Théâtre des Gens de la Place: Un théâtre drôlement malade

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Toc Toc, pièce écrite initialement par Laurent Baffie, a été adaptée pour le Théâtre des gens de la place par Marie-Claude Brasseur. Photo: Lauréanne Daneau
Toc Toc, pièce écrite initialement par Laurent Baffie, a été adaptée pour le Théâtre des gens de la place par Marie-Claude Brasseur. Photo: Lauréanne Daneau

La dernière proposition du Théâtre des gens de la place est ambivalente. La troupe a présenté la pièce Toc Toc de Laurent Baffie à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. La première mise en scène de Marie-Claude Brasseur est simple et évolue dans une scénographie sobre et efficace. Malgré l’aspect caricatural, les comédiens ont livré une prestation de qualité.

Six patients se présentent à un rendez-vous chez un médecin à la réputation grandiloquente. À tour de rôle, ils prennent place dans la salle d’attente en espérant une rencontre qui ne viendra pas, le docteur étant malencontreusement coincé dans les transports. Peu à peu, les personnages se livrent les uns aux autres, en confiant leurs troubles obsessionnels compulsifs. Le rendez-vous manqué deviendra vite une thérapie de groupe, où chacun tente de lutter contre son trouble.

Le rythme du spectacle peine un peu à embrayer, mais le ton est donné alors que la pièce s’ouvre avec le crédible Alain Lemire. Il incarne un septuagénaire atteint du syndrome de Gilles de La Tourette. Bien que ses premières interventions fassent rire, l’accumulation de grossièretés alourdit la représentation en devenant prévisible et agaçante. Le comédien a toutefois construit un personnage fort attachant et a su relever le défi de la constance, étant présent sur scène tout au long de la pièce.

Les comédiens ont réussi à intégrer des manies qui leur collent bien et malgré quelques accrochages au passage, une constante dans la prestation est maintenue tout au long du spectacle.

En général, les personnages présentés sont intéressants. Les comédiens ont réussi à intégrer des manies qui leur collent bien et malgré quelques accrochages au passage, une constante dans la prestation est maintenue tout au long du spectacle. La direction caricaturale n’adhère malheureusement pas avec la suggestion touchante et émotive avancée par la metteure en scène dans le programme.

Michèle Leblanc arrive à attendrir avec son personnage atteint d’écholalie, soit la répétition systématique à deux reprise de la même chose. Chacune de ses répliques était donc répétée, mais son allure candide et la tonalité de sa voix fonctionnaient à merveille. Le travail de Guy Baillargeon permet de cimenter la production et ajoute du rythme à la représentation avec son personnage souffrant d’arithmomanie, soit l’obsession de constamment résoudre des problèmes mathématiques.

Que ce soit par le syndrome de Gilles de la Tourette ou le besoin compulsif de résoudre des problèmes mathématiques, les comédiens ont livré avec talent des personnages atteints d’un trouble leur étant propre à chacun. Photo: Lauréanne Daneau
Que ce soit par le syndrome de Gilles de la Tourette ou le besoin compulsif de résoudre des problèmes mathématiques, les comédiens ont livré avec talent des personnages atteints d’un trouble leur étant propre à chacun. Photo: Lauréanne Daneau

Comme l’entièreté de la pièce se déroule en un seul endroit à la manière d’un huis clos et que les comédiens sont dans l’espace de jeu pendant près de deux heures, les défis étaient nombreux. Malgré un rythme en dents de scie, l’ensemble de la production arrive à soutenir une énergie agréable qui dynamise le texte un peu tombant.

Les allures physiques et les gestuelles sont agréablement dosées et permettent à des éléments comiques de poindre.

Les acteurs, qui ont somme toute un sens de la comédie, évoluent dans un décor simple, mais efficace.  La composition scénographique permet de mettre en valeur le travail de composition auquel les comédiens ont dû se livrer afin d’offrir des personnages caricaturaux certes, mais tout de même dotés d’une crédibilité. Les allures physiques et les gestuelles sont agréablement dosées et permettent à des éléments comiques de poindre.

La prochaine production de la troupe sera présentée en mars prochain, alors qu’une brochette d’auteurs de la région ont écrit des contes inédits pour une série de comédiennes.

Jack Saloon A2018

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