La p’tite vite: Le jugement du corps

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AESCA_Confence Guy Cormier
Éliane Beaudry. Photo: David Ferron
Éliane Beaudry. Photo: David Ferron

Si on demandait à une salle remplie d’individus qui est à 100% satisfait.e de son corps, peu, ou même pas de mains seraient levées. Encore aujourd’hui, une tonne de préjugés influence la manière dont on perçoit notre corps. Il faut être mince, sportif.ve, petite pour les femmes ou bien grand pour les hommes. Lorsque la sexualité s’en mêle, accepter nos différences physiques peut devenir très ardu. Et pourtant on dit que «la beauté réside dans la différence».  

L’image de soi  

Qu’entend-on par image corporelle? Il s’agit de la perception de son corps et d’une composante de l’estime de soi. Elle peut être saine ou malsaine: «Avoir une image corporelle positive, c’est accepter son corps tel qu’il est et se sentir bien avec son apparence physique. Si, au contraire, cette image est négative, la personne est insatisfaite de son corps». (Secrétariat à la condition féminine du Québec, 2017)   

Plusieurs facteurs viennent influencer la construction de notre image corporelle. Des facteurs plus près de nous tels que nos parents et proches, notre poids, nos standards de beauté, etc. Des facteurs sociétaux sont aussi en cause: la publicité pour la minceur, les régimes, les modèles véhiculés dans les médias, la performance. Les difficultés liées à l’image corporelle peuvent toucher chacun d’entre nous. J’ai choisi de m’attarder à certains groupes d’individus qui sont plus particulièrement affectés par les différences corporelles et aux conséquences que cela peut entraîner sur leur image d’eux-mêmes et leur sexualité.  

Différences physiques  

Une vidéo réalisée par les GRICS décrit très bien la réalité vécue par les personnes présentant un problème de poids et leur manière de percevoir la sexualité. La description tirée de la vidéo «Sexualité et Obésité» tirée de la série Maux d’amours explique ceci: «Les obèses sont souvent ridiculisés et méprisés. Loin d’être érotisé, leur corps devient un boulet qui les brime même dans l’acte sexuel. Les femmes, particulièrement, craignent d’être rejetées ou abusées. Elles se servent de leur corps comme d’un bouclier, d’un antidote à l’amour. Mais si elles font une croix sur leur sexualité, elles ne peuvent pas nier leurs émotions.» 

Une autre vidéo de cette même série aborde la sexualité chez les personnes handicapées physiquement. Là encore, l’importance de l’image corporelle pour soi et les autres est une variable importante dans leur sexualité. En plus des problèmes physiques, le fait de se percevoir comme invalide ou d’être infantilisé.e par l’entourage rend difficile pour certain.e.s le fait d’apprécier son corps et de s’épanouir sexuellement.   

D’autres thématiques en lien avec la sexualité sont abordées dans cette docu-série. Cela permet une meilleure ouverture d’esprit et un accueil sans limites des différences physiques et mentales qui peuvent toucher la sexualité de chaque individu.  

Quand la chirurgie s’en mêle 

D’un autre côté, les innovations en termes de chirurgie donnent à certain.e.s la possibilité de modifier leur corps. Il est important de mentionner qu’il s’agit d’un choix individuel, et que l’on soit pour ou contre, plusieurs individus y ont recours.  

Une étude a été réalisée auprès de femmes ayant eu une augmentation mammaire ou une plastie abdominale. À la suite de l’opération, ces femmes ont une meilleure qualité de vie: «[Elles] expriment ce bien-être à travers une meilleure relation à soi et aux autres, elles se sentent plus à l’aise dans leur corps qu’elles mettent davantage en valeur, elles reprennent une activité physique et se sentent plus épanouies et plus féminines.» (Chahraoui et al., 2006) De nouvelles chirurgies permettent également la modification des organes génitaux féminins, telle que la reconstruction du clitoris et du vagin. 

Chez l’homme, la pénoplastie, c’est-à-dire l’allongement ou l’élargissement du pénis, est possible. Selon les auteur.ice.s, les raisons liées à cette chirurgie seraient: «L’insatisfaction de la taille du pénis que ce soit du fait d’une maturation pubertaire insuffisante, la réaction inadéquate d’une femme ou des références pornographiques irréalistes.» (L. JanáčkováBien, 2009) Bien que le fameux mythe longueur = plaisir soit maintenant révolu, certaines idées préconçues semblent persister à ce sujet. Cette chirurgie peut être utilisée pour les personnes ayant des anomalies congénitales ou simplement pour améliorer ce que la nature leur a donné.  

Les chirurgies corporelles peuvent également être utilisées dans le cas d’un changement de sexe chez les individus transgenres. Dans ce cas, on parle d’une chirurgie qui comporte une motivation plus intrinsèque à la personne et non simplement la recherche de l’esthétisme. Un suivi psychologique est nécessaire pour que l’individu s’habitue à son nouveau corps qui est maintenant à l’image du genre auquel il (ou elle) s’identifie. 

S’accepter tel.le qu’on est? 

Plusieurs campagnes ont été réalisées pour promouvoir le corps humain dans toute sa beauté. Peu importe l’apparence du corps, une image corporelle positive réside dans l’acceptation de celui-ci. Bien que les recours chirurgicaux puissent sembler extrêmes, ils sont parfois nécessaires pour améliorer la vie de la personne. Cependant, un travail sur l’estime de soi est nécessaire avant d’entamer un grand changement, car l’image corporelle est étroitement liée à nos perceptions intérieures.  

En plus des problèmes physiques, le fait de se percevoir comme invalide ou d’être infantilisé.e par l’entourage rend difficile d’apprécier son corps et de s’épanouir sexuellement.   

Bien que le fameux mythe longueur = plaisir soit maintenant révolu, certaines idées préconçues semblent persister à ce sujet. 

Peu importe l’apparence du corps, une image corporelle positive réside dans l’acceptation de celui-ci. 

 

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https://cve.grics.ca/fr/2284 

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