Entre les deux pôles: Les bases de la bipolarité

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Différentes personnes connues dont des politiciens, artistes et scientifiques ont vécu la bipolarité. Toutefois, cette maladie n’atteint pas seulement que des gens célèbres, car elle touche environ de 3 à 5% de la population au cours d’une vie (Angst & Gamme, 2002; Kessler, Burglund et al., 2005).

La bipolarité implique une alternance entre deux états de l’humeur, sur une période de temps significative. Premièrement, une période de temps où l’humeur est très élevée, et deuxièmement, une autre période où l’humeur est très basse. Dans des termes plus formels, nous nommerons respectivement ces deux phases comme étant la «manie» et la «dépression». Ces deux variations de l’humeur seront présentées à différents degrés, tout dépendamment du type de bipolarité vécue. Il y existe trois types de variations de l’humeur selon le modèle de type médical: la bipolarité de type I, la bipolarité de type II et la cyclothymie.

Lorsque nous parlons de bipolarité de type I, il s’agit d’une alternance entre une phase d’humeur très élevée (manie) d’une durée d’au moins deux semaines et d’une phase d’humeur très basse (dépression majeure) d’une durée de plusieurs mois. Alors que pour la bipolarité de type II, il est plutôt question d’une phase d’humeur élevée (hypomanie), mais de façon moins grande que pour le type I, suivie d’une phase d’humeur très basse (dépression majeure) semblable à la bipolarité de type I.

Pour la phase dépressive majeure, elle est présente et tout aussi importante dans la bipolarité de type I et II. Durant au moins deux semaines, la personne doit avoir une perte d’intérêt marquée ou une humeur dépressive. Elle peut avoir un gain ou une perte de poids, des changements d’habitudes alimentaires, de l’insomnie ou de l’hypersomnie, de l’agitation ou un ralentissement physique, une fatigue constante et un manque d’énergie important, un sentiment de culpabilité et de dévalorisation, des pensées négatives et des difficultés de concentration. Ces manifestations ne sont pas toujours toutes présentes en même temps, toutefois elles doivent être marquées comparativement au fonctionnement précédent de la personne.

Le trouble bipolaire de type I peut avoir des ressemblances avec la schizophrénie, en raison de possibles propos délirants. Toutefois, dans la schizophrénie, les propos seront davantage bizarres.

La manie est caractérisée par une augmentation importante de la parole et peut comprendre des propos délirants (caractéristiques psychotiques). Il est possible que dans une phase de manie, une personne se prenne pour le futur premier ministre du Canada, en raison de ses convictions profondes lors de discussions autour d’un feu avec des amis. Dans cette phase, la personne peut être facilement distraite et peut avoir une réduction du besoin de dormir. Elle peut aussi se lever après trois ou quatre heures de sommeil alors que cette habitude n’est normalement pas présente.

Les idées peuvent défiler dans la tête et dans les conversations, au point d’impressionner les gens autour. Une agitation psychomotrice est présente et l’individu peut s’impliquer dans des activités plaisantes, mais à un niveau exagéré comportant des risques (ex.: dépenses excessives ou relations sexuelles imprudentes). Ces manifestations présentes dans la manie du trouble bipolaire de type I sont partiellement là dans la bipolarité de type II, à un niveau moins incapacitant. Contrairement à la bipolarité de type I, la personne en hypomanie peut continuer à vaguer à ses occupations familiales, professionnelles et sociales. La distinction entre les deux principaux types (I et II) de la maladie réside alors par la nature de la période où l’humeur est élevée. La manie présente dans la bipolarité de type I nécessite la plupart du temps une hospitalisation, comparativement à l’hypomanie de la bipolarité de type II.

Dans le cas de la cyclothymie, elle est une alternance entre les phases de l’hypomanie et de dépression moins sévères que pour les deux types de bipolarité. Cette variation fréquente doit avoir été présente durant une période d’au moins deux ans. Dans cette voie, la personne peut continuer à vaquer à ses occupations, ce qui fait qu’elle peut sembler moins facilement reconnaissable. Les gens en phase d’hypomanie peuvent sembler inspirés et motivés et être des personnes engagées dans ce qu’elles font.

Le trouble bipolaire de type I peut avoir des ressemblances avec la schizophrénie, en raison de possibles propos délirants. Toutefois, dans la schizophrénie, les propos seront davantage bizarres. Ensuite, certaines personnes ayant une personnalité borderline peuvent avoir continuellement des comportements et humeurs changeantes. Toutefois, il s’agit dans ce cas d’une variation constante au quotidien, plutôt que de bipolarité.

La prise de drogues comme la cocaïne ou les amphétamines, cause des symptômes semblables à la manie de la bipolarité (ex.: parole accélérée, agitation, diminution du sommeil). Il est nécessaire de savoir si la personne est en période d’intoxication, ou de sevrage, avant de conclure à la présence de trouble bipolaire. Les deuils, la démence et les causes médicales (ex.: effets secondaires de médicaments, problématique avec la glande thyroïde, diabète, apnée du sommeil) sont aussi à éliminer. Il est souhaitable que la population puisse être informée sur cette maladie, afin de pouvoir mieux accompagner les personnes qui en sont concernées.

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