KHEMEÏA 2018: de l’art au lab! — Rencontre annuelle des sciences et des arts

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La deuxième édition de l’exposition KHEMEÏA 2018: de l’art au lab! s’est déroulée au Centre Pauline-Julien de Trois-Rivières, secteur Cap-de-la-Madeleine, jusqu’au 22 avril dernier. Les œuvres de cette exposition sont le fruit de collaborations entre les étudiant.e.s du cours Art, science technologie, ainsi que des étudiant.e.s-chercheur.se.s de programmes de sciences humaines et sciences de la nature de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

«On considère que c’est un champ de recherche, une discipline de recherche au même titre qu’une recherche scientifique», affirmait Guylaine Champoux, chargée de cours au département de philosophie et des arts de l’UQTR; des mots qui reflètent ce mariage entre les arts et les sciences.

L’idée originale du projet est une initiative de Johana Monthuy-Blanc, de l’unité de recherche Loricorps et du département des sciences de l’éducation, et de Marc Germain, du groupe de recherche en signalisation cellulaire du département de biologie médicale. En 2017, ils demandaient la collaboration au département de philosophie et des arts de l’UQTR dans le but de réaliser ce projet. L’an dernier, l’exposition s’est déroulée à la Galerie R3. Une nouveauté cette année: la collaboration de Culture Trois-Rivières. L’exposition est donc présentée au Centre Pauline-Julien, ce qui est un point majeur pour les étudiant.e.s, selon Guylaine Champoux: «Ça permet une professionnalisation des étudiants en création, d’avoir une expérience hors académique.»

«On considère que c’est un champ de recherche, une discipline de recherche au même titre qu’une recherche scientifique.» — Guylaine Champoux

Effectivement, la démarche du processus de création artistique devait d’abord être basée sur certaines études scientifiques. Par exemple, des thèmes basés sur la représentation corporelle de la femme pouvaient être empruntés d’études de sciences humaines à des fins de créations artistiques. Les œuvres Am I really closer than I appear? de Christine Ouellet et Seul de Sarah-Ève Chatterton en sont deux exemples. La première a reçu la collaboration scientifique de Chloé Maury, du centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques, ainsi que de Marie-Josée St-Pierre, de l’unité de recherche Loricorps, tandis que la deuxième a reçu la collaboration scientifique de Marilou Ouellette, également de Loricorps.

«Je suis intéressée par le comportement humain, en partie révélateur de l’état de la société. Je me suis penchée sur le projet de recherche de Marie-Josée St-Pierre pour son aspect analytique et archivistique du vécu des participants au trouble du comportement alimentaire», décrit l’artiste Christine Ouellet dans le document de présentation de son œuvre.

«Je suis intéressée par le comportement humain, en partie révélatrice de l’état de la société.» — Christine Ouellet

Certaines œuvres ont été réalisées à partir de matières moléculaires auxquelles la science avait déjà porté intérêt. L’œuvre Des fois je te vois de Lucas Blais Gamache – avec la collaboration scientifique de Marguerite Cinq-Mars du Département des sciences de l’environnement de l’UQTR – est faite d’eaux traitées d’une station de traitement d’eau d’enfouissement technique, d’acier et de verre sérigraphié. En fait, on peut décrire cette œuvre en trois cadres s’apparentant à trois fenêtres superposées de haut en bas. Chacune d’entre elles renferme des eaux de différents types moléculaires, et le verre sérigraphié joue plutôt un rôle de filtre dans l’œuvre.

Dans le cadre créatif, Marguerite Cinq-Mars a d’abord étudié les réactions de la spiruline dans différents échantillons d’eau provenant des usines de filtration des eaux. Par la suite, elle «tente de déterminer la capacité du potentiel de développement des cultures des microalgues dans ce type d’eau». Cependant, l’œuvre Des fois je te vois, que l’on peut admirer au Centre Pauline-Julien, est en fait une version réduite d’une œuvre officielle.

L’évolution des molécules est assez importante dans la définition de l’œuvre: «Dans mon cas (…), ce sont des vitres Thermos que j’ai trouvées, usagées. C’est un matériau qui n’est pas nécessairement stable. Après trois mois à avoir conservé de l’eau à l’intérieur, il y a certains échantillons qui produisent plus de gaz à l’intérieur, puis ça crée comme une espèce de pression indésirable. Ce ne sont pas des choses qu’on peut prévoir», affirme l’auteur de l’œuvre, Lucas Blais Gamache.

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