Critique de film: Dallas Buyers Club: l’humain contre le système

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Dallas Buyers Club montre bien l’incompréhension des années 80 face au sida. Photo: Focus Features
Dallas Buyers Club montre bien l’incompréhension des années 80 face au sida. Photo: Focus Features

Le 15 janvier dernier, le cinéma Tapis Rouge présentait Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée, en version originale. Le film déjà gagnant de deux Golden Globes mérite amplement ses nouveaux titres.

Un des très bons coups que le Cinéma Tapis Rouge a fait ces derniers temps est de présenter des films relativement courus en version originale. Si les versions traduites vous horripilent tellement que vous n’osez plus aller au cinéma, de peur de vous faire gâcher votre moment par une traduction mal calibrée, ne pleurez plus. Plus besoin de faire la route vers la métropole pour se payer le luxe de voir un film en version originale. Le Tapis Rouge propose maintenant une sélection de films en version originale pour les puristes.

Il faut dire que pour certains films, c’est dans la version originale que se trouve toute la richesse du jeu d’acteur. C’est le cas pour Dallas Buyers Club, mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner. Tiré d’une histoire vraie, le film raconte le combat de Ron Woodroof, un électricien texan alcoolique et homophobe, contre le sida. L’histoire se déroulant durant les années 80, son combat est non seulement contre la maladie, mais aussi contre une société désinformée pleine de préjugés et un système médical défaillant.

La force d’un homme

Ron Woodroof (McConaughey) est ce que l’on pourrait appeler un Texan typique. Grand amateur de rodéo, il aime aussi abuser des bonnes choses, soit d’alcool, de sexe et de drogues. Lorsqu’il répond positif au test de pistage du VIH, c’est non seulement sa vie qui se voit basculer, mais aussi ses valeurs. Devant l’ignorance et la négligence médicale de son pays, il décidera de prendre sa guérison en main en trafiquant des médicaments non approuvés par les États-Unis.

McConaughey réussit cependant à lui donner une profondeur et une sensibilité, particulièrement montrée à l’égard du personnage de Leto, qui vient toucher l’auditoire.

Étant un homme de son temps, il est fortement homophobe et associe le virus du sida à l’homosexualité. Et c’est là toute la beauté du duo qu’il formera avec Rayone (Leto), un travesti pris lui aussi avec le VIH. Sa nouvelle réalité lui permettra de passer outre les préjugés reliés non seulement au sida, mais aussi à l’homosexualité.

Cette histoire est de base très touchante, mais l’œuvre ne serait pas aussi complète sans les performances à couper le souffle de Matthew McConaughey et Jared Leto. Il faut dire que le protagoniste est, au départ, très facile à détester par sa mentalité et ses manières d’agir. McConaughey réussit cependant à lui donner une profondeur et une sensibilité bien dosée, particulièrement montrée à l’égard du personnage de Leto, qui vient toucher l’auditoire.

La mise en scène dynamique de Jean-Marc Vallée vient sceller le tout pour rendre Dallas Buyers Club un incontournable pour ce début d’année. Celui qui nous a donné C.R.A.Z.Y. et Café de Flore réussit à bien proportionner le drame et la réalité et offre une signature visuelle où la simplicité fait toute la beauté. Déjà gagnant de deux Golden Globes (Meilleur acteur dramatique, McConaughey, et Meilleur acteur de soutien, Leto), Dallas Buyers Club sera très certainement à surveiller pour la course aux Oscars qui aura lieu au mois de mars.

Pour plus d’information sur la programmation du Tapis Rouge, visitez le http://www.cinemaletapisrouge.com.

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