Projections du Festival International du Film sur l’Art (FIFA): Qui sommes-nous?

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Olivier Keimed, auteur de la pièce «Moi, dans les ruines rouges du siècle» qui traite de l’écartèlement identitaire d’un immigrant. Photo: Alicia Lemieux
Olivier Keimed, auteur de la pièce «Moi, dans les ruines rouges du siècle» qui traite de l’écartèlement identitaire d’un immigrant. Photo: Alicia Lemieux

Dans le cadre d’une série de quatre soirées, le Centre culturel Pauline-Julien présentait le 7 février dernier la première projection des films sur l’art tiré du Festival International du Film sur l’Art (FIFA). C’est d’abord le théâtre de création qui a été abordé dans le documentaire Nous autres, les autres de Jean-Claude Coulbois.

Je, tu, il: nous.

La quête identitaire des immigrants au Québec est un sujet qui se fait discret ou qui sort rarement du placard. Les tensions entre les populations issues de l’immigration ne datent pas d’hier et sont même encore plus d’actualité depuis les dernières années. C’est ainsi une vision provenant du regard d’artistes en théâtre de création au cœur de Montréal que propose le documentaire Nous autres, les autres sorti en mai 2016 et réalisé par Jean-Claude Coulbois.

En parcourant diverses œuvres théâtrales en création, on fait la connaissance d’Olivier Kemeid, auteur de la pièce Moi, dans les ruines rouges du siècle relatant l’immigration de Sasha Samar, comédien d’origine Ukrainienne. Cette pièce autobiographie ouvre sur le départ de sa mère lors de son bas âge, ses souvenirs du drame de Tchernobyl et son arrivée au Canada. Il s’agissait pour lui de «se rebâtir dans quelque chose qui s’est effondré.»

Dans le cas de Kemeid et de Mani Soleymanlou, deux auteurs québécois d’origine, pour l’un, égyptienne, et l’autre, iranienne, leur rapport avec les autres se trouve à être tout altéré en raison de leurs caractéristiques physiques et leur nom de famille. Malgré leur accent bien québécois et leurs habitudes de vie adaptées à la culture nord-américaine, le regard des autres reste omniprésent et témoigne de la nécessité, pour certains, d’associer une identité définie à ceux qui ne leur ressemblent pas. «À Paris, j’étais un Iranien. À Toronto, j’étais pendant quelque temps un Français et Iranien et ensuite Canadien. I was supposed to be Canadien. À Montréal, je suis un Arabe-Iranien-Montréalais qui a vécu en France et à Ottawa et aujourd’hui on me dit: “Mon gars, t’es Québécois!“» Extrait issu de la pièce Un de Soleymanlou.

Discussion

À la fin de la projection, Renée Houle, comédienne et auteure dramatique trifluvienne, était l’invitée venue alimenter la discussion avec les artisans. Ses premières réflexions étaient de souligner que, d’abord, le contexte montréalais à l’égard de l’immigration n’est pas le même qu’en région. La diversité ethnique est souvent moins importante ici même à Trois-Rivières qu’à Montréal. De plus, elle sentait que le documentaire décrivait les «Québécois de souche» comme des racistes. Entre les discussions, le fait était d’établir qu’il est peut-être vrai qu’il y a encore du racisme non volontaire. Personne ne veut s’afficher ainsi et ne se reconnaît pas dans cette définition, mais il y a encore beaucoup de réticences vis-à-vis le métissage des cultures.

Outre la quête identitaire en mutation, naturellement, les discussions ont mené à la place qu’occupe le théâtre de création au Québec. L’invitée de la soirée déplorait le manque de ce type de théâtre à Trois-Rivières et dans d’autres régions. Montréal regroupe en grande partie les auteurs dramatiques, les metteurs en scène et les comédiens professionnels. La ville peut se permettre la création de nouvelles œuvres d’actualité. Cependant, peu de ses pièces voyagent et se retrouvent en tournée.

Il faut prendre en considération, d’après ce qui est dit, que le contexte actuel du théâtre au Québec est en saturation. Il semble y avoir trop de compagnies de théâtre pour une demande en baisse. De plus, les subventions insuffisantes pour répondre à l’ensemble des projets déposés.

Les échanges et la qualité de la projection présentée ont fait de cette soirée un évènement singulier qui vaut la peine d’être découvert.

Jack Saloon A2018

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