Je me souviens… Au pouvoir, citoyens! : Francophonie et indépendance du Québec

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Alors que nous soulignerons, le 20 mars prochain, la Journée internationale de la francophonie, le gouvernement péquiste de Pauline Marois consulte la population au sujet du projet de loi 14, destiné à modifier la Charte de la langue française pour l’inclure dans la Charte des droits et libertés de la personne.

La loi 101 a été adoptée le 26 août 1977, à 54 voix contre 32, permettant aux Canadiens-français de passer de minorité à majorité. Le français allait désormais être la seule langue officielle du Québec et la loi stipule que le français serait la seule permise dans l’affichage.

«En proclamant le français langue officielle du Québec et en reconnaissant à tous les Québécois le droit au français dans tous les domaines de la vie québécoise, nous faisons de cette langue un bien commun national, le bien commun de tous les Québécois, le moyen par excellence de cohésion et de dialogue entre Québécois de diverses origines en même temps que le moyen d’expression de l’identité québécoise face au monde. […] Accepter volontairement la régression n’a rien de génial. Nous n’avons pas à chercher à plaire par tous les moyens à des gens qui ne pourront se satisfaire de moins que d’un bilinguisme imposé qui conduit à la désintégration culturelle et sociale. En espérant que ceux qui n’ont pas compris finiront par comprendre», affirmait en 1977 le député péquiste Camille Laurin, docteur en psychiatrie.

Ainsi, le français devient non seulement l’unique langue officielle de l’État du Québec et de la fonction publique, mais en conséquence la langue du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires.

Pourtant, le portrait culturel québécois témoigne d’un autre son de cloche. Par exemple, la part de la chanson francophone dans l’ensemble des spectacles de chanson au Québec descend de façon affolante : 54% en 2005, 45% en 2009, 33% en 2011. L’assistance aux spectacles, en nombre total de spectateurs, est également étonnante lorsqu’on compare la chanson francophone (953 000 en 2004, 664 000 en 2011) et la chanson anglophone (1,1 million en 2007, 1,34 million en 2011). Si l’adage «acheter c’est voter» est bien réel, cela s’applique tout autant à nos produits culturels.

Considérant ces statistiques, que les Québécois forment 2% de l’Amérique du Nord, que le français constitue l’essentiel de ce qui nous différencie, mais que la langue française devient de plus en plus minoritaire dans la métropole montréalaise mais aussi dans le ROC («Rest of Canada»), il est urgent d’agir afin d’établir ici des politiques viables à long terme pour rétablir le statut prioritaire de notre langue nationale, car le risque de disparition est réel.

L’annulation récente par le PQ des cours obligatoires d’anglais intensif en 6e année du primaire est un pas dans la bonne direction, simplement parce que la maîtrise du français n’est pas encore généralisée, même à l’université! Lors de son récent congrès, Option nationale a aussi réitéré l’importance d’imposer la loi 101 au niveau collégial.

Néanmoins, plusieurs organismes et divers mouvements sociaux dénoncent l’insuffisance des modifications envisagées. En effet, une pétition en ligne jusqu’au 19 mai sur le site de l’Assemblée nationale du Québec demande carrément «l’élimination du bilinguisme institutionnel dans les secteurs public et parapublic et que les paliers de gouvernement provincial et municipal ne communiquent qu’en français avec les citoyens et entreprises dans l’ensemble du Québec.»

«Peut-être est-il temps pour le Québec (la seule province à être unilingue francophone) d’envisager une fois pour toute la coupure politique avec le carcan canadien.»

Je partage cet avis sur des mesures adéquates pour confirmer le poids des différentes lois linguistiques adoptées au fil du temps : la Loi pour promouvoir la langue française au Québec (loi 63 en 1969), la Loi sur la langue officielle (loi 22 en 1974) et la fameuse Charte de la langue française (loi 101 en 1977). Toutefois, cette dernière a été charcutée près de 200 fois par la Cour suprême du Canada, l’institution fédérale que notre Maurice Duplessis comparait de façon pertinente à la Tour de Pise, «parce qu’elle penche toujours du même côté».

Si la Catalogne, une région indépendantiste au nord de l’Espagne, a su imposer sa langue nationale, le catalan, à toutes les institutions scolaires ou pédagogiques de la garderie à l’université, une sorte d’unilinguisme territorial, le Québec a lui aussi tout intérêt à muscler de nouveau la Loi 101, fruit du docteur Laurin.

Le Conseil supérieur de la langue française, issu de la loi 101, propose d’obliger tous les employeurs à franciser leurs employés, car le français diminue sans cesse dans les entreprises privées. Le Conseil recommande également de hausser le niveau de maîtrise du français et de renforcer la cohésion sociale de la société québécoise, notamment en faisant davantage pour franciser les immigrants, dont un nombre trop élevé choisit toujours l’anglais comme langue usuelle.

Mieux encore, peut-être est-il temps pour le Québec (la seule province à être unilingue francophone) d’envisager une fois pour toute la coupure politique avec le carcan canadien qui nous empêche de proclamer les lois que nous voulons et qui nuit sérieusement à l’avenir du fait français en Amérique…

3 COMMENTAIRES

  1. Je ne suis pas d’accords. Sur le plan personnel, je ne me forcerai pas à préserver la langue d’un pays qui nous a littéralement abandonné, la France. Sur le plan scientifique, il a été prouvé que le meilleur temps pour appendre une langue est en très jeune âge. Les jeunes du primaire devraient avoir des cours de français, anglais et espagnol, et c’est ce que je souhaite à mes enfants.

  2. La langue française est importante. Il serait temps qu’il y ait de la propagande sur la fierté de parler français. De mettre plus de musique francophone à la radio aux heures d’écoute. Je suis tannée d’entendre des chansons uniquement en anglais aux heures de pointe. Que les immigrants puissent parler français après 5 ans. Suite à ces 5 ans (après avoir passé un test de français, écrit et parlé), s’ils ne parlent pas français, qu’ils retournent dans leur pays ou décident d’aller ailleurs au Canada. Je reçois encore de la publicité uniquement en anglais et je demeure à Laval. Trouvez-vous ça normal? S.V.P. soyons fiers d’être francophone.

    Hélène Venne

  3. Ok ca ne vaut pas la peine de préserver la langue dun pays qui nous a abandonner… donc on adopte celle du pays qui nous opprime depuis plus de 400 ans reniant ainsi notre culture dans son intégralité? Bonne façon de dénigrer ceux qui ont tout donner pour bâtir le pays dans lequel tu vis…

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