D’une foulée à l’autre : Le succès en cinq (plus un) points

0
1087
bandeau-COOPSCO-final_01

Par Maxime Bilodeau, chroniqueur

Le chemin qui mène un athlète à la performance et, parfois même, à la victoire en est un long et tortueux. Lorsqu’on s’engage dans celui-ci, c’est littéralement un contrat que l’on signe avec soi-même. Contrairement au monde du sport d’antan, où une bonne dose de talent était suffisante pour atteindre la plus haute marche du podium, la réalité moderne du sport de haut niveau impose non seulement un contrôle maniaque de tous les détails, mais également (et surtout) une incroyable force de caractère. La relation entre cette fameuse force de caractère (ce que Bob, alias Marc Messier, dans le film Les Boys nomme «la dureté du mental») et le succès est loin de nous être inconnue. En effet, je dirais même qu’elle relève purement et simplement du sens commun.  Toutefois, la tâche se complique lorsque vient la temps de le décrire, de lui coller des attributs, de la décortiquer, quoi! Afin de pallier ce déficit, voici pour vous ce que je considère comme les cinq (plus un) principaux traits qui caractérisent le champion.

1. La motivation : Le préalable numéro un à toute démarche, qu’elle soit sportive, artistique ou personnelle. Concrètement, la motivation est ce qui détermine nos actions. Pour l’athlète, c’est la raison pour laquelle il s’adonne fondamentalement à son sport. La motivation peut être intrinsèque, c’est-à-dire internalisée et fondée sur le désir de se réaliser ou de simplement tripper dans sa discipline sportive, ou extrinsèque, c’est-à-dire provenant de l’extérieur et fondée sur des récompenses et la reconnaissance du grand public. On associe généralement le premier type à une longue et fructueuse carrière alors que le second est davantage synonyme d’épuisement athlétique et de contre-performances.

2. La confiance : En lien direct avec l’estime de soi, la confiance est cette foi parfois pédante (mais indéniablement puissante) qu’un athlète entretient vis-à-vis de ses capacités. Elle repose sur la conviction que rien ni personne ne pourra venir perturber sa performance, qu’il se situe dans une zone où il ne peut être infecté par le monde extérieur. La présence ou, au contraire, l’absence de confiance peut littéralement métamorphoser un sportif.

3. La discipline : C’est bien beau la volonté et l’optimisme, mais seuls, ils ne font malheureusement pas aller plus haut, plus loin, plus fort. Pour être rentables, ils doivent irrémédiablement s’inscrire dans une structure rigoureuse où rien n’est laissé au hasard et tout est pensé en fonction de la pratique sportive. C’est dans ce contexte bien particulier que la discipline s’inscrit. En fait, si on voulait coller une définition unique à la discipline dans un contexte sportif, celle-ci ressemblerait à «la capacité qu’a un athlète à se soumettre aux nombreux ‘’à côtés’’ (ou activités auxiliaires) ayant pour but d’amener sa pratique sportive à un autre niveau». Concrètement, cela signifie qu’un athlète discipliné en est un qui ne néglige pas sa récupération, son alimentation ou son sommeil.

4. La concentration : Peu importe la nature et le niveau de difficulté des objectifs de performance qu’un athlète se fixe, ceux-ci sont généralement définis des mois (si ce n’est des années) à l’avance. Vous comprendrez donc qu’il est facile pour un athlète un tant soit peu indécis ou tête en l’air de se perdre dans un des nombreux détours qui jalonnent la route menant à l’atteinte de ses objectifs. Vous comprendrez également que l’habileté à se concentrer longtemps et de façon soutenue est fonction de l’importance que revêt l’objectif pour un individu. Autrement dit, un athlète concentré est un athlète affamé et qui désire ardemment réussir.

La réalité moderne du sport de haut niveau impose non seulement un contrôle maniaque de tous les détails, mais également (et surtout) une incroyable force de caractère.

5. La patience : Combien de temps s’écoule-t-il entre le moment où un individu débute la pratique de son sport et le moment où il y connaît la consécration? En d’autres mots, combien de temps cela prend-t-il pour passer du statut de néophyte à expert? Il se trouve certains auteurs pour avancer le chiffre de 10 ans, ou 10 000 heures, de pratique intense et de sacrifices pour atteindre le pinacle d’une discipline sportive. Bien que ce chiffre soit tout à fait arbitraire et approximatif, il a le mérite de non seulement nous donner une idée de la capacité d’attente dont un athlète doit faire preuve, mais également de la sagesse qu’il doit manifester pour espérer goûter à l’excellence.

5 (plus un). La chance : La question vaut la peine d’être posée : pourquoi inclure la chance, qui relève purement et simplement de la superstition, à cette liste de traits de caractère? Pour la simple et excellente raison que le succès dans le sport, comme dans la vie, se fonde en partie sur la capacité d’être à la bonne place au bon moment. Toutes les grandes victoires ont en commun un apport plus ou moins grand de ce facteur chance que l’on pourrait également nommer momentum.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here