Entre les deux pôles: Le «côté obscur» de notre société

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Ce qui est permis dans une culture ne l’est pas forcément dans une autre. Ceci est un paradoxe important pouvant créer des confusions ou conflits culturels et sociaux. Toutefois, certains endroits identifiés mettent les gens à l’abri de conséquences lors de leurs actes. Ce qui est normal ou accepté dépend en grande partie de l’endroit où vous êtes sur la terre et de son contexte particulier. Par exemple, vous avez le droit de boire de l’alcool et de crier dans les rues lors de la Fête nationale du Québec. De plus, vous avez le droit de tirer sur des êtres humains avec un pistolet, dans une arcade, sans avoir l’air d’un psychopathe aux yeux des gens autour.

Selon les cultures et les milieux, certains comportements prohibés peuvent être encouragés dans différents autres contextes et situations précis. Comme société, nous avons décidé qu’il y a certains endroits où nous nous accordons de dépasser les limites acceptables de la vie quotidienne. Comme dans le temps des gladiateurs à Rome, nous avons nos arénas en 2013. Et les bagarres au hockey sont grandement applaudies par la majorité de la foule lorsqu’elles ont lieu. Avons-nous vraiment changé depuis?

Dans les sports, nous tentons de créer un système de règlements pour «atténuer» les excès. Peut-être que ce système a pour motivation de nous sentir «moins coupables» lorsque nous sommes témoins de violence. Pourtant, nous sommes «violence» fondamentalement. Le champion contre l’aspirant sera encouragé malgré ses coups bas, tout comme l’équipe locale contre les visiteurs. De plus, dans certains sports de combat, comme à la lutte, il est possible de transformer des comportements inacceptables en quelque chose d’acceptable. La foule aime encourager ces hommes, se frappant même à coups d’armes, et cela au point de risquer la vie d’autrui.

C’est possiblement une représentation pure du plaisir, face à l’autorité de la société ou des figures parentales. À partir de cette hypothèse, il serait naturel pour plusieurs parents ou pour le gouvernement de vouloir empêcher le visionnement de contenus violents. À ce point, il s’agit d’une question de jugement et de prendre, en tant qu’individu, les décisions que nous voulons adopter face aux opinions collectives. D’ailleurs, il y a des «modèles d’inconduite» qui existent dans les sociétés et qui ont pour fonction d’être des exutoires. Par exemple, il est possible d’avoir des sanctions pour les déviances, mais certains dépassements sont tolérés. Les escortes sont acceptées et légales, contrairement à la prostitution. C’est une façon de laisser une certaine marge de manœuvre aux gens. Et cela peut provoquer une sorte de soulagement. Sinon, il pourrait y avoir révolte ou un nombre de crimes pouvant exploser de façon exponentielle.

L’art comme «véhicule messager»

À la télévision, le crime est idéalisé par les scénaristes, réalisateurs et producteurs. Les acteurs impliqués sont le prolongement des fantasmes du spectateur, des idéaux inspirants ou des modèles, des héros. Même si Rambo fait la guerre, il peut être vu comme un homme de bien aux yeux des gens qui visionnent le film, car ce dernier ose combattre les injustices. Et comme société, nous l’acceptons de manière générale, dans ces conditions… même jusqu’à l’extase, pour plusieurs.

L’humain a besoin de liberté, de découvrir et de s’amuser… et le plaisir est à la base de tout, avant même l’existence des règles imposées individuellement ou collectivement par un système.

Les modèles «bien/mauvais» sont à la base de scénarios accrocheurs: favoris contre adversaire, héros contre vilain, vétéran contre recrue, etc. La Guerre des étoiles (1977) en est un exemple caricatural au cinéma. Ce dernier représente clairement la confrontation entre les polarités. Et beaucoup de gens se reconnaitront dans le récit: il est possible de préférer le «côté obscur» imaginairement, sans devenir un monstre dans la vraie vie. Le cinéma permet donc d’exprimer une facette cachée de la personnalité qui ne serait probablement pas exprimée d’aucune autre manière au quotidien d’une personne.

Une facette artistique de la symbolisation du scénario nous permet de modeler de manière plus acceptable certains comportements ou expériences qui ne seraient pas souhaitables dans une société dite civilisée. La musique, le cinéma, les sports de combat ou extrêmes et le dessin (ou peinture) en sont différentes avenues possibles. En plus d’être bénéfique pour l’expression de l’individu, la transmission de cet art (teintée autant des bons que des mauvais côtés de l’humain) peut aussi devenir profitable pour la collectivité.

Pour en revenir concrètement aux «lieux permis», il est possible d’ajouter qu’ils ont comme caractéristiques d’être modifiables et d’avoir certaines balises claires et définies. L’encadrement de l’humain y est nécessaire, sinon le chaos peut s’y installer. Toutefois, plus il y a de règlements imposés avec rigidité, plus il y a de chances de provoquer un besoin ou une intention de fantasmer sur l’interdiction et l’inconnu. L’humain a besoin de liberté, de découvrir et de s’amuser… et le plaisir est à la base de tout, avant même l’existence des règles imposées individuellement ou collectivement par un système.

Généralement, l’humain a davantage l’envie de se divertir que de travailler. Le rôle des règles est de limiter les excès. Car même s’il peut paraitre lié à des motivations, lié en surface au mal ou au bien tel nous le définissons, il est important (avec jugement selon les cas) de laisser de la place au plaisir… et de ne pas l’empêcher complètement.

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