Hockey – Champions dans l’Est : Les Patriotes remportent un duel épique

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Pierre-Olivier Morin a semé l’euphorie dans le Colisée, marquant le but gagnant en quatrième prolongation. Photo : P. Doucet

La première rencontre opposant les Patriotes de l’UQTR aux Ravens de Carleton n’aura pas été le duel tant attendu. Les Ottaviens ont rapidement pris la mesure des Patriotes, l’emportant 4-1 en levée de rideau et acculant les Trifluviens au pied du mur. Ce match a mis la table pour une série épique.

Tout avait pourtant bien commencé pour les Patriotes qui étaient de toutes les occasions lors des dix premières minutes de la première période. Beaucoup de rapidité en possession de rondelle et une transition efficace assuraient aux Patriotes le contrôle du jeu. Le seul problème à ce moment du match pour Trois-Rivières s’appelait Ryan Dube, le portier des Ravens qui a fait face à quinze lancers en première période et qui n’a rien cédé aux attaquants adverses. Après le match, Marty Johnston a souligné le travail de son gardien de but : «Ryan a été le meilleur en première période, et c’est grâce à lui si on est resté dans le match en première», a résumé le chef d’orchestre des Ravens.

Puis, un mauvais but est venu briser l’élan de la troupe de Gilles Bouchard. Le rapide attaquant des Ravens, Jeff Hayes, a récupéré une rondelle libre et a surpris Guillaume Nadeau entre les jambières. Un but qui a semblé assommer les Patriotes, qui ont complété le premier vingt avec moins d’énergie et moins de hargne.

Du côté des Ravens, c’était tout le contraire, ce but en première a semblé fouetter les joueurs de Carleton qui ont commencé leur domination dès les premiers instants du deuxième vingt. Un but de Joey West en tout début de période, en désavantage numérique de surcroit, est venu galvaniser la troupe de Marty Johnston, qui n’a jamais regardé derrière par la suite. Mitch Porowski a rajouté deux buts, dont un rapidement en troisième période alors que les Ravens évoluaient en avantage numérique. Ce but a d’ailleurs chassé Guillaume Nadeau de la rencontre. Marc-Antoine Gélinas est alors venu en relève.

L’indiscipline coûte cher

Le peu de momentum que les Patriotes ont réussi à obtenir tout au long du match a systématiquement été anéanti par l’indiscipline. En troisième période, les Patriotes ont offert six avantages numériques aux Ravens. Bien que le jeu à quatre contre cinq des Patriotes ait été bien fait dans la rencontre, n’accordant qu’un but en onze tentatives, il n’en demeure pas moins que ces pénalités à répétition ont nui aux Trifluviens.

Des joueurs importants au sein de la formation ont d’ailleurs pêché par excès de frustration et n’ont su montrer l’exemple. Pierre-Olivier Morin est un de ces joueurs qui a cédé à la frustration dans ce match : lui qui est continuellement la cible privilégiée des équipes adverses a semblé perdre ses repères en deuxième période. Morin a d’ailleurs écopé d’un dix minutes de mauvaise conduite en troisième période. Il en a été de même pour Lacasse et Beauchemin qui se sont fait montrer le chemin du vestiaire lors du troisième vingt.

«Il y a des joueurs qui ont tenté d’en faire trop. Dans ces moments-là, tu veux sauver la planète, tu prends des mauvaises décisions et tes coéquipiers font de même. C’est lorsqu’on tente de trop en faire que l’on se fait surprendre en tant qu’équipe cette année. Un match, ça ne se remporte pas en cinq minutes», a précisé Gilles Bouchard. Marc-Olivier Mimar aura été le seul pointeur chez les Patriotes dans cette rencontre. Les Patriotes n’avaient plus droit à l’erreur alors qu’ils se dirigeaient vers Ottawa, le dos au mur. «Je n’ai jamais abandonné, il ne faut jamais abandonner», a conclu Bouchard après la rencontre.

