Anthropologie moderne: Histoire de love

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Ahhh l’amour… Maitre des papillons dans le ventre, des genoux qui flanchent et des petits sourires qui trahissent en lisant son message texte.

Si vous voulez mon avis, il n’y a rien de plus malsain que l’amour. Si la Troisième Guerre mondiale venait à éclater, je suis convaincue que nous n’aurions qu’à faire tomber les pays adverses amoureux fou de nous pour être surs de nous assurer la victoire… et de remporter une ou deux murailles en bonus!

Je vous entends déjà me traiter de fille frustrée, de mal baisée ou de sable dans la ***. Je ne suis pas contre l’amour. Laissez-moi vous expliquer mon point de vue. Selon moi, bien qu’il soit notre raison de vivre, il n’y a rien qui puisse rendre un être humain plus vulnérable que l’amour. C’est simple, quand on aime, on traite moins l’information… en d’autres mots, on devient con.

La preuve: qui n’a jamais eu envie de foutre une baffe à une de ses amies qui sortait avec le pire des loosers que la terre ait eu la chance de porter, parce qu’à chaque fois que vous avanciez un argument, les seuls mots qui sortaient de sa bouche étaient: «Oui mais je l’aimmmmmeeeee!» Ce n’est que dans notre monde qu’on puisse recevoir une rétroaction de la sorte à partir d’une phrase telle: «Tu serais mieux sans lui, il te ment, te manipule et il t’a même trompée avec sa propre cousine». On devient con.

L’amour est probablement une des pires autoflagellations qu’un être humain puisse s’infliger. En fait, ce n’est pas l’amour le problème, c’est plutôt l’espèce de dépendance qui se crée entre deux personnes. Ça fait en sorte qu’on est prêt à pardonner n’importe quelle niaiserie juste par peur que l’autre s’en aille.

Et là, je ne parle pas de petites histoires de fesses, messieurs! Non non, ça n’a rien à voir avec les amis with benefits, les fuck friends ou les fameux «plan cul», qu’ils soient réguliers ou non. Non, je parle du Love, celui avec un grand «L», qui se prononce avec un faux accent anglo-saxon typiquement 4-5-0. L’amour comme on le voit dans les pubs de Tim Hortons, le vrai!

Bien sûr, il y a des histoires d’amour qui fonctionnent magiquement bien. Des histoires dans lesquelles les deux personnes sont épanouies, se font mutuellement confiance et communiquent comme des pros. Et à tous ceux-là, je leur lève mon chapeau, car c’est un travail ardu en tant qu’être humain (particulièrement en 2013) de partager sa vie sainement avec quelqu’un d’autre.

Je crois qu’une partie du problème provient des maudits films de filles qu’on écoute religieusement depuis des années. Peut-être même que le problème vient d’encore plus loin, dans les films de ce cher Monsieur Disney par exemple (ce wannabe distributeur de rêves). Regardez ses princes charmants: un qui affronte un dragon pour sauver sa douce, l’autre qui parcourt la ville entière afin de retrouver celle qui a perdu sa pantoufle de verre, un autre qui amène sa copine faire une ride de tapis volant en plein milieu de la nuit… Pfff, n’importe quoi!

Et ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et gagnèrent chacun une voiture, un condominium de luxe et un crédit voyage avec Air Transat.

Dans la vraie vie, un gars ça chiale quand tu l’amènes magasiner, ça pète dans ta tasse à café (petite craque pour mon coloc) et ça ne baisse jamais le putain de siège de toilette… De vrais héros, quoi!

Mais je ne veux pas faire leur procès. Non, au contraire, je crois que les films font de la fausse représentation. Ils devraient les présenter tel qu’ils le sont… Dégoutants et immatures, je l’accorde, mais aussi drôles, sécurisants et protecteurs.

Les films devraient arrêter de faire croire aux jeunes filles qu’un bon gars est un gars qui doit être prêt à faire l’impossible pour elle, un gars qui devra être à ses pieds et qu’elle pourra mener par le bout du nez. Ils devraient arrêter de leur faire croire qu’une histoire d’amour est le résultat d’énormes sacrifices mutuels pour prouver à quel point on aime l’autre.

Les petites filles devraient plutôt comprendre que le but n’est pas de ne faire qu’un, mais plutôt d’arriver à faire une bonne paire. De respecter l’autre dans son entièreté et de d’abord se respecter soi-même.

Combien d’histoires n’existent que par dépendance en ce moment? Qui n’a jamais négligé des amitiés, perdu des soirées à angoisser, dit «non» à des projets trippants pour une histoire de love?

Si les films voulaient vraiment montrer ce qu’est l’amour aux petites puces qui écoutent leurs conneries en boucle, Monsieur Disney et tous les producteurs de films quétaines devraient foutre leurs princes charmants aux poubelles et mettre en scène de vrais gars… De vrais princes, des princes-presque-charmants, et des princesses beaucoup moins… princesses!

Et ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et gagnèrent chacun une voiture, un condominium de luxe et un crédit voyage avec Air Transat.

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