FAPTR – Festival d’art performatif de Trois-Rivières: L’art performance comme lieu de rencontre

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Sébastien Goyette Cournoyer, François Rioux et Hugo Nadeau | Performance: Hic & Nunc et l’artiste anonyme | Crédit: Étienne Boisvert

Le 13 et 14 septembre dernier avait lieu la 3e édition du FAPTR – Festival d’art performatif de Trois-Rivières. Cette édition avait pour thème « Collision | Rencontre | Cohésion ». Plusieurs interrogations étaient soulevées, dont celle-ci :  «Quels rôles peut jouer l’art performance en tant que moteur de rencontre et catalyseur ?».

Le festival s’est déroulé au Chic Camping Bureau, lieu où des locataire.trice.s ont créé et continuent de créer un espace de vie commune. Dans l’arrière-cour des appartements, des lumières suspendues, des tournesols, des arbres, des plantes, des bénévoles et des artistes attendaient les spectateur.trice.s.

Il y a trois ans, Sébastien Goyette Cournoyer et Isabelle Clermont fondaient le FAPTR – Festival d’art performatif de Trois-Rivières. Ce festival est né d’un désir de «faire vivre l’art performance dans un espace inclusif, accessible et non institutionnel».

Une expérience hors du commun

Lors des deux soirées, neuf performances ont été présentées. Soufïa Bensaïd, Mai B.N. Nguyen, Guillaume Brassard, Steve Giasson, Hic & Nunc et l’artiste anonyme, Isabelle Clermont, Gab Desrosiers, Danny Gaudreault et Julie-Isabelle Laurin ainsi que tout.e.s leurs collaborateur.trice.s ont été invité.e.s pour cette 3e édition. Les performances se sont déroulées dans un espace de vie réelle, loin des murs blancs des musées et des galeries, ce qui donnait un tout autre point de vue de ce à quoi les consommateur.trice.s d’art sont habitué.e.s. Comme le souligne une spectatrice : «[le FAPTR] permet de mettre à l’avant-plan un art souvent méconnu du grand public, la performance, en même temps d’offrir une expérience inédite et de qualité».

Les performances présentées nous proposaient toutes, à leur manière propre, une expérience immersive.

Organisé par des artistes et ouvert à tous.tes, le FAPTR offre une tout autre façon de vivre l’art performance où une attention particulière est portée au public. À la fin des soirées, un micro a été mis à disposition pour recueillir les commentaires, sentiments ou questions de ceux et celles qui en ressentaient l’envie.

Du soi à l’autre : l’art performance comme lieu de rencontre

Les performances présentées nous proposaient toutes, à leur propre manière, une expérience immersive qui visait, entre autres, à repenser notre présence en tant que spectateur.trice. Le thème « Collision | Rencontre | Cohésion » y prenait alors tout son sens, le rapport à l’autre était remis en question.

Les performances de Soufïa Bensaïd et Mai B.N. Nguyen abordaient plus particulièrement la relation entre les performeur.euse.s et et les spectateur.trice.s. Soufïa Bensaïd a débuté sa performance Champ du corps / Body’s field voice en distribuant des chandelles et des verres de toutes sortes; un premier lien venait d’être créé. En cercle autour d’elle, les spectateur.trice.s tendaient leurs mains pour recevoir une chandelle et un verre dans lequel la déposer. Par la suite, l’artiste a fait appel à des volontaires dans le but d’entrer en relation et «vocaliser». Tour à tour, elle les invitait à s’asseoir et elle leur bandait les yeux. La performance a donné lieu à des expériences sensorielles, grâce auxquelles les participant.e.s entraient en dialogue avec l’artiste.

Mai B.N. Nguyen a présenté False choreography pour un vrai event. Pour sa part, elle a questionné le rapport intime entre les spectateur.trice.s, mais également entre elle et ceux et celles qui ont participé à la performance. Face à face, les participant.e.s devaient tenir, dans leurs bouches, chacun un bretzel dont l’un était attaché à l’autre par un anneau en métal. Leurs nez pouvaient presque se toucher. Cédric Laforest, un participant, a souligné l’importance de l’après-performance, c’est-à-dire le moment où la performance a pris fin et donnée lieu à des rapprochements qui ont permis aux participant.e.s «de [se] présenter, de parler de [soi]».

Sold Out Liquidation / C’est la grande liquidation

Guillaume Brassard a présenté Sold Out Liquidation / C’est la grande liquidation : What I Am Signing Just Before Burying Myself Alive Part 2. Sa performance a été réalisée en collaboration avec Rose de la Riva, Sarah C. Poirier, Alegría Lemay-Gobeil, Melwan Ghislain et Myro Coquelicot. La performance reprenait certains codes de la culture populaire. De plus, la scénographie était réglée au quart de tour! Les spectateur.trice.s étaient constamment stimulé.e.s, et ce, que ce soit par la couronne de chandelles, la musique, le miroir, le chant, la parole ou bien les actions performatives en simultané.

Par la suite, Steve Giasson a présenté l’œuvre Nunc dimittis 2019 de Geoffrey Burgon. La performance a été interprétée par Isabelle Clermont et mise en scène par cette dernière et l’artiste. Pour clôturer la première soirée de performance du FAPTR, Sébastien Goyette Cournoyer, François Rioux et Hugo Nadeau ont présenté Hinc & Nunc et l’artiste anonyme. Sous un ton humoristique, a performance questionnait la notion de signature d’une œuvre performative. 

Isabelle Clermont | Performance: PLONGÉE INSOLITE: Accordéon/paillettes et graminées sur fond de gravier | Crédit: Étienne Boisvert

« Pluie, pas pluie, on performe »

Alors que la pluie était annoncée, ça n’a pas empêché les performeur.euse.s de performer! Le site du festival a été aménagé avec grande une bâche, les quatre performances ont pu être présentées. Tout d’abord, Isabelle Clermont présentait Plongée insolite. Il y avait des paillettes partout! L’artiste affirme avoir vécu «un acte relationnel touchant de la part du public».  Par la suite, Gabrielle Desrosiers, artiste disciplinaire, présentait La solitude d’une étoile filante. Danny Gaudreault a enchaîné avec age39. Julie-Isabelle Laurin, accompagnée de Claudine Lacroix, Marie Filiatrault, Lucas Blais-Gamache, Tatiana Koroleva et Hugo Nadeau, a clôturé le festival en présentant Les experts en sinistre.

Julie-Isabelle Laurin et ses collaborateur.rice.s: Claudine Lacroix, Marie Filiatrault, Lucas Blais-Gamache et Hugo Nadeau | Crédit: Étienne Boisvert

Un mot des organisateur.trice.s

Sébastien Goyette-Cournoyer est «fier de montrer que la performance peut aller dans tous les sens et dans une panoplie d’émotions». Il dit également être «content de voir que l’intérêt pour notre festival continue d’augmenter. Le vendredi, c’était presque épeurant. J’ai beaucoup aimé le contraste des deux soirées: le vendredi c’était festif et chaotique et le samedi plus calme et contemplatif». Pour cette 3e édition, Isabelle Clermont y a trouvé «une polyphonie de propositions riches de sens et remplies d’humanité, où les spectateur.trice.s auront contribué aux œuvres performatives». En guise de conclusion, elle revient sur le thème «Collision | Rencontre | Cohésion » en nous disant : «Au cœur de la performance, la rencontre est toujours grande et possible entre la cohésion et la collision où il en ressort «l’expérientiel».»

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