REPORTAGE: Dopage — Fiers d’être propres

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Combien de vies d’athlètes, de leurs entourages et de leurs équipes sont troublées chaque année par un scandale de dopage? Bien que ces cas soient difficilement dénombrables, le compteur de l’UQTR est on ne peut plus éloquent et affiche un fier zéro. Un regard sur la culture antidopage chez les Patriotes.

De prime abord, il faut considérer que les principaux concernés, les étudiants-athlètes eux-mêmes, n’ont que faire du dopage. Bien que leurs arguments varient, ils arrivent tous à la même conclusion: le dopage n’a pas sa place dans le sport. «Ça peut être un moyen à court ou moyen terme de gagner, mais à quel prix?», se demande Simon Savard, le capitaine de l’équipe de badminton. «Il y a trop d’études qui démontrent les effets nocifs du dopage». Maude Poulin, de l’équipe de soccer féminin, rajoute: «Ce n’est pas sain ni équitable.»

En effet, outre les dangers pour la santé physique, la consommation de produits dopants tient un lourd poids moral: «C’est tout simplement de la TRICHERIE», dénonce Gabriel Gianetto, de la formation de cheerleading. Félix Bouchard, de l’équipe de soccer masculin, va au-delà la malhonnêteté envers les autres et soulève plutôt celle que cela entraîne envers soi-même: «Le sport est une façon de se surpasser en s’entraînant au maximum à chaque fois. Le dopage va directement à l’encontre de cette vision».

C’est donc la détermination qui doit prôner dans le sport, et c’est le cas chez les Patriotes. Pierre Clermont, ancien entraîneur et maintenant coordonnateur du programme, en témoigne: «Cela fait plus de 20 ans que je suis avec les Patriotes et aucun cas n’a été décelé depuis mon arrivée en 1992.»

Il faut mentionner que les Patriotes sont assez bien encadrés à ce niveau. En début d’année, les étudiants-athlètes doivent passer un cours en ligne du Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) sur le dopage afin de se voir accorder le droit de participer aux activités de son équipe. S’il échoue ou refuse de le faire, il ne peut tout simplement pas prendre part à la saison.

Monsieur Clermont soulève également le point du dopage «accidentel». De nombreuses substances interdites pourraient se retrouver en petites quantités dans certains suppléments d’apparence réglementaire. Grâce au CCES, les étudiants-athlètes peuvent faire une demande d’information sur n’importe lequel de ces produits et être assurés en quelques jours que le produit qu’ils veulent consommer est libre de produits dopants (ou au contraire, se voir annoncer que le produit n’est pas autorisé).

Toujours dans l’optique d’éviter le dopage indirect, les Patriotes peuvent compter sur l’active participation de leur thérapeute du sport, Étienne Fallu, pour surveiller leurs arrières advenant le cas où ils tombent malades. Ce dernier contre-vérifie les prescriptions que les athlètes obtiennent de leur médecin et, advenant qu’un produit problématique fasse partie de sa composition chimique, fait remplir un formulaire au dit médecin afin que cela soit clairement mentionné.

«Je suis déçu de voir que nous n’avons jamais été testés.» — Gabriel Gianetto

Les tests en tant que tels, cependant, sont peu fréquents. Trop peu, dans certains sports, selon Gabriel Gianetto, qui dénonce de façon incendiaire cette inaction: «Dans le sport d’élite, autant au collégial qu’au niveau universitaire, tous les sports devraient être testés en début, milieu et fin de saison ainsi que pendant la saison morte. Pour ce qui est du cheerleading, je suis déçu de voir que nous n’avons jamais été testés. Je crois que le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) devrait se pencher sur la question et tester tous les sports d’élite (collégial et universitaire), voire même le sport scolaire (secondaire), car il se peut très bien que le dopage commence plus tôt qu’on ne le pense… Il est temps d’agir avant qu’il soit trop tard».

Pierre Clermont, quant à lui, ne considère pas qu’il y ait de problème et croit que le tout est très bien géré, avec des tests plus rares, mais inopinés puisque «ce sont des tests qui coûtent très cher». Pour lui, le simple fait de démontrer qu’il y a possibilité de se faire prendre à n’importe quel moment est suffisant. Il compare avec la présence des policiers aux panneaux d’arrêt sur la route: «S’il n’y en avait jamais, personne ne s’arrêterait. Mais parfois il y en a et tout le monde s’arrête». Pas besoin d’avoir un policier à chaque coin de rue, personne ne veut prendre la chance d’être celui qui commet une infraction au mauvais moment.

«Si un étudiant-athlète se dope, quelque chose l’a amené à cette décision.» — Pierre Clermont, coordonnateur des Patriotes

Marc-Étienne Hubert, entraîneur des Patriotes en hockey, est lui aussi satisfait des mesures employées. «On a des tests chaque année où la ligue nous envoie une personne sans avertissement». Les appels viennent en effet très peu de temps avant une activité, lorsqu’appel il y a, et on exige de voir certains joueurs.

Hubert poursuit: «S’il y avait un cas dans l’équipe, c’est sûr qu’on réglerait la situation à l’interne tout en se pliant aux sanctions de la ligue». Car même si un joueur est suspendu pour dopage, le problème ne s’arrête pas là. En réalité, le dopage n’est que la pointe de l’iceberg, selon Pierre Clermont: «Si un étudiant-athlète se dope, c’est qu’il y a un problème sous-jacent qui l’a amené vers cette décision». Clermont met l’accent sur ce point et soutient de tout cœur que l’organisation des Patriotes saura supporter l’athlète afin de le ramener dans le droit chemin et, s’il le veut bien, poursuivre une carrière propre avec les Patriotes.

Jack Saloon A2018

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