Changer la vie: Journée mondiale des enseignants le 5 octobre

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Oyez! Oyez! Bonjour dévoués enseignants, honorables futurs professeurs et estimables étudiants. (Vous aurez compris que, pour simplifier, j’utilise le masculin inclusif.) Dans l’Antiquité, les pédagogues disaient : «Écoutez ce que je vous dis, cela vous conduira au bonheur!» En termes modernes, je vous demande de mettre vos neurones à «on». Le temps étant l’une de nos plus grandes richesses, quand nous le perdons, c’est comme si nous dilapidions des pièces d’or. Aussi, ne perdons pas une seconde de plus, et allons droit au but.

Pédagogie laudative

Dans un premier temps, je veux faire l’éloge de nos serviables éducateurs. Nos dévoués pédagogues auraient-ils besoin de reconnaissance? De se faire dire qu’ils font du bon travail… pour se faire remonter le moral? Probablement. Chacun de nous a un besoin fondamental d’être reconnu. Aussi, rendons hommage à tous ceux qui exercent le plus beau et le plus exigeant métier du monde (à défaut du plus vieux)! Applaudissements nourris et mercis chaleureux à tous ces valeureux!

À bas l’école!

Dans un deuxième temps, explorons le côté sombre de l’institution-instruction. Vous avez entendu parler du prof qui portait un tee-shirt sur lequel était imprimé : À BAS L’ÉCOLE? Pourquoi un tel slogan? Probablement qu’il avait compris que les profs sont là pour transmettre la propagande et promouvoir la compétition.

Une image que je trouve particulièrement radieuse de l’éducation, vient d’un papyrus égyptien : «Comprendre, c’est comme voir le soleil se lever.»

1-Transmettre la propagande. Qu’est-ce que la propagande? C’est le véhicule privilégié des idées des dominants. C’est une tentative préméditée (régulièrement couronnée de succès) d’influencer nos comportements : que ce soit pour le choix d’une carrière, vendre un produit quelconque, comme dans la publicité, ou pour susciter un choix politique. Alors, quel est le principal problème avec notre système d’éducation? C’est que les enseignants deviennent (volontairement ou involontairement) les porte-parole de l’idéologie dominante… et l’école apprendra qu’il est essentiel de produire et de consommer. Est-ce efficace? Et comment! Le tour de force du Ministère de l’Éducation est de fabriquer des individus qui s’identifient si complètement aux idées dominantes qu’on leur inculque qu’ils sont prêts à tout pour les défendre… même si elles leur sont largement défavorables.

2-Promouvoir la compétition. L’école promeut la compétition (dont un des effets négatifs majeurs est d’ « endurcir » l’élève, autrement dit, de le couper de ses émotions), d’une façon générale par son système d’évaluation et d’une façon particulière en encourageant les sports (écoles de compétition)… tout cela pour le préparer à la concurrence du libre marché. Loin de moi l’idée de soutenir que l’éducation actuelle n’est qu’un dressage à la compétition, mais n’en est-elle pas une caractéristique essentielle? Ne devrions-nous pas plutôt éduquer les jeunes à la coopération, au droit à l’émotion, à la solidarité?

Les buts de l’éducation?

Napoléon disait que «le but de développer l’instruction n’est pas pour elle-même, ni pour le bonheur des citoyens, mais pour le service de l’État.» Nos dirigeants, par les orientations qu’ils inculquent au ministère de l’Éducation, n’entérinent-ils pas quotidiennement une telle vision de l’enseignement? La base naturelle de l’éducation ne devrait-elle pas consister en la soif de connaître que partagent tous les êtres humains de façon à atteindre nos deux buts ultimes : survivre et être heureux?

Ce que l’éducation devrait être?

Trop souvent, actuellement, les écoles sont des maisons de la peur. L’effet le plus désastreux d’un enseignement par la peur est de remplacer la raison naturelle chez l’élève par l’autorité. Ainsi, il ne raisonnera plus, mais sera prêt à suivre n’importe quel beau parleur. Le rôle de l’école n’est-il pas de nous apprendre à réfléchir, à résoudre des problèmes, à discerner le rationnel de l’irrationnel, à acquérir la faculté fondamentale de penser clairement, à développer une pensée critique… tout cela dans des lieux de plaisir, puisque, comme l’affirmait Aristote «apprendre est le plus grand des plaisirs»?

Connaître, c’est pouvoir

Les enseignants représentent une formidable occasion de faire évoluer les mentalités, de passer de l’étape de l’enfance à l’âge adulte. Nous devons reconnaître le rôle crucial que jouent les enseignants pour construire l’avenir. Le problème, c’est que l’école d’aujourd’hui, héritée du 19e siècle, répond aux besoins d’une société industrielle… avec son insistance sur l’obéissance et la capacité de s’ennuyer… qui sont les principales qualités de l’ouvrier de la chaîne de montage. Si l’école n’est que l’apprentissage de la docilité et de la ponctualité, elle n’en vaut vraiment pas le coût, n’est-ce pas? Une image que je trouve particulièrement radieuse de l’éducation, vient d’un papyrus égyptien : «Comprendre, c’est comme voir le soleil se lever.» En d’autres termes, l’éducation est un moyen pour illuminer la vie. Elle est l’accès à l’émancipation des humains par le progrès de la raison et procure le pouvoir que donne la connaissance, c’est-à-dire principalement le pouvoir d’être heureux. N’est-ce pas admirable?

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