David Attenborough: A Life on Our Planet, Alastair Fothergill, Jonathan Hughes, Keith Scholey, 2020

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Un peu de cinéma
Crédit: Sarah Gardner

Le 4 octobre dernier est sorti, sur la plateforme Netflix, le documentaire sur la nature David Attenborough: A Life on Our Planet. À l’occasion de son 93e anniversaire, Sir David Attenborough nous offre ses réflexions concernant la vie, mais plus particulièrement la place de l’humanité au sein de la nature. Œuvrant depuis près de 69 ans dans le domaine de l’exploration et la documentarisation de la nature, Attenborough est une sommité en la matière.

Si vous êtes habituéEs de visionner des documentaires sur la nature, il vous est forcément arrivé de tomber sur l’une des nombreuses narrations de David Attenborough. Il a notamment prêté sa voix pour des documentaires tels que Planet Earth 1 et 2, Blue Planet 1 et 2, Life ou encore Our Planet. Si au Québec, nous sommes plus familiers et familières aux nombreuses traductions effectuées avec brio par Charles Tisseyre, la voix du Britannique David Attenborough s’avère des plus posées et apaisantes. En ce sens, je vous invite grandement à visionner ce film dans sa langue originale. 

Une mise en garde adressée à l’humanité

David Attenborough: A Life on Our Planet est en quelque sorte le testament cinématographique de David Attenborough. Il s’agit d’un plaidoyer en faveur d’une meilleure cohabitation entre l’humanité et la nature. Dès les premières images de ce documentaire, nous retrouvons le narrateur dans un environnement qui peut sembler post-apocalyptique où la nature retrouve toujours son chemin.

Ici Attenborough nous met en garde sur l’avenir de l’humanité.

Attenborough circule librement dans une zone désertique non loin du lieu des évènements de Chernobyl, où un incident nucléaire força la population à quitter la ville il y a près de 35 ans. Malgré le caractère hostile de l’environnement pour l’être humain, la nature semble avoir repris le contrôle en l’absence d’humain.

Ici Attenborough nous met en garde sur l’avenir de l’humanité, et ce à quoi devraient ressembler certaines villes dans moins de 100 ans. Il nous démontre comment une catastrophe telle que celle de Chernobyl était en fait une combinaison d’erreur humaine et de mauvais moments et que la destruction de la biodiversité par l’être humain est le résultat de ces mêmes combinaisons. 

La vie de David Attenborough

Ce documentaire est construit sous forme de mémoire, c’est pourquoi David Attenborough relate plusieurs moments importants de sa vie, notamment sa jeunesse où dès lors, il s’intéresse déjà à la nature. Né en 1926, alors âgé de 9 ans en 1937, notre planète comptait près de 2.3 milliards d’êtres humains et la nature sauvage recouvrait encore près de 66% de la surface terrestre. Il démontre qu’à cette époque, les connaissances scientifiques concernant la nature et la biodiversité étaient beaucoup moindres qu’actuellement et que l’étude de la nature était associée à l’histoire naturelle.

Au cours des années 1950, David Attenborough est amené à voyager et documenter, pour la télévision britannique BBC, les nombreuses contrées sauvages de notre monde. On assiste à une certaine démocratisation de la connaissance de la nature. Pour la première fois, la population était en mesure de découvrir toutes sortes d’espèces animales.

C’est empreint d’une certaine nostalgie que Attenborough affirme que les années d’après-guerre étaient les meilleures de sa vie et de la vie d’une grande partie de la population mondiale en raison des avancées technologiques. Bien que l’arrivée de nouvelles technologies aient permis à la population de vivre de manière aisée, celle-ci s’est malheureusement faite au détriment de la biodiversité, puisqu’à cette époque il était encore inconcevable qu’une seule espèce (l’humain) puisse mettre en danger l’ensemble de la biodiversité. 

Une petite sphère verte et bleue

Une scène particulièrement touchante de ce documentaire est celle où il se remémore les premières images de la terre transmises par les astronautes d’Appollo 8 et où il constate pour la première fois le caractère vulnérable et isolé de notre planète. Dès lors, on remarque les limites de notre planète, de notre existence. Malgré cette prise de conscience, l’espèce humaine va poursuivre son développement au détriment de la biodiversité et le constat qu’il fait est alarmant… 

Sir Attenborough urge la population mondiale à réduire la consommation de viande et d’énergie fossile.

L’urgence d’agir, dès maintenant

Bien qu’alarmiste et parfois empreinte de désillusion, c’est avec la voix tremblante que David Attenborough nous urge de modifier notre mode de vie. En 2020, la population mondiale atteint désormais 7,8 milliards d’habitants et l’état sauvage ne représente plus que 35% de la surface terrestre, ce qui est un recul gigantesque depuis 1937. Il n’est plus suffisant de tenter de sauver certaines espèces de l’extinction, puisqu’il faut essentiellement revitaliser la biodiversité et réhabiliter les habitats naturels.

Essentiellement, il est question de notre consommation de viande qui engendre une forte monoculture afin de nourrir les bêtes que nous consommons. Il est notamment question d’une valorisation d’une diète à base végétale. Ici il n’est pas tant question de véganisme, que de réduction de notre consommation de viande animale. En outre, il est question de l’abandon de l’énergie fossile au profit notamment de l’énergie solaire et hydroélectrique. Finalement, la dernière suggestion et non la moindre, est selon lui, de valoriser l’éducation et de rendre accessible les soins de santé à l’ensemble de la population, ce qui aurait pour effet de favoriser une diminution de la natalité.

Selon lui, l’être humain doit restreindre sa reproduction afin de permettre un rééquilibre entre l’être humain et la nature, car il en va de la survie de l’espèce humaine. Tout comme sur le territoire de Chernobyl, la nature finit toujours par reprendre sa place, et ce, avec ou sans nous. 

David Attenborough: A Life on Our Planet, sans oublier l’ensemble de l’œuvre de Sir David Attenborough, est un excellent documentaire que je conseille fortement à l’ensemble de notre lectorat.

Suggestions de la semaine

1- Blue Planet II (2017) Sir David Attenborough/ BBC Natural History Unit

2- Halloween (1978) John Carpenter

3- Lost in translation (2003) Sofia Coppola

4- Get Out (2017) Jordan Peele

 5-The Killing of a Sacred Deer (2017) Yorgos Lanthimos

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