Arts visuels : ATSA, dénoncer par l’art

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Pierre Allard et Annie Roy ont fondé ATSA dans le but de mélanger l’art aux causes sociales qui leur tiennent à cœur. Photo: Marie-Ève Bérubé
Pierre Allard et Annie Roy ont fondé ATSA dans le but de mélanger l’art aux causes sociales qui leur tiennent à cœur. Photo: Marie-Ève Bérubé

Jusqu’au 20 octobre prochain, le Centre d’exposition Raymond-Lasnier présente l’exposition ATSA: 10 ans d’urgence qui aborde plusieurs causes sociales, particulièrement celle des sans-abris.

ATSA est un organisme bien connu dans la région de Montréal. L’Action terroriste socialement acceptable a été fondée par Pierre Allard et Annie Roy en 1998. Le tout a commencé avec l’initiative d’une «Banque à bas», soit un distributeur de vêtements chauds aménagé dans une installation artistique. L’œuvre a été laissée devant le Musée d’art contemporain de Montréal sans la permission de la Ville, ce qui a créé un grand tollé médiatique. ATSA est ainsi née en ayant dans l’idée de provoquer, tout en passant son message par l’art.

Par la suite, c’est à travers des «manifestivals» que l’organisme a continué sa mission. De 1998 à 2010, il a tenu l’évènement État d’urgence dans différents parcs de Montréal où il invitait la population, le temps d’une fin de semaine, à vivre dans un campement, question de montrer les conditions que l’on retrouvait dans les camps de réfugiés. Assez rapidement, les membres de l’organisme se sont rendu compte que beaucoup de sans-abris venaient passer la fin de semaine dans leur campement de fortune. Cela leur a donné une nouvelle mission: aider les itinérants en les incluant pendant une fin de semaine dans une vie dynamique.

Durant ce «manifestival», plusieurs évènements étaient proposés: coupe de cheveux, couture de sac à dos, créations d’abris temporaires, spectacles et plusieurs productions artistiques. Ce sont justement ces différentes créations artistiques que l’on retrouve au Centre d’exposition Raymond-Lasnier. L’art étant un des piliers de l’organisme, les organisateurs trouvaient important qu’à chaque année, différents artistes soient présents pour utiliser le campement pour sujet.

L’itinérance comme muse

L’exposition ATSA: 10 ans d’urgence présente le fruit de toutes ces années d’évènements. Photographies, collages, installations et peintures montrent les différentes initiatives amenées par les artistes. Il faut d’ailleurs mentionner que certains artistes ont agi comme mentor pour des itinérants ou pour des gens habitant dans des centres de réhabilitation. Ainsi, quelques œuvres présentées ont été produites par des participants aux festivals, et non pas seulement par des artistes professionnels.

Loin d’être une exposition conventionnelle, ATSA: 10 ans d’urgence présente une réalité que l’on tente parfois d’oublier.

Loin d’être une exposition conventionnelle, ATSA: 10 ans d’urgence présente une réalité que l’on tente parfois d’oublier. Mais ce n’est pas avec un ton accusateur que l’organisme nous rappelle la dureté de la vie, mais plutôt avec un message d’espoir. Bien qu’ils abordent un sujet lourd, les artistes réussissent à montrer que durant ces «manifestivals», c’est le plaisir qui ressortait le plus.

45 ans, ça se fête!

Le Centre d’exposition Raymond-Lasnier a aussi tenu à souligner ses 45 ans avec l’inauguration d’une nouvelle œuvre d’art publique à l’intérieur de la Maison de la culture. Semer des pierres de Roger Gaudreau est une installation qui prend place dans le couloir menant à la salle Louis-Philippe-Poisson. Divisée en huit parties, elle sert en quelque sorte de trait d’union entre le centre d’exposition et la salle de spectacle. Cette magnifique œuvre se veut une continuité de celle qui est déjà présente dans le hall de la bâtisse, aussi créée par Roger Gaudreau.

Pour plus d’information sur le Centre d’exposition Raymond-Lasnier, visitez le www.cer-l.ca.

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