Les Patriotes poussent la série à la limite

Le vendredi 1er mars, les Patriotes avaient le dos dans les câbles. Pour l’occasion, Gilles Bouchard avait opté pour une stratégie différente devant le filet. Marc-Antoine Gélinas, qui n’avait pas commencé de match avec les Patriotes depuis le 9 février, était donc de garde devant la cage des Trifluviens. Bouchard aura eu la main heureuse, puisque Gélinas a repoussé les 25 tirs dirigés vers lui, en route vers un blanchissage qui permettait aux Patriotes de forcer la tenue d’un match ultime.

«Je n’ai jamais abandonné, il ne faut jamais abandonner» – Gilles Bouchard

En attaque, c’est Olivier Donovan qui aura marqué le premier filet de la rencontre, à 7 min 56 de la première période. Cette marque a été tenue jusqu’en troisième période, alors que Pierre-Olivier Morin a permis à ses coéquipiers de respirer un peu mieux en enfilant son quatrième but des présentes séries en fin de troisième période.

Les Patriotes auront surtout résisté aux assauts répétés des Ravens en deuxième période alors que les Ottaviens ont évolué à deux reprises en double avantage numérique. Le désavantage numérique est d’ailleurs un des points forts des Patriotes lors des séries éliminatoires cette année, n’ayant cédé qu’à trois reprises en 34 occasions.

Le match ultime

On s’attendait à un match fort en émotions le 3 mars dernier, et les quelques 1500 spectateurs présents pour le match ultime n’auront pas été déçus. Tommy Tremblay a été le premier à inscrire son équipe au pointage grâce à un tir des poignets qui a déjoué Ryan Dube. La marque de 1-0 a tenu jusqu’en milieu de troisième période alors que Mitch Porowski a déjoué Marc-Antoine Gélinas. Le gardien des Patriotes avait auparavant arrêté un lancer de pénalité. L’impasse a perduré et la prolongation allait être nécessaire.

On sentait les Patriotes un peu épuisés lors des deuxième et troisième périodes, cédant la cadence aux Ravens qui ont répété les attaques avant de finalement être capables de marquer. Mais en prolongation, les Patriotes ont rapidement repris le dessus, se butant toutefois à un Ryan Dube en grande forme.

«En troisième période, les lancers venaient de partout, mais dès le début de la prolongation, c’est nous qui avons dicté le rythme du match. Je savais que nous allions finir par l’avoir», mentionne Gélinas après la rencontre. En effet, c’est finalement Pierre-Olivier Morin qui a réussi à déjouer Ryan Dube d’un tir du haut des cercles et ce, en quatrième période de prolongation.

Plus de quatre heures de jeu auront été nécessaires afin de dénouer cette impasse. Le spectacle offert par les deux équipes durant tout ce temps aura plu aux spectateurs présents, dont la grande majorité est restée jusqu’à la toute fin. Avant la rencontre, Gilles Bouchard, l’entraîneur-chef des Patriotes, mentionnait que ce duel attendu représentait le genre de matchs que tout joueur veut disputer. Après la rencontre, son capitaine Pierre-Luc Lessard abondait dans le même sens : «On est cinq à terminer cette année, et les dernières années ont été difficiles face à McGill. C’est un match qu’on n’oubliera pas, on va la ramener la coupe.»

Le héros du match, Pierre-Olivier Morin, était également d’avis que ce match n’allait pas être oublié de sitôt. «C’est incroyable, chaque équipe a tout donné. On avait un objectif en début de saison, et on y est. De plus, on entre au Championnat canadien par la grande porte.»

Cet objectif, c’est la Coupe Queen’s que les Patriotes disputeront aux Warriors de Waterloo. La 101e édition de la Coupe Queen’s se déroulera à Waterloo le samedi 10 mars prochain. Gilles Bouchard n’avait que ceci à nous dire après la rencontre concernant cet affrontement : «Les Patriotes sont en mission!»

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