L’Osstidtour débarque au 1012: Unis pour le rap de chez nous

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Dans le cadre de la tournée concept l’Osstidtour, les rappeurs Brown, Koriass et Alaclair Ensemble étaient de passage à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le jeudi 24 novembre dernier. Pour l’occasion, les trois performances se sont succédé pour donner plus que la demande du public du local 1012, situé au Pavillon Nérée-Beauchemin.

Célébrer une musique émergente

Pour ouvrir la soirée, c’est la formation Brown, composée entre autres de Snail Kid, du groupe Dead Obies, qui a surpris l’assistance par une introduction très blues et soul. Après avoir entamé quelques notes, Robin Kerr s’est entouré de ses deux fils pour allier leur rap à la fois new school et dancehall aux sonorités reggae de la guitare. Brown donne une autre perspective du rap au Québec, en s’inspirant de ses racines métissées, afin d’offrir un tout riche et diversifié.

Pour poursuivre après leur performance qui venait déjà d’élever le plafond sonore du 1012, Koriass se voyait remettre les pieds à l’UQTR, un peu plus d’un an après son passage au «Show de la rentrée» de 2015. Accompagné de ses trois acolytes musiciens masqués d’un demi-masque de chat, le rappeur de St-Eustache a enchaîné ses populaires titres Pardon, Blacklights et Nulle part, tirés de son dernier album Love Suprême.

Brown donne une autre perspective du rap au Québec, en s’inspirant de ses racines métissées.

Pour plaire à ses plus fidèles auditeurs, le généreux artiste a également offert ses succès comme Montréal-Nord, Enfant de l’asphalte, Supernova et La mort de Manu (Garde ta job). Dans son rap intelligent et articulé, Koriass se permet de se positionner sur des sujets de société parfois délicats, mais crûment dévoilés, qui n’offrent d’autre mesure que de se remettre en question.

Pour clore l’événement, se déclarant comme le «dessert de la soirée», Alaclair Ensemble s’immisçait nonchalamment sur scène. À l’exception de Eman, la formation était complète pour offrir surtout les chansons de leur dernier album, Les Frères Cueilleurs, sorti en septembre dernier. L’«entreprise familiale composée d’une bunch de humble french canadians», comme ils se décrivent sur leur page Bandcamp, ne se limite pas à offrir des chansons toutes aussi originales et humoristiques les unes des autres, mais est une réelle bête de scène. Aux chorégraphies désaccordées, le boys band s’est adonné à une performance électrisante, en finalisant leurs prouesses par quelques pompes au sol.

Trois-Rivières aux prémices du rap

L’Osstidtour est une initiative de Disques 7ième Ciel, qui avait comme idée de rassembler sur scène, comme en 68, «une gang de chums» devant la jeunesse, pour faire l’éloge de la chanson québécoise moderne. C’était une chance de pouvoir accueillir la réalisation d’un spectacle d’une si grande envergure ici, à l’UQTR, mais malheureusement, le public n’était pas pour autant au rendez-vous. C’est d’ailleurs ce qu’a clamé Koriass, lors de son entrée en scène.

De plus, peut-être que de retrouver les trois formations sur scène pour la finale aurait été intéressant pour réellement ressentir l’esprit qu’ils désiraient apporter. Tout de même, dans son ensemble, la qualité du spectacle était bel et bien au rendez-vous, grâce à l’optimisation du nouveau système de son du local 1012.

Pour clore l’événement, se déclarant comme le «dessert de la soirée», Alaclair Ensemble s’immisçait nonchalamment sur scène.

Dans son cas, la scène émergente et marginale doit encore tracer son chemin en Mauricie, bien que la tendance se soit déjà bien répandue et que CFOU 89,1 FM, hôte de l’événement, ne cesse de favoriser cette scène dans ses murs.

L’Osstidtour continue sa tournée partout au Québec jusqu’au 4 février 2017.

Jack Saloon A2018

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