Reportage ― Le point de vue de l’UQTR: Le cas des initiations

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Le comité organisateur des Jeux de la communication. Photo: Gracieuseté
Le comité organisateur des Jeux de la communication. Photo: Gracieuseté

Les initiations universitaires semblent être au cœur de l’actualité depuis maintenant quelques semaines. La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a récemment catégorisé les dérapages lors de celles-ci «d’un problème de dimensions nationales». Souvent à caractère sexuel et devenant humiliantes, les intégrations sont sans aucun doute très controversées.

À l’UQTR, il ne semble pas avoir de scandale concernant les intégrations. De bien des façons, l’Université travaille en collaboration avec la campagne de sensibilisation «Sans oui, c’est non!» afin de sensibiliser et d’éduquer les gens à propos d’un problème qui ressort souvent lorsqu’il est question d’intégrations: la notion de consentement. De plus, de nombreuses initiatives sont prises, afin que le tout se passe dans le respect.

L’AGE et le service aux étudiants face aux intégrations

Bien que l’Association Générale des Étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) n’ait pas pris de position spécifique concernant les intégrations universitaires, elle est consciente qu’il y a eu quelques problèmes dans les autres universités et elle est contre toute forme d’abus.

De concert avec le service aux étudiants, l’AGE UQTR organise depuis maintenant quelques années un spectacle de la rentrée. Cette année, le groupe Half Moon Run était la tête d’affiche et le spectacle a attiré environ 5000 personnes. Gratuit pour les étudiants, le spectacle permet une intégration sur le campus, aspirant ainsi à un meilleur contrôle et à éviter certains dérapages.

Les intégrations qui se tiennent au début de l’année se déroulent souvent à l’extérieur du campus. Chacune des associations est indépendante de l’AGE UQTR; elles gèrent elles-mêmes leurs propres intégrations. «Il est possible de gérer ce qui se passe sur le campus, mais si l’intégration a lieu à Sept-Îles ça devient plus difficile. L’université est une microsociété en soi avec les maux de société qu’il peut y avoir, malheureusement» affirme Fred Borel, conseiller à l’exécutif pour l’AGE UQTR. Cependant, les intégrations qui se tiennent sur le campus, dont une partie de celles de l’Association des étudiants en récréologie (ADER), sont bien encadrées. Les demandes de permis doivent toutes passer par le Service aux étudiants. Il est alors plus facile de contrôler ce qui se passe.

Cette année, l’AGE UQTR continuera de collaborer avec la campagne «Sans oui, c’est non!». Lors du spectacle de la rentrée, des publicités sur le consentement ont été diffusées. De plus, en mars, il y aura la semaine «Sans oui, c’est non!» au même nom que la campagne. Durant celle-ci, plusieurs activités et conférences auront lieu, afin de sensibiliser les étudiants au consentement.

Les Jeux de la Communication se feront dans le respect et le professionnalisme

Les Jeux de la communication (JDLC) sont une compétition interuniversitaire regroupant huit universités de l’Est du Canada, durant laquelle près de 300 étudiants s’affrontent dans 13 épreuves liées au domaine des communications.

Avant la compétition, les délégations de chaque université se pratiquent pendant un an et créent des liens les unes avec les autres. Cela laisse parfois place à quelques dérapages, notamment en ce qui concerne les intégrations. Quelques incidents ont eu lieu, mais rarement, voire jamais, à l’UQTR.

L’Université travaille en collaboration avec la campagne de sensibilisation «Sans oui, c’est non!»

Les JDLC de l’UQTR n’organisent pas d’intégrations en tant que telles. «Il s’agit d’une soirée fraternelle dans un chalet. Tout le monde est à la même place et surtout au même niveau. C’est plus dans le sens de créer une cohésion d’équipe» déclare Sarah Trudelle, une des trois chefs de la délégation de l’UQTR. Lors de la soirée, des activités qui permettent de créer des liens sont à l’ordre du jour, mais rien d’humiliant ou de dégradant. Les deux autres chefs (Louis-Philippe Carbonneau et Kate Goulet) et Sarah travaillent fort dans le but de redorer l’image des JDLC, avec comme valeurs le respect et le professionnalisme. Un travail considérable est effectué par le comité organisateur de cette année, afin que les JDLC soient exécutés dans le professionnalisme et qu’il n’y ait pas d’incidents de non-respect.

Cette année, dans toutes les universités, les JDLC travaillent en collaboration avec la campagne «Sans oui, c’est non!». Toutes les universités doivent organiser une forme de sensibilisation en lien avec cette campagne. Dans le cas de l’UQTR, cette collaboration s’est faite lors de la séance d’information durant laquelle les futurs délégués étaient présents. Les trois chefs ont déclaré leur collaboration, tout en mentionnant la mission et les valeurs de la campagne de sensibilisation. Les trois jeunes communicateurs jugent important d’implanter cette vision dès le début, afin que la compétition se fasse dans le respect et le consentement. Le support de cette campagne se poursuivra au courant de l’année, notamment avec plusieurs mentions de celle-ci sur la page Facebook, et la présence de la campagne lors de la tenue des jeux à Sherbrooke.

Groupe d’Actions Femmes

Le Groupe d’Actions Femmes (GAF) existe depuis moins d’un an, mais est déjà très actif. Mis sur place à la suite d’un événement particulier problématique, le GAF vise à enrayer les agressions sexuelles et à prévenir le harcèlement en plus d’être porteur de la campagne «Sans oui, c’est non!». Le groupe compte maintenant une quinzaine de membres.

Pour le groupe, il est important de ne pas seulement encadrer les intégrations. «Certains comportements sont banalisés dans notre culture, et ceci peut avoir des conséquences», affirme Catherine Lemarier-Saulnier, chargée de cours et une des fondatrices du GAF. Selon ce groupe de sensibilisation, il s’agit d’un problème plus complexe que les intégrations uniquement, car elles ne forment qu’une partie de la problématique. Il est alors plus important de conscientiser les gens sur la notion du consentement.

Le GAF travaille actuellement sur un projet de formation de style témoins-actifs. Il vise à former les gens sur la façon d’agir lorsqu’ils sont témoins d’une situation pouvant causer du tort. Le groupe organisera aussi quelques conférences et activités lors de la semaine «Sans oui, c’est non!».

Pour plus d’informations sur la campagne «Sans oui, c’est non!», il est possible de visiter le site web de la campagne : http://www.harcelementsexuel.ca/.

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