Entre les deux pôles: Réflexion à propos de la guerre et de l’amour

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Deux mots, deux extrêmes. Au nom de l’amour, plusieurs sont prêts à «aller en guerre». Que ce dernier soit vrai, ou faux, il est possible d’aller loin à partir de celui-ci. L’amour et la guerre sont deux réalités ayant des motivations opposées, mais pouvant également se rejoindre sur certains points de vue. Il n’est pas souhaitable que les deux se chevauchent dans les similarités. Toutefois, lorsque nous y accordons une attention, il est possible d’y avoir matière à réflexion.

Si nous partons d’un point de départ affirmant qu’un amour est vrai, il serait donc un type d’antagoniste de la guerre. Dans cette avenue, l’amour serait teinté d’une capacité à respecter autrui, autant que soi, dans la satisfaction de ses besoins. C’est la possibilité de reconnaissance dans le monde de ce qui est beau, paisible et de nature bienveillante. L’amour (non seulement en relation conjugale, mais en général) pourrait aussi être caractérisé par la disponibilité, le partage et la générosité de soi avec l’environnement et les gens qui y sont impliqués. Les sacrifices par rapport à soi-même sont envisageables vis-à-vis les autres, et cela, sans attente quoi que ce soit en retour.

De l’autre côté, il y a la guerre, source de violence sous toutes ses formes. Elle a comme caractéristique de s’approprier par la force, l’environnement et les gens qui la composent. La guerre est également représentée par la soif d’appropriation de territoires, de matériaux et de satisfactions, et ce, autant à simple qu’à grande échelle. Elle a avant tout comme motivation la domination. Sur cette piste, le pouvoir sur l’autre et sur son environnement pourrait être un besoin à combler, pour toutes sortes de motivations directes ou indirectes.

Le harcèlement, les attaques et les homicides sont l’équivalence au niveau individuel des menaces, des tirs de missiles et des génocides au niveau collectif.

Ces descriptions respectives de l’amour et de la guerre sont des suggestions caricaturales. Toutefois, comme nous le verrons un peu plus loin, l’amour et la guerre peuvent s’entremêler, autant collectivement qu’individuellement. Que ce soit l’homme ou la femme avec la personne qu’il ou qu’elle «aime» ou le gouvernement d’un pays qui veut le «bien» pour une collectivité, certains sont capables d’aller jusqu’où ils ne se sont jamais rendus avant.

D’un point de vue sombre, il est possible qu’un(e) partenaire exige à l’autre certaines restrictions dans sa liberté et ses droits. Ses motivations peuvent être de nature à vouloir s’approprier l’autre personne. Prenons l’exemple d’un homme qui empêche sa conjointe d’aller voir des ami(e)s pour faire une activité amicale. Ou une conjointe empêchant son mari d’avoir des discussions avec d’autres femmes. Ces personnes agiraient comme si elles étaient en guerre (dictature), sans réelle présence de principe égalitaire ou de respect de la liberté.

À la base, selon la plupart des définitions que les gens accordent à l’amour, ce dernier ne sert pas prioritairement à satisfaire ses besoins personnels. Lorsqu’un(e) partenaire se comporte dans ses relations de manière à vouloir satisfaire ses propres besoins avant tout, il peut y avoir possibilité de se questionner à propos de sa capacité d’aimer. Il est aussi possible qu’une personne ayant peu de respect pour elle-même ou une estime fragile puisse trouver difficile d’en «aimer» une autre. À partir de cela, il est également envisageable de suggérer comme hypothèse que celle-ci pourrait continuellement tenter de répondre à ses propres besoins insatisfaits, sans réel succès. La pertinence de l’expression qui dit que «pour aimer, il faut être capable de s’aimer soi-même» pourrait alors prendre un certain sens.

La guerre peut s’installer dans un couple, tout autant qu’entre des groupes. Un partenaire laissé par l’autre peut ressentir le besoin d’avoir le dernier mot ou de faire souffrir en retour, en raison d’une profonde soif de vengeance face à la colère. Le harcèlement, les attaques et les homicides sont l’équivalence au niveau individuel des menaces, des tirs de missiles et des génocides au niveau collectif.

La guerre n’est jamais juste ou acceptable. Mais selon les opinions qui diffèrent, dans certaines conditions particulières, elle peut se permettre d’exister (par la défense) lorsque les droits et libertés d’autrui sont brisés. Dans ce cas, il serait nécessaire d’encourager l’expression, les actes de courage et l’affirmation face à ces différentes injustices. Car cette guerre, au nom de «l’amour», peut sembler digne de ce nom pour l’initiateur… et se doit de ne pas être alimentée.

Les parallèles entre les deux thèmes sont possibles et le sujet est discutable, puisqu’il peut toucher chacun d’entre nous. L’amour et la guerre font partie de l’existence humaine et, sur certains points, ils peuvent se confondre de façon surprenante. Combien d’agresseurs ou de meurtriers disent agir violemment par amour pour une autre personne? Le sentiment de ne pas être aimé par l’autre à un juste niveau ou équivalent peut être un élément alimentant ces actes. De plus, il est possible de proposer l’hypothèse que dans certaines conditions, il ne s’agit pas d’amour, mais de possession, et cela au même titre qu’une possession territoriale ou qu’une possession de ressources par un gouvernement en guerre.

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