement, mais qui jouissent de bonnes réputations.

Par ailleurs, je tiens à remercier nos coachs pour leur aide précieuse et considérable.

La délégation 2017-2018 des Jeux de la communication. Photo: Gracieuseté
La délégation 2017-2018 des Jeux de la communication. Photo: Gracieuseté

ZC: Il y a quelques années, il y a eu une controverse pour des questions d’indiscipline. Comment évite-t-on désormais de tels problèmes?

ML: Ça a commencé avant nous, il y a plusieurs années. Il y a eu un recadrage pour les Jeux de la communication afin de les prendre au sérieux. Il y avait avant le plaisir, mais on ne se prenait pas au sérieux. Se faire planter chaque année, ce n’était finalement pas le fun. On a découvert l’importance de travailler fort, de faire bonne figure, d’«être sur la coche».

Il y a également une question de savoir-vivre aussi. Pour nous, les trois chefs, c’était dans nos valeurs; ça toujours été clair. Nos délégués ont fait preuve de discernement, même dans les moments plus ludiques. Démontrer du professionnalisme est important aujourd’hui dans le domaine des communications.

Il faut également considérer les réseaux sociaux afin de savoir ce qui peut se trouver là, ou non. En tant que jeune professionnel, il y a des trucs que tu ne veux pas trouver sur ton mur Facebook.

«On n’est pas juste 35 personnes, mais une délégation.» — Michel Lamy

ZC: Il y a deux pieds de podium (Sports et Dossier journalistique), et deux médailles (or en Capsule sportive et bronze en Stratégie numérique). Quel bilan fais-tu de ces résultats et de l’ensemble des performances?

ML: Il faut dire qu’on reçoit une soixantaine d’inscriptions, et il faut en choisir 35 comme toutes les autres délégations, dont certaines peuvent en recevoir trois cents. On arrive aussi contre des universités qui peuvent choisir d’excellents candidats qui ont déjà de l’expérience; on se trouve dans une position dans laquelle il faut se battre contre des quasi-professionnels. On voit ainsi l’effet wow. Toutefois, le fait qu’on est compétitif lorsqu’on y va, ça témoigne qu’on a travaillé. On a reçu de très bons commentaires, par exemple qu’on s’est amélioré en pitch. On est content d’avoir des gens qui ont déjà de l’expérience aussi.

ZC: Quelle est, selon toi, la grande force de la délégation «uqutérienne»? Comment se démarque-t-elle?

ML: On est une délégation à l’image de l’université, c’est-à-dire qu’on se définit par la proximité. Il y a beaucoup de support, d’entraide, de mélange dans les équipes. C’est l’unité qui fait notre force. On n’est pas juste 35 personnes, mais une délégation.

ZC: D’un autre côté, quelles sont les choses à améliorer?

 ML: Il y a toujours des choses à retravailler et des choses à refaire, car il y a toujours de nouveaux participants. Il faut continuer sur notre lancée, et ça sera aux nouveaux chefs d’y veiller. On est déjà bon, on est déjà compétitifs, mais c’est de chercher la touche wow!, qui vient avec l’expérience. Cette année, on avait une délégation qui était jeune, qui a offert quelque chose de très bien.

«Quand tu vois que c’est terminé, tu as l’impression d’avoir un vide. Tu es très critique envers toi-même, envers ta performance.» — M. Lamy

ZC: L’expérience semble, bien que formatrice et mémorable, fort chargée. Comment s’est passé le retour la semaine dernière?

ML: Physiquement, on est toujours très fatigué. On ne dort pas beaucoup, mais cette année on est chanceux, on a bien mangé. On est sur l’adrénaline pour supporter nos collègues. Il y a beaucoup de joie et beaucoup de peine. C’est très prenant émotionnellement. La dernière journée, tu es fatigué, tu attends les résultats. Peu importe ce qui arrive, il faut laisser retomber la poussière. C’est tellement prenant dans ton temps, dans ta tête.

Quand tu vois que c’est terminé, tu as l’impression d’avoir un vide. Tu es très critique envers toi-même, envers ta performance. Mais ça se replace. C’est finalement très motivant pour la suite des choses, tant pour les prochains jeux, que professionnellement. Ça met à jour des notions que tu ne connaissais pas avant.

ZC: Il y aura le 28 mars prochain, une soirée post-mortem à La P’tite Grenouille.  Pourquoi une telle soirée?

ML: Le concept des post-jeux, c’est le même que pour les pré-jeux. Avant les jeux, on organise un événement afin de faire du financement et de tisser des liens. La soirée du 28 mars, c’est pour venir célébrer ce qu’on a pu vivre avec les autres délégations. Une façon de conclure en douceur, alors qu’avec les Jeux, on est encore totalement en mode Jeux.

Jack Saloon A2018

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