Chèque tes affaires : PCU, PCUE, PCRE et cie

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alexis frigon chèque tes affaires
Crédit illustration: Sarah Gardner

Dans les dernières semaines, j’ai entendu quelques personnes de mon entourage parler, en bien ou en mal, des prestations de soutien offertes par le gouvernement en ce temps de pandémie.

Avec la saison des impôts qui est maintenant bien amorcée, l’heure des comptes a sonné et certaines personnes se retrouvent avec de belles (et de moins belles) surprises.

La PCU a été mise en place au mois de mars l’an passé afin de répondre au besoin urgent de liquidités des ménages canadiens. Ceci dit, ce qui est vite fait n’est pas nécessairement bien fait; le gouvernement s’est rendu compte bien vite des lacunes de ces prestations. Sommes reçues en trop, fraude, personnes qui ont demandé les prestations sans y avoir réellement le droit; la liste de contretemps est assez longue!

Les effets possibles de ces prestations sur la facture d’impôt

Pour monsieur et madame tout le monde, il est parfois difficile de mesurer les conséquences d’une telle demande sur sa déclaration de revenus. Trois scénarios sont possibles pour la personne qui a demandé les prestations: son revenu total est soit plus bas, égal ou supérieur aux autres années. Nous allons nous concentrer sur les deux derniers cas, qui sont les plus fréquents.

Dans le cas où le revenu de la personne est resté égal, il n’y a généralement pas beaucoup de changement sur l’impôt de la personne excepté une chose: le solde à payer. En effet, certaines personnes n’ont pas vu leurs revenus augmenter car la PCU est venue combler le manque à gagner mais se sont retrouvées avec un solde à payer à la fin de l’année. Pourquoi? La réponse est simple. Normalement, en tant que salariéE, des déductions sont prises sur notre paie (impôt fédéral, impôt provincial et les cotisations aux programmes sociaux comme l’assurance emploi et la régie des rentes du Québec). Toutefois, dans le cas de la PCU/PCUE, aucune retenue n’a été effectuée.

Nous avons donc assisté à un paradoxe flagrant: les prestations sont imposables mais aucun impôt n’a été retranché de ces sommes. Une sorte de cadeau empoisonné, donc… Ainsi, la personne se retrouve à payer sur sa déclaration la somme d’impôt qui aurait pu (ou dû) être retenu sur les prestations. C’est de là que vient la différence! Du côté des crédits d’impôt, ils ne devraient donc, en théorie, ne pas avoir réellement changé, sauf si la personne se situe près de la limite de ces derniers.

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Toutefois, c’est dans le cas où le revenu de la personne a augmenté que les conséquences peuvent être dévastatrices. Non seulement elle devra payer pour la différence d’impôt qui n’a pas été retenue mais elle devra également payer plus d’impôt, dû au fait que son revenu est plus élevé que les autres années. De plus, comme le revenu de la personne a augmenté, il est possible qu’elle perde certains crédits d’impôts auxquels elle avait droit les années passées. De plus, dans le cas d’une personne ayant un ou des enfants, le montant de prestations comme l’ACE (l’allocation canadienne pour enfants) ou encore l’Allocation famille du Québec peuvent être amputés. Ceci peut donc rapidement se transformer en cauchemar, surtout quand on est serréE financièrement.

Les leçons à retenir de tout ça et ce que j’en pense

Je crois bien que la grande leçon que nous pouvons tirer est d’agir avec prudence. Comme le livre de Pierre-Yves McSween le dit si bien, «En as-tu vraiment besoin?» est une question qu’il faut se poser ici. Lorsqu’il est question d’argent, il est important d’avoir une vision d’ensemble et voir les impacts que nos décisions ont sur notre situation financière. Pour moi, cela vient renforcer la conviction que s’informer est essentiel. Je crois également que les prestations mises en place par le gouvernement sont venues combler un besoin urgent. Ceci dit, j’ai entendu toutes sortes d’histoires entourant celles-ci. Quand je pense à des gens qui disent s’être acheté une nouvelle télé ou encore un ski-doo avec l’argent reçu par la PCU, je crois qu’il y a malheureusement eu certains abus.

Tu as lu ma chronique et tu es soudainement affoléE? Pas de panique, Monique! Le gouvernement fédéral a annoncé le 9 février dernier que les Canadiens et Candiennes qui ont reçu des prestations liées à la COVID-19 pourront, sous certaines conditions, bénéficier d’un sursis d’un an pour rembourser les sommes dues. Tous les détails sont disponibles ici.

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