Anthropologie moderne : Le culte du corps humain

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Qui n’a jamais rêvé d’avoir une shape d’enfer, un corps de dieu, bref, el’ body?

Ce matin, le gym pullule de belles résolutions 2013. Il y a des nouveaux visages partout, des petits outfits de sport tout neufs dans tous les coins, du mou qui ne demande qu’à se raffermir. Une douce odeur de détermination passagère flotte dans l’air.

Les motivations sont multiples : remise en forme après 20 ans de sédentarité, acquisition de masse pour contrer le célibat, préparation à un prochain marathon ou tout simplement le vague espoir de rentrer dans son bikini en juin prochain.

Mais d’où vient cette obsession de vouloir modifier son corps?

Qu’on le veuille ou non, le corps humain est soumis à une certaine mode (je ne parle pas ici d’une mode vestimentaire qui, à elle seule, couvrirait un autre dossier, mais bien de la mode du corps physique). Cette mode est souvent véhiculée par des figures d’autorité : il s’agit surtout de nos vedettes chéries. Elles sont toutes plus belles les unes que les autres, et on aimerait tous leur ressembler.

Tout le monde y est soumis. Les hommes doivent être musclés juste à point : ni trop maigres (pour ne pas paraître faibles) et ni trop gros (pour ne pas avoir l’air des fameux douchebags qui ont été tendance un bon deux mois quelque part entre 2010 et 2011). Les femmes, pour leur part, ont droit aux bonnes courbes… le problème est qu’elles doivent être aux bonnes places.

Pour le reste, c’est comme pour le yogourt, c’est-à-dire le moins de matière grasse possible : pas de culotte de cheval, pas de poignées d’amour, pas de tire, pas de cellulite, mais quelque chose qui se rapproche le plus possible du DD. Ça rend la chose assez difficile. De plus, il faut être jeune…! Alors, à moins d’avoir été gâtée par la nature, d’avoir une confiance en soi immuable ou d’avoir découvert la fontaine de jouvence, on ne s’en sort pas sans abonnement au bronzage Laguna, régime protéiné, pose de cils, d’ongles, de rallonges, chirurgie plastique et/ou crèmes de toutes sortes.

Le culte du corps humain ne date pas d’hier. Si on remonte un peu dans l’histoire de l’humanité, on remarque que dans le temps de l’Antiquité grecque, la grande tendance était de sculpter, dans le marbre ou le plâtre, le corps nu sous toutes ses formes pour démontrer sa grande beauté. Au Moyen Âge, chaque roi faisait faire des centaines de portraits à son effigie. Les études rapportent qu’ils soudoyaient les peintres pour que ceux-ci modifient leur image afin de diminuer leurs défauts physiques ou de transmettre une image particulière d’eux à la population (souvent, la force, la virilité, le pouvoir). En fait, ça n’a pas vraiment changé aujourd’hui. Au lieu de se sculpter dans le marbre, on se prend en photo en chest dans nos miroirs, au lieu de trafiquer nos portraits en donnant des pots de vin aux artistes, on photoshope nos photos de profil…  Vive l’évolution!

On accorde beaucoup d’importance à notre physique, et on aime le montrer en plus! Bien sûr, tout le monde n’en fait pas une obsession, mais l’Homme a un petit côté narcissique. C’est dur de se l’avouer, mais on n’a qu’à regarder les nombreux albums « Été 2010 » ou « Punta Cana 2012 » qui figurent sur Facebook pour le constater. Il faut avouer qu’on commence toujours par ces albums lorsqu’on espionne le profil de quelqu’un! Bien souvent, surtout pour les filles, c’est pour se comparer.

C’est bien simple, l’être humain ne sait que comparer! Un bain tiède va nous sembler bouillant si l’on se trempe les orteils dans l’eau glacée avant, et glaciale si l’on se trempe les orteils dans l’eau chaude avant. C’est la même chose pour les perceptions visuelles : une fille de 140 livres paraîtra grosse à côté d’une mannequin de Victoria’s Secret, mais toute petite à côté d’une adepte du Wendy’s.

Petit fait intéressant, lorsque l’on demande à quelqu’un son genre d’homme ou de femme, presque instinctivement, la personne va répondre par des traits physiques : un grand brun, une belle blonde, etc. L’être humain est superficiel. Je crois qu’on peut expliquer ça par le fait que notre esprit est paresseux. On catégorise les gens d’après leurs caractéristiques physiques. Il est impensable d’apprendre à connaitre tout le monde, c’est pourquoi notre cerveau prend des raccourcis et classe les gens rapidement dans des catégories grossièrement établies. Comme l’Homme est un être social, on doit donc séduire constamment les gens qui nous entourent pour être accepté des autres et on doit d’abord le faire avec notre physique.

Je crois que le marketing a bien saisi tout ça. Continuons de nous comparer, de dépenser pour un blanchiment des dents à 300$, d’accumuler les régimes miracles, de surveiller tout ce qu’on mange et de vivre dans le complexe. Après tout, il faut faire rouler l’économie!

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