Un outil pour les champignons sauvages: Du labo à votre assiette

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Danny Bisson, président de Progigraph et Hugo Germain, professeur au Département de chimie, biochimie et physique. Derrière: Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie, Geneviève Laperrière, étudiante au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire et Sébastien Charles, doyen de la recherche et de la création. Photo: UQTR
Danny Bisson, président de Progigraph et Hugo Germain, professeur au Département de chimie, biochimie et physique. Derrière: Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie, Geneviève Laperrière, étudiante au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire et Sébastien Charles, doyen de la recherche et de la création. Photo: UQTR

Le 20 septembre dernier se tenait au Pavillon de la santé de l’UQTR une conférence de presse réunissant Hugo Germain, directeur de recherche en biologie végétale de l’UQTR; Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie et Danny Bisson, président de Progigraph. Ces derniers s’impliquent dans un projet commun: la mise sur pied d’un processus d’identification des champignons.

Ce projet est innovateur. Présentement au Québec, il est possible de détecter, sur un territoire donné, une multitude de données sur la faune et la flore. Toutefois, il s’avère plutôt difficile d’identifier les champignons. Comme l’a expliqué lors de la conférence le professeur Germain, la première étape du projet consiste à retracer ce qu’on peut appeler le code-barre du champignon, soit son ADN. La deuxième étape doit servir à exploiter la géomatique, c’est-à-dire le traitement des informations géographiques reliées au végétal.

Selon monsieur Germain, connaître davantage les champignons s’avère très pratique pour les agences d’inspection alimentaire, comme l’Agence canadienne des aliments ou encore le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui disposeront désormais d’une base de données accessible. Autre exemple pratique reliée à la consommation quotidienne d’aliments: il sera plus facile de connaître la composition des aliments dits transformés, comme celles des boîtes de soupes en conserve. Mieux connaître les champignons, c’est diminuer la crainte envers celles-ci, selon le professeur.

Monsieur Bisson est quant à lui un pilier sur le plan des technologies de l’information. Progigraph, fondée en 1986 et basée à Val-D’Or, est la première entreprise au Québec à concevoir des cartes de potentiel, soit des cartes géographiques mettant en relief une caractéristique particulière d’un territoire. Un tel outil s’avère utile dans le but de mieux cibler les endroits où se trouve une ressource particulière. La compagnie, depuis 30 ans, a accumulé des informations sur plus 33 000 éléments, dont les champignons ne font pas partie. Ce qui explique l’intérêt de la compagnie à collaborer avec monsieur Germain. Pour le créateur de Progigraph, l’expertise de l’UQTR est très bénéfique pour diffuser de nouvelles informations à un plus grand nombre possible de gens.

L’implication de la Filière mycologique de la Mauricie dans le projet est bénéfique afin de développer le volet récréotouristique basé sur les champignons. Le coordonnateur de la Filière, Patrick Lupien, voit chez ces eucaryotes des agents de développement touristique pour la Mauricie. En connaissant davantage les champignons, il sera plus facile notamment d’établir une expertise gastronomique pour les restaurants et de mettre sur pied des activités plein air comme la cueillette.

Le champignon est un végétal fort méconnu, mais qui a beaucoup de potentiel.

Geneviève Laperrière, doctorante en biologie cellulaire et moléculaire, est impliquée dans ce partenariat par le biais de ses recherches. L’étudiante de l’UQTR fait de son champ d’expertise la détection moléculaire des champignons à partir d’échantillons de sols forestiers. La jeune chercheuse a déjà même fait un voyage en France afin de vivre une expérience de terrain reliée à ses recherches !

Le projet multisectoriel bénéficie du support financier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (aide de 52 176$ sur trois ans) et de Biopterre – Centre de développement des bioproduits, relié au Cégep de La Pocatière et à l’Institut de technologie agroalimentaire. Ce dernier fournit des échantillons de champignons.

Avec un tel projet, l’UQTR peut donc prouver qu’il est possible que la recherche puisse mener par la suite à des applications concrètes touchant la vie quotidienne des gens.

Jack Saloon A2018

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