Entre les deux pôles : «Le problème… c’est les autres.»

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Que ce soit dans la famille, le cercle d’amis ou les collègues de travail, les personnes touchées par les troubles de la personnalité sont perpétuellement impliquées dans des problèmes personnels et professionnels.

Vous connaissez probablement quelqu’un dont la compagnie est tellement désagréable, qu’il vous arrive même de douter de votre propre comportement en sa présence. Vous pensez: «Cette personne se prend pour quelqu’un d’autre!». Ou bien: «On dirait qu’elle fait exprès pour toujours être dans le trouble!». Vous pouvez aussi vous demander : «Est-ce que c’est de ma faute si elle se comporte si souvent de cette façon?».

La plupart du temps, ce sont les proches de ces personnes qui s’épuisent et ressentent le besoin d’aller en suivi thérapeutique, ou qui demandent à celles-ci d’aller rencontrer un aidant. Cette situation peut également se produire en milieu de travail, lorsqu’un(e) collègue fort déplaisant suscite des réactions importantes chez ses partenaires, et que le patron ne trouve plus d’autres choix que d’intervenir en raison de plaintes répétées des employés.

Dans la vie, il est normal de ressentir de la méfiance, de l’ennui, de la peur, un besoin de solitude ou de la colère. Toutefois, dans le cas des troubles de la personnalité, le niveau d’importance de ces émotions devient démesuré et peut d’ailleurs être dérangeant pour les proches. Les différentes perceptions de leur réalité deviennent aussi très convaincantes et ancrées en elles. Les possibilités de changement et de flexibilité sont alors plus rares.

Types de troubles de la personnalité

Selon le DSM-V, manuel des troubles mentaux en Amérique du Nord, ces troubles sont classés dans trois catégories : bizarres, émotives et anxieuses. Il ne s’agit pas de «maladies mentales», mais d’ensembles de traits de personnalité. Par ailleurs, ils sont fréquents, puisqu’ils touchent de 6 à 15% de la population.

Vous connaissez probablement quelqu’un dont la compagnie est tellement désagréable, qu’il vous arrive même de douter de votre propre comportement en sa présence.

La première catégorie comprend les troubles de la personnalité schizotypique, schizoïde et paranoïaque. Ils sont caractérisés par un mode de vie plutôt solitaire, la méfiance, le sentiment de persécution lors de contacts sociaux, les discours et les habitudes hors de l’ordinaire et la froideur concernant le niveau d’affectivité. L’entourage est menaçant à leurs yeux et ils peuvent paraitre différents aux yeux d’autrui en raison de leurs croyances ou comportements excentriques. Ces personnes ont une vulnérabilité aux épisodes psychotiques, cependant les gens atteints de psychose (ex: schizophrénie ou bipolarité) ne sont pas nécessairement inclus dans cette catégorie. Dans ce cas, on parle plutôt de maladies mentales et non de traits de personnalité.

La deuxième catégorie (dramatique) comprend les personnalités antisociale, narcissique, borderline et histrionique. Ces individus vivent des relations tumultueuses avec leur entourage, ont des relations intimes ou sexuelles instables, ont besoin d’émotions fortes et violent fréquemment les lois depuis leur jeune âge (antisociaux). Ils peuvent aussi être arrogants, agressifs et violents, peu empathiques, manipulateurs et impulsifs. Ces gens sont également vengeurs. Il est important de souligner une caractéristique de haute importance pour la personnalité antisociale: l’absence de remords, même si ces personnes sont capables de feindre des émotions. C’est tout particulièrement le cas chez les psychopathes, terme utilisé pour décrire cette personnalité. Du côté des personnes ayant un trouble de la personnalité borderline, il est possible d’observer des comportements autodestructeurs et des crises de colère fréquentes. Les narcissiques, eux, sont assoiffés par le besoin d’admiration des autres et ont une attitude hautaine. Tandis que pour les personnes histrioniques, elles ont un continuel besoin d’attention et agissent de manière «théâtrale». La séduction a donc une place importante dans leurs relations.

La troisième catégorie est composée des troubles de la personnalité obsessionnelle‑compulsive, dépendante et évitante. Ils sont caractérisés par une rigidité ou un manque de flexibilité dans les relations, activités quotidiennes et professionnelles. L’individu vivant le trouble de la personnalité évitante hésite souvent à aller vers de nouveaux projets et de nouvelles opportunités par inquiétude de ne pas être à la hauteur ou d’être critiqué. La personnalité dépendante, quant à elle, a continuellement besoin du soutien d’autrui dans la plupart de ses activités et a une peur importante d’être abandonnée ou d’avoir à se débrouiller seule. Finalement, la personnalité obsessionnelle‑compulsive a un besoin de structure (perfection). Souvent bourreaux de travail, ces gens imposent sans cesse leur façon de faire lors de travaux d’équipe, tout en rejetant les idées d’autrui. Ces personnes exigent excessivement à leurs enfants, proches et collègues de faire les choses à leur manière, sans aucune remise en question.

Il est tout à fait normal de vous questionner à propos de la présence de ces troubles chez vous ou chez vos proches. Parfois, certaines personnes touchées peuvent même aussi avoir des personnalités attachantes. Toutefois, il vous appartient de choisir la place que vous voulez accorder à ces personnes dans votre vie. Pour les moins agréables, il est possible que vous ressentiez le besoin de vouloir les changer. Ce qui peut être difficile, car même s’ils s’améliorent avec l’âge, les traits de personnalité peuvent demeurer en bonne partie pour la vie. Il est de votre responsabilité d’établir et reconnaitre vos propres limites. Elles différeront selon la proximité et la nature du lien affectif avec ces personnes, et si vous décidez de vous rapprocher ou de vous éloigner de celles-ci.

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