Comité Psychoclown: L’art thérapeutique clownesque pour briser l’isolement des aînés

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Voici les nouveaux clowns de Psychoclown! Une belle grande équipe d’une vingtaine de bénévoles qui donnent de leur temps pour les personnes âgées. Crédits: Arianne Côté et Kéven Chapdelaine

Un comité de l’UQTR qui fait du bien dans la région

Le comité Psychoclown œuvre au sein de la population trifluvienne pour offrir des services d’art thérapeutique clownesque aux résidents de CHSLD et de résidences privées pour personnes âgées. Ce sont des étudiants de l’UQTR qui donnent de leur temps de manière bénévole pour permettre de briser l’isolement des aînés. Découvrez au fil de l’article, qui sont-ils et ce qu’ils font. Le Zone Campus a pu s’entretenir avec Aleth Brochard, une étudiante internationale de littérature et philosophie, qui a participé aux journées de formation et Amy Lévesque, responsable des finances et bénévole chez Psychoclown.

Qu’est-ce que Psychoclown?

Formation des nouveaux clowns. Crédits: Arianne Côté et Kéven Chapdelaine

Psychoclown est un organisme à but non lucratif fondé par des étudiants de l’UQTR en 2014. C’est une équipe de bénévoles qui gère le comité et qui font des sorties pour rendre visite aux aînés. Les bénévoles doivent faire au minimum deux sorties par mois et sont toujours en équipe de deux. Ils n’ont pas de sketchs préparés à l’avance, tout se fait selon les demandes des personnes âgées sur le moment. De plus, il ne faut pas de formation en art dramatique pour devenir clown. Il faut seulement participer à leurs journées de formation.

Les formations offertes à tous

Les formations de Psychoclown ont lieu en automne. Cette année, elles se sont déroulées les 5 et 6 novembre derniers. La première journée de formation était d’un cadre théorique. La formation était axée sur la joie. Les futurs clowns ont réalisé des exercices d’improvisation et de mises en situation. Ils ont ensuite créé leur propre costume et trouvé leur nom de clown. La deuxième journée, les nouveaux bénévoles ont fait leur première sortie au CHSLD Cloutier-du-Rivage.

Témoignage d’une nouvelle clown

Aleth Brochard est l’une de ces nouvelles recrues. Elle a d’abord mentionné qu’elle avait pris connaissance de l’organisme Psychoclown lors des journées d’accueil de l’UQTR. Pourquoi est-ce qu’elle s’est inscrite comme bénévole? C’est tout simplement qu’elle avait envie de s’engager et elle trouvait que c’était une belle action de visiter les personnes âgées. Toutefois, elle était un peu inquiète face à la formation de clown. Finalement, elle a trouvé cela magnifique de rencontrer d’autres étudiants qui avaient la même envie qu’elle: s’engager socialement.

Le personnage du clown, un détachement de soi-même

Ensuite, Aleth raconte que, lors de la formation, les nouveaux bénévoles ont développé leur clown intérieur pour créer leur personnage en s’inspirant de leur enfance. Justement, le personnage clownesque d’Aleth se nomme Papillon. Et pourquoi ce choix? Et bien, c’est parce qu’elle a un clown un peu rêveur, gracieux et qui se promène de fleurs en fleurs.

Avant les visites en CHSLD, les clowns bénévoles font une certaine séparation entre eux-mêmes et leur clown. Cela leur permet de mieux contrôler leurs émotions, car certaines situations peuvent être plus prennantes émotionellement que d’autres. Il y a donc un détachement de sa propre personne.

Si j’étais Aleth à chaque fois, je serais toujours emprise des émotions. Mais quand on est clown, il y a un détachement.

Aleth Brochard, bénévole chez Psychoclown
Amy Lévesque, responsable des finances et bénévole chez Psychoclown. Crédits: Marjolaine Tremblay-Paradis 2020

La différence entre l’art thérapeutique clownesque et l’art clownesque

Selon Amy Lévesque, responsable des finances et bénévole chez Psychoclown, ce qui distingue l’art thérapeutique clownesque et l’art clownesque est que l’art clownesque offre un spectacle à un public. Les bénévoles de Psychoclown ne font pas de tours de magie, ni de jonglerie comme les clowns de cirque. Cela ne fait pas partie de leur formations d’apprendre les arts du cirque d’une manière aussi poussée que les clowns, car ils se concentrent sur la joie. Le comité n’est tout simplement pas là pour faire un spectacle, mais pour briser l’isolement des aînés en répandant du bonheur dans le quotidien des résidents de CHSLD ou des résidences privées.

Les bienfaits apportés

Ce que fait l’organisme Psychoclown a un impact direct sur sa clientèle cible: les personnes âgées. Leurs actions donnent l’opportunité aux aînés d’avoir un moment de bonheur pour oublier leur peine et de changer un peu leur routine. Du côté des étudiants, cela leur permet de développer des compétences humaines, de se découvrir soi-même en tant que clown et de faire du bénévolat pour donner à la société.

Le clown est là pour être thérapeutique.

Amy Lévesque, responsable des finances et bénévole chez Psychoclown

Même si Psychoclown vise les personnes âgées, si un organisme en fait la demande, ils peuvent recevoir les clowns bénévoles. Les clowns peuvent se déplacer dans les écoles et autres organismes, car ils peuvent s’adapter à différents types de clientèle.

Une sortie en résidence

Le lundi 28 novembre, au matin, avait lieu une sortie en résidence pour Psychoclown. Deux nouvelles clowns sont allées à leur première sortie à la résidence Cardinal-Roy au pavillon Gabriel. Une douzaine de personnes âgées étaient assises dans un salon, tous très attentifs aux deux clowns qu’ils avaient face à eux. Ils étaient également très réceptifs face aux mimes des clowns, en répondant à leurs questions ou en devinant ce qu’elles mimaient.

C’est beau la jeunesse!

Commentaire d’une spectatrice de la salle

Ce n’est pas usuel de faire ce genre de prestations, car habituellement, les clowns se déplacent de chambre à chambre. Malgré cette situation imprévue, les deux nouvelles clowns ont accepté le défi et elles ont réalisé une belle prestation devant leur public.

Oui, je recommande vivement! C’est une manière de rendre hommage aux aînés. C’est un bel engagement envers les personnes nées avant nous qui ont fait notre société!

Aleth Brochard, bénévole chez Psychoclown

Les deux clowns, Bianca Roy et Maude Letarte, de leurs noms de clown Alex et Colette coquette, ont improvisé avec les objets de la salle. Des coussins servant de bouquets de fleurs et ensuite de bébé à un trousseau de clef ou un mouchoir, les objets les aidaient à communiquer avec leur public. Cela aidait les aînés à s’imaginer des histoires rigolotes. Les improvisations ont été choisies par le public qui débordait d’idées : demande en mariage, voyage de noces, divorce, accouchement et plus encore! Les personnes âgées riaient et ils ont vécu un beau moment rempli de joie. Après une heure, la prestation s’est terminée sous les applaudissements des aînés heureux de cette rencontre.

Si vous voulez en savoir plus sur Psychoclown, vous pouvez suivre leur page Facebook ici. Et si vous voulez devenir clown, de nouvelles formations auront lieu en automne 2023.


Les clowns faisant une improvisation aux personnes âgées. Crédits: Journaliste
Les deux clowns: Bianca Roy, alias Alex et Maude Letarte, alias Colette coquette. Crédits: Journaliste
Aleth Brochard, bénévole chez Psychoclown

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