En rodage à la Maison de la culture Francis-Brisson : La marginalité d’Adib Alkhalidey

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Photo : Courtoisie

Par Félix-Antoine Désilets-Rousseau, journaliste

L’humoriste de la relève Adib Alkhalidey montera sur les planches de la Maison de la culture Francis-Brisson de Grand-Mère le 6 avril prochain. Étant en période de rodage, il est de passage pour nous offrir du matériel exclusif.

Qualifiant son style d’humour d’un gars avec des trop longs bras, des trop longues jambes et des trop longs cheveux qui essaie d’être drôle, Alkhalidey veut inviter les gens dans sa marginalité en leur proposant non pas des opinions, mais des points de vue. Il essaie d’offrir sa perspective de la réalité en espérant être hilarant.

Alkhalidey est moitié marocain et moitié iraquien. Par contre, il n’aborde pas cela en profondeur dans le cadre de son nouveau spectacle, car il considère que c’est un terrain qui a beaucoup été exploré ces dernières années au Québec. Il avoue que même lui a épuisé ce thème en l’abordant de fond en comble lors de son numéro dans le gala de Guy Nantel En route vers mon premier gala en 2011. Il croit que son sketch a été une belle carte de visite dans le monde de l’humour et qu’il est vraiment content de l’influence que cela a eu sur sa jeune carrière. Toutefois, il admet qu’il est maintenant temps de passer à autre chose.

Faire son chemin

Humoriste de la relève, il tente de se faire connaître du grand public. Par contre, il avoue ne pas vraiment savoir comment s’y prendre. En plus de faire de la radio, il profite d’une tribune  particulière, c’est-à-dire la télévision où il collabore à l’émission L’Opinion comique sur la chaîne internet MaTv.

Malgré ses projets radiophoniques et télévisuels, c’est la scène qui anime réellement Alkhalidey. «La scène me permet de développer un rapport d’intimité avec le public, affirme-t-il avec enthousiasme, cela me permet d’installer ma personnalité et d’aller plus loin dans ce que je veux raconter. J’ai le sentiment que le spectateur permet à l’artiste de se dévoiler complètement.»

À l’inverse, il admet que la caméra entraîne un effet pervers, celle d’immortaliser à tout jamais l’image. «Parfois, on se censure à la télévision quand on ne devrait pas», dit-il.

Pour lancer sa carrière, Adib mise sur un appui de taille en son metteur en scène : Martin Matte. «C’est surréel», avoue-t-il, «jamais je n’aurais pensé travailler aussitôt dans ma carrière avec une idole.» Sa rencontre avec ce pilier de l’humour québécois s’est effectuée par pur hasard. C’est Louise Richer, directrice de l’École internationale de l’humour, qui a suggéré Alkhalidey à Matte. Ils se sont rencontrés trois fois, les deux visions se sont rejointes et maintenant ils travaillent ensemble dans le cadre de ce nouveau spectacle.

Influences

L’humour pour lui, c’est une histoire d’amour qui trouve ses racines dans sa jeunesse : «Lorsque j’étais à l’école secondaire, j’ai consacré mon existence à faire rire mes camarades de classe et cela parfois au détriment de l’harmonie de la classe». Ainsi, la classe était la scène, et Adib rêve d’avoir la place du professeur.

«La scène me permet de développer un rapport d’intimité avec le public ; cela me permet d’installer ma personnalité et d’aller plus loin dans ce que je veux raconter. J’ai le sentiment que le spectateur permet à l’artiste de se dévoiler complètement.»

Beaucoup d’humoristes l’ont influencé, mais sa plus grande influence demeure et sera toujours Jacques Brel. «Quand j’étais ado, je faisais une fixation sur lui. C’était maladif, je crois. De 15 à 22 ans, je chantais toujours ses chansons. Il me faisait beaucoup rigoler». Cette fixation pour ce chanteur est peut-être la raison qui se cache derrière ce voyage en Algérie et en Europe qu’il entreprendra prochainement pour présenter son spectacle. «Et qui sait, peut-être que je vais trouver de nouvelles blagues là-bas», lance-t-il à la blague avec un petit rire aigu.

Pour visionner la vidéo d’Adib Alkhalidey et de Martin Matte, se référer à l’adresse suivante : www.adibalkhalidey.com.

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