Je me souviens… Au pouvoir, citoyens! : 10 choses à savoir sur la marijuana! Partie 1 – Les bienfaits

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Cela fait plus de deux ans que j’avais le goût d’écrire cette chronique. Constatant l’urgence de réactualiser le nécessaire débat sur la décriminalisation, la légalisation, la vente et la taxation du cannabis au pays, voici quelques outils de réflexion.

Le 12 septembre dernier, un sondage du site cyberpresse.ca indiquait à propos de l’affirmation suivante «un jeune sur cinq estime qu’il est plus acceptable de fumer du pot à un party que d’être en état d’ébriété», que 53% des 15 325 répondants étaient en désaccord, 32% en accord et 10% ne savaient pas.

Or, selon le rapport du Comité du Sénat d’Ottawa en 2001, le cannabis n’est pas – sauf lorsqu’il y a accident de la route – une cause de mortalité. D’ailleurs, il existe encore beaucoup d’incertitudes sur les seuils permettant d’affirmer que la présence de THC affecte les facultés du conducteur. D’autres drogues que l’alcool, dont plusieurs médicaments prescrits, peuvent aussi avoir un impact plus considérable sur la conduite d’un véhicule.

De plus, le cannabis seul n’augmente pas la probabilité de culpabilité lors d’accident. En d’autres mots, les effets conjugués du cannabis et de l’alcool sont systématiquement plus importants que ceux de l’alcool seul et plus encore que ceux du cannabis seul. Enfin, toujours selon le Comité, il est vraisemblable que le cannabis rende les consommateurs plus prudents au volant.

Évidemment, de fausses rumeurs sont toujours répandues chez la populace que l’on garde ignorante. Certains parlent d’un «gène disposant à la dépression» lors de la consommation de ce stimulant, mais il faudrait peut-être commencer par blâmer la société dans laquelle nous vivons et se poser des questions, car c’est plutôt la pauvreté et le stress qui engendre la dépression!

En réalité, le cannabis n’est pas une drogue dure. Plus de 460 constituants chimiques connus sont présents dans le cannabis, dont plus de 60 sont identifiés sous l’appellation de cannabinoïdes. Le principal ingrédient actif du cannabis, identifié en 1964, est le tétrahydrocannabinol (THC). La teneur en THC de la marijuana varie généralement, dans les conditions naturelles de culture, de 0,5 à 4%, et jusqu’à une concentration de 15% en serres hydroponiques (ces chiffres sont estimés à partir des saisies faites par la police).

Soyons clairs, les répercussions sur la santé sont minimes et il a été démontré qu’il n’existe pas de dépendance physiologique au cannabis comme il y en a avec la nicotine, les opiacés, les médicaments délivrés sur ordonnance (en particulier les analgésiques) et l’alcool.

D’autres effets sont également positifs pour l’humain. Ingéré, le cannabis améliore la créativité, en particulier en art, et les multiples perceptions reliées à l’esthétique, soit la perception du beau et le développement de l’imagination morale. De plus, le cannabis peut sous toute réserve optimiser l’expérience de la conscience en mouvement… À ce sujet, je vous conseille la lecture du livre La philosophie et le cannabis, paru en 2011 aux éditions Original Books, dans la collection «Philosophie pour tous».

Oui, le cannabis est thérapeutique! En plus d’être un médicament très polyvalent avec une toxicité relativement faible, il est un relaxant qui soulage de la douleur.

Il existe même d’autres alternatives intéressantes : le centre Follow Your Bliss de Toronto offre la pratique de yoga sous l’effet du cannabis! L’idée est assez simple : les gens se réunissent et fument de la marijuana avant de faire du yoga classique, accompagné de musique. Bien que l’idée soit assez controversée, ses adeptes prétendent se sentir plus centrés sur eux-mêmes et aussi plus concentrés. Mais désolé, le cours n’est pas accessible à n’importe qui, il faut être membre.

Oui, le cannabis est thérapeutique! En plus d’être un médicament très polyvalent avec une toxicité relativement faible, il est un relaxant qui soulage la douleur. Toutefois, le cannabis n’a aucune vertu médicinale anti-cancérigène connue, mais certaines études récentes tendent à démontrer le contraire.

En effet, il apparaîtrait que le THC réduit le nombre de cellules cancéreuses et que le cannabinol aurait des effets anti-inflammatoires! Selon d’autres études, certains canabinoïdes auraient même des propriétés broncho-dilatatrices… Il est difficile de voir depuis quand cela causerait problème, au contraire.

Selon le même rapport du Comité du Sénat, hors les réseaux criminalisés qui contrôlent une part du circuit de production et de distribution, le cannabis n’entraîne pas de criminalité ni d’insécurité. Même ses coûts sociaux et de santé sont relativement limités par rapport à ceux de l’alcool et du tabac.

En réalité, l’usage de substances psychoactives comme le cannabis, en dehors du contexte médical, est principalement conçu comme une source de plaisir, voire comme un moyen d’augmenter la conscience et les sens, des raisons ayant trait à l’émancipation de soi.

Par contre, le cannabis subit toujours des pressions politiques illégitimes alors que sa légalisation pourrait rapporter des milliards à l’État… C’est d’ailleurs ce que nous allons explorer dans un article ultérieur. En attendant, pour ceux qui démonisent les fumeurs de pot, l’attitude à adopter est la tolérance et l’ouverture d’esprit. Pour les autres, la prochaine fois que l’on se croise sur le campus, on s’en roule un?

1 commentaire

  1. Merci pour cet article.

    Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un article sur le cannabis de la part d’un universitaire.

    Juste un détail, le cannabis est-il un stimulant? ou plutôt de quel type de stimulations parlons-nous?

    En général, on considère le cannabis comme un perturbateur… mais encore, cela ne présente toujours pas le cannabis comme il se doit!

    À bientôt

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