Colloque des spécialistes en enseignement: Un vendredi chargé

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Le colloque des spécialistes en enseignement a accueilli près d’une centaine d’étudiant.e.s pour sa journée du vendredi. Crédit: Laura Lafrance

Vendredi le 29 octobre dernier, la deuxième journée tant attendue de la première édition du colloque des spécialistes en enseignement a eu lieue. Divisée en trois spécialités d’enseignement, soit les arts plastiques, l’éducation physique et à la santé ainsi que les langues secondes, le colloque a offert cette journée-là plus de quinze conférences axées sur des thématiques intimement liées à ces domaines pédagogiques.

Les participantEs étaient invitéEs, dès 8h30, à se rassembler le temps de boire un café et de manger des viennoiseries. Mais ce n’est qu’à partir de 9 hres que les participant.e.s, qui étaient environ une centaine, se sont dirigées vers les locaux consacrés à chacune des spécialités afin d’assister aux premières conférences.

Les arts plastiques

Sophie Hamelin, candidate à la maîtrise et membre du comité organisateur du colloque, a présenté une conférence vendredi matin. Crédit: Laura Lafrance

Nombreuses étaient les personnes qui ont assistées à la programmation pour le domaine des arts plastiques; le local où prenait place les ateliers en arts était rempli à ras bord. À 9 hres, Laurence Espinassy, docteure en sciences de l’éducation spécialisée dans l’enseignement des arts, a présenté une conférence où elle expliquait les enjeux professionnels vécus par les enseignantEs d’arts plastiques en France. À 10h45, l’assistante de recherche Sophie Hamelin a partagé avec l’auditoire les grandes lignes de son projet de recherche à la maîtrise; en somme, Mme Hamelin s’intéresse à la motivation procurée aux étudiantEs par l’enseignement des arts plastiques.

« Je pense que c’est vraiment pertinent de participer à ce genre d’événement-là pour pousser un peu plus notre réflexion. » – participante du colloque

Après l’heure du dîner, où les participantEs ont reçu une boîte-repas gracieusement fournie par le comité organisateur, Aimé Zeyad, professeur au département de philosophie et des arts, s’est prononcé sur les liens qui existent entre l’identité professionnelle des enseignantEs d’arts plastiques et les nouveaux outils technologiques. Selon lui, les avancées technologiques des dernières années, ayant facilité la communication entre les  étudiantEs et leurs enseignantEs, a transformé le processus identitaire des professionnelLEs de l’éducation. Finalement, aux alentours de 15h30, une table ronde réunissant les diversES intervenantEs de la journée a permis aux participantEs de poser des questions et d’entendre des spécialistes de l’enseignement des arts se prononcer sur divers enjeux, notamment le développement de l’identité professionnelle et l’insertion dans le milieu scolaire.

Les langues secondes

Pour ce qui est des conférences offertes dans le domaine de l’enseignement des langues secondes, celles-ci étaient plus nombreuses, bien que de plus courte durée. La journée a débuté avec une présentation d’Andréanne L. Nolin, candidate au doctorat en sciences de l’éducation et chargée de cours, où celle-ci s’exprimait sur les tensions identitaires liées au fait d’enseigner une langue dont nous ne sommes pas un locuteur natif; c’est d’ailleurs une réalité vécue par une grande majorité d’enseignantEs d’anglais langue seconde au Québec qui ont le français comme langue maternelle.

Ensuite, Dorothée Michaud, conseillère en éducation au Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, a parlé des mesures prises par le gouvernement québécois pour contrer la pénurie d’enseignantEs, dont l’immigration d’enseignantEs forméEs à l’étranger. Dans son exposé, Mme Michaud a expliqué le processus identitaire vécu par ces enseignantEs qui possédaient déjà une identité professionnelle dans leur pays d’origine. Avant la pause, Paul John, docteur en linguistique, et Ludovik Béchard-Tremblay, étudiant en traduction, ont traité des façons d’aider les apprenantEs de l’anglais langue seconde à mieux prononcer certains sons qui n’existent pas en français, tels que le th- dans des mots comme this and that.

