Vernissage au centre de diffusion Presse Papier: L’atelier comme fourmilière

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La série d’estampes s’organise dans un agencement harmonieux. Photo: M.-C. Perras
La série d’estampes s’organise dans un agencement harmonieux. Photo: M.-C. Perras

Le duo montréalais HoarKor propose des œuvres multidisciplinaires dans le centre de diffusion de l’Atelier Presse Papier. La sérigraphie occupe une place importante de l’exposition, mais la présence de peintures et d’objets quotidiens vient offrir une avenue différente à cet atelier spécialisé dans l’estampe en tout genre. Le vernissage du 27 octobre dernier a rassemblé des dizaines de personnes, remplissant ainsi la petite salle d’exposition.

Clarence Quirion Nolin et Shawn Davis se sont rencontrés dans la chaleur des fourneaux d’une cuisine de restaurant. Œuvrant dans l’art de rue illicite, les deux compères ont rapidement mis en commun leurs efforts. Ils ont fusionné leurs noms de graffiteurs pour nommer leur duo. L’aspect de grande envergure rattaché à l’art de rue demeure une problématique active au sein de HoarKor.

L’aspect de grande envergure rattaché à l’art de rue demeure une problématique active au sein de HoarKor.

Leur réalité d’artisans de la restauration leur confère une dimension de durs travailleurs. En plus d’égrainer les heures dans un boulot difficile de cuisine, les deux artistes optent pour des projets audacieux en matière de grandeur et de difficulté. C’est ce qui a donné lieu à la présence de la fourmi dans l’actuelle exposition. Ils s’identifient à cet insecte pour son labeur incessant. Près d’une centaine de fourmis surdimensionnées ont été estampées directement sur le mur, à l’aide de pochoirs à sérigraphie.

Les fourmis sont aussi présentes dans les quatre sérigraphies encadrées qui occupent un autre pan de mur de l’espace galerie. Le traitement pop, qui rappelle certaines publicités des années 50, favorise une narration bédéiste des quatre images ensemble. Bien que chacune des œuvres soit autonome, la série s’agence agréablement, autant par les couleurs que par les objets illustrés.

Clarence Quirion Nolin et Shawn Davis présentent une anamorphose composée d’objets significatifs. Photo: M.-C. Perras
Clarence Quirion Nolin et Shawn Davis présentent une anamorphose composée d’objets significatifs. Photo: M.-C. Perras

HoarKor offre aussi une anamorphose formée à partir d’objets du quotidien. L’anamorphose est un procédé qui fait en sorte que l’œuvre n’est véritablement visible que d’un angle de vue précis. Dans l’espace galerie, un tapis rectangulaire indique au public où poser ses pieds pour pourvoir observer l’œuvre en entier. Cette anamorphose, réalisée avec de la peinture bleu poudre et rose, représente un tamanoir au centre d’une étoile à huit pointes, elle-même entourée d’une cible.

Si l’on s’approche de l’œuvre, l’image se distord et révèle des objets disparates. Tous significatifs pour les deux artistes, les objets révèlent des morceaux de leur vie. Il est possible de distinguer une sciotte antique, une égoïne et un casque de construction, qui se rapportent directement au travail manuel des deux compagnons. Les bombonnes aérosol affirment leurs origines de graffiteurs, et les nombreux cadres indiquent leur appartenance au circuit conventionnel des arts.

Les trois parties de l’exposition se fondent les unes aux autres dans une douce harmonie.

Les trois parties de l’exposition se fondent les unes aux autres dans une douce harmonie. Les rappels de formes, de couleurs et d’objets sont un atout et uniformisent les différents médiums et techniques. Ce travail à plus petite échelle rend bien hommage aux artistes de grande échelle qu’ils sont souvent. Le travail de muraliste est ici fort bien adapté à l’intérieur du petit espace de diffusion.

Pour un aperçu de leurs œuvres tant extérieures qu’intérieures, il est possible de visiter leur page Facebook ou leur compte Instagram.

Jack Saloon A2018

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