
Ce jeudi 12 février, au Repère des mauvaises langues, avait lieu une soirée de courts métrages organisée par le groupe « Citoyen·ne·s du monde et de chez nous » du Comité de Solidarité/Trois-Rivières. L’objectif de la soirée était clair : mettre en lumière les différentes luttes sociales, d’ici comme d’ailleurs. À travers une série de court métrages, les organisateurs souhaitaient créer un espace pour réfléchir, échanger et découvrir des récits engagés. Des histoires qui parlent de racisme, d’injustices, de résistance. Des films courts, mais porteurs de messages forts.
Un projet porté par des jeunes engagés
Le groupe « Citoyen·ne·s du monde et de chez nous » est un projet financé par le gouvernement du Canada dans le cadre de Service Jeunesse Canada. Il est encadré par le Comité de Solidarité/Trois-Rivières. Leur but : permettre aux jeunes de se faire entendre. Le projet mise sur l’engagement citoyen, ici et ailleurs. Les participant·e·s se forment sur des enjeux sociaux, locaux et internationaux et organisent des actions en conséquence. Ils participent à des événements comme les Journées québécoises de la solidarité internationale. Le Comité de solidarité s’occupe aussi du volet Réconcili’Art, un espace de création interculturelle entre Autochtones et non-Autochtones. L’art devient alors un pont, un moyen de dialoguer et de comprendre l’autre. C’est un projet qui donne des outils et surtout, une voix.
Des images pour dénoncer
La soirée de courts métrages avait justement pour but de mettre en lumière différentes luttes sociales. Sept projections ont été présentées. « Nid d’oiseau » de Nadia Louis-Desmarchais, qui abordait le racisme. « Mobiliser » de Caroline Monnet qui explorait, à travers des images d’archives, la tension entre les modes de vie traditionnels et modernes des Premières Nations. « Fantas » de Halima Elkhatabi traitant du racisme systémique. « Después del silencio » de Matilde-Luna Perotti abordait la violence sexuelle. « Sacrifiée » de David Sanchez qui suivait l’engagement social et environnemental d’une jeune fille, notamment par la désobéissance civile. « Ibuka » de Justice Rutikara revenait sur le génocide au Rwanda et la migration. Puis « Bail bail »de Sandrine Brodeur-Desrosiers proposait un regard éclaté sur la crise du logement, entre humour, violence et esthétique western kung-fu.
Le choix des courts métrages était particulièrement pertinent, puisque chaque film apportait un regard novateur, mais cohérent avec la thématique de la soirée. Les messages, parfois subtils, invitaient à la réflexion. Ils n’étaient pas toujours criés. Souvent, ils étaient suggérés. Une image. Un silence. Un regard. Et le message passe. C’est là que le cinéma devient puissant. Il permet d’aborder des sujets lourds avec nuance. Par l’humour parfois. Par l’écriture. En quelques minutes seulement, une réalité se dévoile. C’est là toute la force du court métrage : peu de temps, mais un impact bien réel.
Briser le silence par le cinéma
Avant l’entracte, nous avons aussi eu la chance d’échanger avec la réalisatrice Matilde-Luna Perotti, présente pour son court métrage « Después del silencio », tiré de son histoire. Elle a confié que son premier réflexe avait été le silence. Parler d’autre chose. Puis la colère est arrivée. Elle a compris qu’elle restait enfermée dans un rôle imposé. Alors elle a décidé de prendre la parole. Elle a évoqué la peur de blesser, de déranger. Mais pour elle, le problème dépasse l’individuel : il est systémique, patriarcal. Son film montre ces mécanismes qui maintiennent les victimes dans la honte et le silence. Elle a rappelé une idée forte : « la honte doit changer de camp ». Prendre la parole est déjà un acte puissant, même sans réconciliation, même sans réponse idéale. Son court métrage ouvre un dialogue que ce soit dans les festivals et dans les salles comme celle-ci. Et peut-être aussi à l’intérieur de chaque personne qui écoute. Elle souhaite que d’autres trouvent la force de se défaire de la honte. Parce que, comme elle l’a dit, ce ne sont pas les victimes qui devraient la porter.
Ces soirées ne changent pas le monde en une nuit. Mais elles ouvrent les yeux. Parfois, deux heures de notre temps suffisent pour comprendre autrement. Pour réfléchir. Pour avoir envie d’en parler autour de nous.
Le Comité de Solidarité/Trois-Rivières organise régulièrement ce genre d’événements : soirées de courts métrages, soirées quiz, et autres activités. Derrière chaque initiative, il y a toujours un message à faire passer. Ce sont des moments pour écouter, réfléchir et parfois prendre la parole tout en s’amusant. Pour rester à l’affût des prochaines activités, je vous invite à consulter leur page Facebook ou leur site internet.