Diverses maisons d’éditions axées sur les ouvrages pédagogiques, dont Las Americas et CEC, étaient présentes lors de la journée de vendredi. Crédit: Laura Lafrance

Maria-Lourdes Lira-Gonzales, professeure à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, a répondu aux questionnements de plusieurs enseignantEs de l’anglais langue seconde à savoir s’il faut corriger ou non toutes les erreurs commises par les étudiantEs. Un peu plus tard, Noémie Gendron Perrault, assistante de recherche, et Nina Woll, professeure au département des langues modernes et de traduction, ont présenté une approche translinguistique pour enseigner les langues secondes, c’est-à-dire une approche qui s’appuie sur les connaissances que possèdent les étudiantEs dans d’autres langues que la langue ciblée. Cette façon de faire serait intéressante dans la mesure où le Programme de formation de l’école québécoise avance que les enseignantEs d’anglais ne doivent qu’utiliser l’anglais; l’approche proposée par Mme Woll et Mme Gendron Perrault permettrait, entre autres, d’utiliser le français à l’occasion pour faciliter l’apprentissage de l’anglais.

« Lors du colloque, on parlait également de se trouver une identité professionnelle et l’importance de le faire pour le reste de sa carrière enseignante. je pense que c’est important d’assister le plus possible à ce genre d’évènement pour bâtir peu à peu notre bagage tant personnel que professionnel et pour amasser le plus de connaissances possible. » – olivier filion

Les dernières conférences proposées dans le domaine des langues secondes, soit celles de des professeures Maureen-Claude Laperrière et Marie Ploquin, de l’enseignant Stéphane Lacroix et de la chargée de cours Karine Gauthier, ont traité de divers enjeux d’actualité en lien avec l’enseignement des langues secondes. Tandis que Mme Laperrière a discuté du rôle d’ambassadeur culturel joué par les enseignantEs d’anglais, Mme Ploquin a avancé que l’accent non-natif joue un rôle dans le développement de l’identité professionnelle; celle-ci a mentionné que plusieurs enseignantEs novices se sentent moins compétentEs que des enseignantEs anglophones en raison de leur accent d’origine québécoise. Pour ce qui est de M. Lacroix, ce dernier a insisté qu’avoir du plaisir est essentiel à l’enseignement, tout comme avoir une bonne capacité de gérer ses émotions. En dernier lieu, Mme Gauthier a montré quels seraient les objectifs du nouveau cours Initiation à la suppléance en enseignement qui sera donné prochainement à l’UQTR.

L’éducation physique et à la santé

Du côté de l’éducation physique et à la santé, trois ateliers ont été proposés aux participantEs. Le premier, présenté par Vincent Lemieux, était donné de façon très interactive dans la mesure où les membres de l’assemblée devaient fréquemment former des équipes afin de discuter sur les sujets abordés. L’atelier de M. Lemieux traitait de l’usage de la transdisciplinarité afin de promouvoir la santé intégrée, soit un état de santé holistique, chez les élèves du secondaire. Mme Sacha Stoloff, professeure au département des sciences de l’activité physique, s’est intéressée au développement de l’identité professionnelle des enseignantEs d’éducation physique et à la santé. En dernier lieu, Audrey-Ann de Guise, candidate à la maîtrise en sciences de l’activité physique, a présenté une conférence où elle traitait des défis liés à la gestion de classe au secondaire; elle y a expliqué comment les expériences personnelles vécues par les enseignantEs peuvent avoir un impact positif ou négatif sur les stratégies pédagogiques.

Les étudiantEs du département des sciences de l’activité physique étaient présentEs en grand nombre lors de la deuxième journée du colloque. L’une de ces étudiantEs nous a d’ailleurs partagé son enthousiasme à l’égard de cet événement: « Le colloque est vraiment intéressant. On parle beaucoup de sujets qui sont des non-dits. Ce sont des choses qui n’ont pas été ajoutées au programme encore, des choses qui sont vraiment pertinentes. Selon moi, on va aller dans cette direction-là dans les prochaines années. »

Que des bons commentaires

Bien que la journée du vendredi ait été assez chargée pour l’ensemble des participantEs, plusieurs parmi eux nous ont partagé la pertinence d’un tel événement. C’est le cas d’Olivier Filion, président de l’association des étudiantEs en langues modernes, qui nous a partagé ce que représente un tel colloque pour les futures enseignantEs: « le colloque des spécialistes nous permet d’entendre le parcours de plusieurs personnes qui sont passées par un chemin similaire au nôtre. […] Je trouve réconfortant d’assister à ce genre de rencontre, car on voit comment c’est possible de continuer dans cette profession tout en innovant, en créant et sans se démotiver par la charge de travail et les autres tâches connexes. » D’autres, préférant conserver l’anonymat, nous soulignaient que c’était une chance inouïe que de pouvoir participer au colloque, et ce, gratuitement; ces étudiantEs nous expliquaient que les conférences auxquelles ils et elles ont assisté leur seraient utiles pour la suite de leur parcours dans la profession enseignante.

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