Conférence sur les ateliers d’artistes: Laurier Lacroix à la Galerie R3

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Vue de la table ronde | Crédit: Ariane Lebeau

La Galerie R3 présentait, vendredi dernier, une conférence portant sur les ateliers d’artistes. Pour l’occasion, Laurier Lacroix, l’historien de l’art et professeur au Département de l’histoire de l’art de l’UQÀM, est venu présenter les résultats de son tout nouveau projet de recherche intitulé « Ateliers d’artistes au Québec, 1800-1980 : typologie, fonctions et représentations ». La conférence s’est suivie d’une table ronde avec Valérie Guimond, Andréanne Cartier, Roger Gaudreau et Danielle Julien.

Cet événement a été organisé en collaboration avec Lorraine Beaulieu, directrice de la Galerie R3, et Isabelle Pichet, chargée de cours au Département de philosophie et des arts de l’UQTR. En plus d’être l’espace d’exposition des arts de l’Université du Québec à Trois-Rivières, la Galerie R3 est un lieu qui permet la diffusion et le partage des savoirs d’une université à l’autre, mais également entre les individus.

Les ateliers d’artistes au Québec : 1800-1980

Depuis un an, Laurier Lacroix mène un projet de recherche sur les ateliers d’artistes au Québec de 1800-1980. Dominic Hardy, professeur au Département de l’histoire de l’art de l’UQÀM, intervient dans ce projet en tant que cochercheur. Ce projet est subventionné par le CRSH (2018-2021). Il est divisé en trois axes : typologie, fonctions et représentations.

Avant d’entrer dans le cœur du projet de recherche, Laurier Lacroix définit ce qu’il entend par les mots « atelier d’artiste ». Il se réfère à la définition qu’en fait Anne Lafont dans Perspectives (2004) : « local aménagé où travaille un artiste ». En d’autres mots, c’est l’espace où l’artiste met en processus une réflexion et une création. Par la suite, il définit six périodes dans l’histoire des ateliers d’artistes au Québec, soit : 1800-1879, 1880-1919, 1920-1939, 1940-1989, 1960-1979 et 1980-aujourd’hui. Pour chacune d’entre elles, il évoque leur fonction propre. Par exemple, de 1800-1879, l’atelier était d’abord un lieu de formation où il y avait le rapport maître/apprentis. C’était alors bien avant les écoles d’arts. De 1920-1939, en raison de la multiplication du nombre d’artistes, il y avait deux différents types d’ateliers : l’atelier domestique, c’est-à-dire l’adaptation de la maison de la table de cuisine au salon, et les espaces de bâtiments commerciaux utilisés.

À travers ces périodes, Laurier Lacroix souligne les multifonctions que peuvent avoir l’atelier d’artiste : production, recherche, entrevue, attente, gestion, entreposage.

L’émergence des nouvelles pratiques artistiques : 1980-aujourd’hui

En 1980, Laurier Lacroix observe qu’il y a une coupure. L’émergence des nouvelles pratiques artistiques (performance, art relationnel, in-situ, land art, nouveaux médias) opère un changement sur les ateliers d’artistes tels qu’ils ont d’abord été réfléchis et conçus. Il y a une modification des formes de l’atelier qui est en lien avec la nature des œuvres. Par contre, même si certaines pratiques ne requièrent plus d’ateliers d’artistes, il reste qu’ils sont encore présents aujourd’hui et ils prennent diverses formes. Laurier Lacroix le définit comme suit : les invariants de l’atelier tel que défini au 19e et au 20e siècle.

Les ateliers d’artistes à Trois-Rivières

Dans le but d’entrer en complémentarité avec la conférence organisée par Isabelle Pichet, Lorraine Beaulieu a voulu poursuivre la discussion en invitant des conférencier.ère.s à une table ronde afin d’aborder divers points de vue sur les ateliers d’artistes à Trois-Rivières et de bénéficier des expériences de chacun.e.s.

Valérie Guimond, chargée de cours et cheffe atelier en sérigraphie et gravure au Département de philosophie et des arts de l’UQTR, est venue parler de son expérience en tant que membre de l’Atelier Presse Papier. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas l’Atelier Presse Papier, il s’agit d’un atelier situé au centre-ville de Trois-Rivières, plus précisément un centre d’artistes autogéré dédié à l’estampe. Valérie Guimond le définit même comme un « écosystème créatif ». Cet atelier fête d’ailleurs son 40e anniversaire cette année. Elle décrit l’Atelier Presse Papier comme « une autre partie de la maison ». Elle souligne d’ailleurs son attachement à ce lieu et au lien collectif qui s’y tisse depuis plusieurs années.

[Valérie Guimond] décrit l’Atelier Presse Papier comme « une autre partie de la maison ».

Andréanne Cartier, finissante au baccalauréat en arts visuels de l’UQTR, est venue mettre quelques mots sur son expérience en tant qu’artiste de la relève et membre de l’Atelier Silex. Depuis son arrivée à Trois-Rivières, elle affirme se réjouir de l’offre culturelle et des ateliers mis à disposition pour les artistes. En tant que finissante, elle se questionne souvent sur « l’après-université ». Il est vrai que de nombreux ateliers sont disponibles au sein de l’université, mais qu’adviendra-t-il après? L’Atelier Silex, tout comme l’Atelier Presse Papier, permet aux artistes de la relève et aux artistes professionnel.le.s d’avoir un lieu où se rassembler pour créer.Les pratiques en estampe et en sculpture peuvent être coûteuses, c’est pourquoi les ateliers mettent à disposition l’équipement nécessaire.

Atelier Silex, témoignage d’un membre fondateur

Roger Gaudreau, chargé de cours au Département de philosophie et des arts de l’UQTR, est l’un des six membres fondateurs de l’Atelier Silex. Il est venu offrir un regard rétrospectif sur la fondation de l’atelier. En 1983, cinq autres membres et lui ont fondé l’Atelier Silex en s’inspirant de l’Atelier Presse Papier. En tant que finissant.e.s à l’époque, ils avaient besoin d’un lieu de création pour la sculpture.

Aujourd’hui, l’Atelier Silex est un atelier spécialisé dédié au domaine de la sculpture et n’a pas dérogé de son objectif premier, c’est-à-dire d’offrir un lieu de rencontre, de création et de diffusion pour les artistes. Elle y compte maintenant plus de 40 membres, dont Romane Dumas Kemp, Sébastien Goyette-Cournoyer, Carolane Lambert, Lucas Blais-Gamache et Martin Brousseau. Roger Gaudreau est toujours membre, mais il possède également son propre atelier de création à la maison.

La conférence et la table ronde se sont suivies de plusieurs questions et interventions. Valérie Guimond affirme qu’il faudrait « avoir davantage de tables rondes de ce genre afin de prendre le pouls chez les artistes finissant.e.s, sur leur intention d’implication et leur vision ». En effet, ce type d’événement contribue au développement cognitif des étudiant.e.s de l’UQTR, mais permet également de créer un dialogue avec les membres de la communauté universitaire et les autres spectateur.trice.s.

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