La climato-réaliste: Recharger ses batteries d’écolo avant de reprendre la route

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Magali Boisvert. Photo: David Ferron.

Je ne sais pas pour vous, chers.ères lecteurs.rices, mais, de mon côté, je sais que je ne suis pas encore remise de ma dernière fin de session. Et, en tant qu’écolo, je ne me suis pas remise de la dernière année non plus, malgré tout le chocolat, les patates et les atocas que j’ai pu engouffrer dans le temps des fêtes pour oublier les problèmes de la planète.

Or, il est primordial de prendre un temps d’arrêt afin de recharger ses batteries, afin de se brancher à une borne d’électricité si l’on veut tenir jusqu’au bout de notre trajet Québec-Montréal. Laissez-moi souffler un brin sur l’éolienne symbolique de notre moral de troupe écologique.

Prendre soin de soi

S’il y a bien une leçon que je retiens de ce congé hivernal, c’est qu’il faut panser ses blessures avant de retourner sur le ring — eh oui, une littéraire qui fait une métaphore de boxe, on aura tout vu. Oui, il faut se battre et ne pas abandonner, mais il ne faut pas non plus s’épuiser en tant qu’activiste. Cette bataille en est une qui tire beaucoup de jus, et il peut arriver qu’on n’ait plus de forces pour encaisser les coups.

Je ne me suis pas remise de la dernière année non plus, malgré tout le chocolat, les patates et les atocas que j’ai pu engouffrer pour oublier les problèmes de la planète.

C’est pourquoi il est primordial de prendre soin de l’écologiste en soi. Parler de nos difficultés dans nos communautés écolos, demander des trucs et de l’aide, ça soulage déjà beaucoup de poids que l’on ne savait pas que l’on traînait. La flamme activiste peut bien brûler à l’intérieur de nous, mais il ne faut pas se laisser consumer par elle et mettre en fumée d’autres aspects de notre vie comme la famille ou le travail.

Par exemple, ne vous sentez pas mal de commander des repas du restaurant quand vous vous sentez au bout du rouleau et que c’est de cela que vous avez besoin pour survivre à votre journée. Ce n’est pas une excuse pour tout se permettre non plus, mais disons que vous pouvez faire des exceptions quand c’est nécessaire. Agissez envers vous-même comme vous le feriez envers un.e ami.e cher.ère ; de façon franche et directe, mais bienveillante.

Célébrer les petites et grandes victoires

Certes, la dernière année a eu son lot de déceptions au plan environnement, ne serait-ce que l’élection du seul parti au Québec n’ayant pas soufflé le moindre mot sur l’environnement pendant sa campagne alors qu’on avait cru voir une vague verte submerger la population. Ou bien la suite sans fin de décrets et décisions franchement arriérées d’un certain président en cheveux de Cheetos. L’achat d’un pipeline (pour un beau total de 4,5 milliards de dollars des poches des Canadiens.nes) par notre propre gouvernement. Ou bien, tout simplement, l’inaction générale des différents paliers décisionnels face à l’urgence climatique.

La flamme activiste peut bien brûler à l’intérieur de nous, mais il ne faut pas se laisser consumer par elle.

Or, on a aussi compté plusieurs victoires dans le monde cette année. L’engouement pour le projet québécois Mission 10 tonnes, visant à retirer 10 tonnes de déchets des berges, a été si grand que l’organisme a dépassé son objectif en moins de 75 jours. Ils ont maintenant augmenté l’objectif à 100 tonnes, et tous peuvent participer à ce projet de nettoyage. Je suis sûre que Monsieur Clean en tire une larme de bonheur, s’il n’est pas déjà occupé à cruiser de jolies ménagères dans des publicités.

Tout récemment, l’Union européenne a officiellement banni pour 2021 le plastique à usage unique, ce qui représente un petit pas pour l’homme, mais un pas énorme pour l’humanité. La deuxième édition du Festival zéro déchet de Montréal a vu 11 000 curieux.euses fouler les tapis du Marché Bonsecours, dans une affluence entassée inattendue. Une activiste de 15 ans, Greta Thunberg, a parlé dans le casque de grands dirigeants.es à l’U.N.

Le Pacte pour la transition a reçu les signatures de près de 260 000 personnes au moment où j’écris cette chronique. Des manifestations pour l’environnement ont secoué le Québec le 10 novembre dernier — 50 000 personnes à Montréal, mais des marches au bout du nez froid aussi à Trois-Rivières, Québec, Rimouski, Sherbrooke…

Comme l’a si souvent répété Patrice L’Écuyer dans sa carrière: « l’union fait la force ».

Il faut se retrousser les manches une fois de plus, non pas malgré les obstacles, mais à cause de ceux-ci. La colère, à petite dose, est une motivation, mais à grande dose, peut devenir un poison. On pourrait utiliser cette colère et la transformer en énergie pour se rassembler et penser à des solutions ensemble. Vous remarquerez que presque toutes les victoires que j’ai énumérées se sont faites en groupe. C’est ainsi que nos voix se font le plus entendre.

Mes souhaits pour cette session

À l’aube de cette nouvelle session qui s’amorce, je me souhaite d’être plus à l’écoute. À l’écoute de mes propres besoins, à l’écoute de la nature, mais aussi à l’écoute des autres.

Plus que jamais, je vois une division se creuser entre les individus, entre la gauche et la droite, entre « eux » et « nous ». Mais nous sommes tous et toutes dans la même chaloupe, et nous avons tous et toutes des forces différentes qui pourraient servir à affronter La Grande Vague de Kanagawa qui nous attend. Comme l’a si souvent répété Patrice L’Écuyer dans sa carrière: « l’union fait la force ».

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